Ce Jour-là

Jonathan Swift

Écrivain, satiriste, essayiste, pamphlétaire anglo-irlandais (1667-1745)

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Jonathan Swift, né le 30 novembre 1667 à Dublin en Irlande et mort le 19 octobre 1745 dans la même ville, est un écrivain, satiriste, essayiste, pamphlétaire politique, poète et clergyman anglo-irlandais. Probablement le plus grand satiriste en prose de la langue anglaise, il est surtout connu pour avoir écrit Les Voyages de Gulliver.

Membre du Scriblerus Club, il publie ses œuvres en usant des pseudonymes comme Lemuel Gulliver, Isaac Bickerstaff et M. B. Drapier, ou anonymement. Il se démarque dans deux styles de satire, la satire horacienne et la satire juvénalienne. Il a été doyen de la cathédrale Saint-Patrick de Dublin.

Jonathan Swift naît le 30 novembre 1667 à Dublin (pays d'Irlande). Il est le deuxième enfant et le seul fils de Jonathan Swift (1640-1667) et de son épouse Abigail Erick (or Herrick), originaire de Frisby on the Wreake (Leicestershire). Son père, natif de Goodrich (Herefordshire), est arrivé en Irlande avec ses frères pour refaire sa vie après la ruine du domaine paternel pendant la guerre civile. Son grand-père maternel, James Ericke, était vicaire de Thornton (Leicestershire). En 1634, il est condamné pour ses pratiques puritaines et, peu de temps après, quitte l'Angleterre et se réfugie en Irlande avec sa famille.

Le père de Swift s'associe au cabinet d'avocat de son frère aîné, Godwin (1628-1695). Il meurt sept mois avant la naissance de son fils, d'une syphilis contractée, selon lui, par le contact avec des draps souillés pendant un déplacement. Sa mère retourne en Angleterre après la naissance de Jonathan, le confiant aux bons soins de son oncle Godwin Swift, ami proche et confident de Sir John Temple, dont le fils emploiera par la suite le jeune Jonathan Swift.

Vers l'âge d'un an, sa nourrice retourne dans sa famille à Whitehaven (Cumberland). Jonathan y apprend à lire dans la Bible. Il revient en Irlande à l'âge de trois ans pour y retrouver sa mère. La famille a quelques connexions dans le monde littéraire. Sa grand-mère Elizabeth (Dryden) Swift est la nièce de Sir Erasmus Dryden, grand-père du poète John Dryden. Katherine (Throckmorton) Dryden, la tante de cette même grand-mère est la cousine d'Elizabeth, épouse de Sir Walter Raleigh. Son arrière-arrière grand-mère Margaret (Godwin) Swift est la sœur de Francis Godwin, auteur de The Man in the Moone, qui aura une influence sur les Voyages de Gulliver. Son oncle Thomas Swift a épousé une fille du poète et auteur de théâtre Sir William D'Avenant, filleul de William Shakespeare.

C'est son oncle Godwin qui se charge de son éducation, l'envoyant étudier, à l'âge de six ans, à la Kilkenny Grammar School. Il en sort diplômé à l'âge de quinze ans, et poursuit ses études au Trinity College de Dublin — qui est à l'époque la seule université d'Irlande — de 1682 à 1686. Le programme, hérité du Moyen Âge, prépare les jeunes gens à la prêtrise et les cours insistent sur les enseignements d'Aristote et sur la dialectique, les étudiants devant être capables de débattre en défendant tour à tour des point de vue opposés. Swift se montre un étudiant doué, mais pas au-dessus du lot. Il reçoit son diplôme de Bachelor of Arts en 1686.

En 1688, il quitte Dublin, où les tensions entre protestants et catholiques montent avec la déposition de Jacques II, pour se rendre en Angleterre. Il y rejoint sa mère, établie dans le comté de Leicester. Il sert alors de secrétaire à Sir William Temple, parent très éloigné de sa mère. Temple est un des diplomates qui a négocié la Triple Alliance de la Haye en 1668. Retiré des affaires, il s'occupe alors de son domaine de Moor Park à Farnham (Surrey) et rédige ses mémoires. À ses côtés, Swift gagne sa confiance. Il est bientôt présenté au roi Guillaume III et envoyé à Londres pour plaider la cause d'une loi rendant la convocation du Parlement triennale.

Swift devient le précepteur d'Esther Johnson, alors âgée de huit ans, fille d'une pauvre veuve qui joue alors, à Moor Park, le rôle de dame de compagnie auprès de la sœur de Sir William Temple, Lady Giffard. Swift, qui la surnomme « Stella » entretiendra avec elle une relation longue et ambiguë.

En 1690, pour des raisons de santé, Swift quitte les Temple pour retourner en Irlande, mais revient à Moor Park l'année suivante. Il souffre de vertiges et d'autres symptômes qui s'apparentent à la maladie de Menière et le feront souffrir toute sa vie durant. C'est en 1692, pendant ce second séjour chez les Temple que Swift reçoit son Master of Arts de Hart Hall, Oxford. Il quitte alors Moor Park, estimant que le patronage de Temple ne pourra pas lui apporter une position avantageuse et espérant être ordonné prêtre dans l'Église d'Irlande. Ordonné diacre à la cathédrale Christ Church de Dublin, en 1694 il est nommé pasteur à Kilroot, dans le diocèse de Connor, à proximité de Carrickfergus dans le comté d'Antrim.

Dans sa nouvelle position, Swift souffre de l'isolement et de l'éloignement des cercles de pouvoir et de décision. Il semble que pendant cette période, il soit tombé amoureux de Jane Waring (qu'il surnomme Varina). L'issue malheureuse de cette passion unilatérale semble avoir décidé Swift à quitter Kilroot et à regagner Moor Park et l'Angleterre en 1696. Il y restera jusqu' à la mort de Temple, l'aidant à préparer la publication de ses mémoires et de sa correspondance. C'est pendant cette période qu'il écrit The Battle of the Books, un livre satirique répondant au critiques d'Essay upon Ancient and Modern Learning, un ouvrage de Temple paru en 1690.

Temple meurt le 27 janvier 1699. Swift s'attarde quelque temps en Angleterre pour terminer l'édition des mémoires de son mentor, espérant que ce travail lui amènera quelque reconnaissance. Le troisième tome, publié en 1709, lui attirera au contraire l'animosité d'une partie de la famille du défunt, en particulier sa sœur Martha, la puissante Lady Giffard. Swift tente alors de s'extraire de la situation en sollicitant directement le roi pour obtenir une position, tentative qui échoue lamentablement et l'oblige à accepter le poste de secrétaire du comte de Berkeley, un des Lords justiciers d'Irlande. Quand il revient dans son pays natal, il apprend que la position promise est déjà pourvue, et il doit se contenter du bénéfice de Laracor, Agher, et Rathbeggan et d'une prébende à la cathédrale Saint-Patrick de Dublin.

À Laracor (comté de Meath), la congrégation de Swift compte 15 âmes. Mais sa cure n'est qu'à 32 kilomètres de Dublin et, quand il ne jardine pas, il y passe le plus clair de son temps, officiant par ailleurs comme chapelain auprès de Lord Berkeley. Pendant les dix années qui suivent, il se rend fréquemment à Londres. En 1701, il publie anonymement un pamphlet politique intitulé A Discourse on the Contests and Dissentions in Athens and Rome, où il prend parti pour les Whigs.

Après 1700, Swift réside à Trim (comté de Meath), où il rédige une bonne partie de son œuvre. En février 1702, il est reçu Doctor of Divinity du Trinity College de Dublin. Au printemps, il se rend en Angleterre et en revient en octobre, accompagné d'Esther Johnson — alias Stella, désormais âgée de 20 ans — et de son amie Rebecca Dingley, issue elle aussi de l'entourage de Temple. La vie sentimentale de Swift est difficile à déchiffrer. Son ami Thomas Sheridan pensait que Jonathan et Stella s'étaient mariés secrètement en 1716. D'autres témoins (Mrs Brent, sa gouvernante, et Rebecca Dingley, qui vécut avec Stella pendant son séjour en Irlande) ont réfuté ces allégations. Il est certain que Swift n'envisageait pas que Stella puisse épouser quelqu'un d'autre. En 1704, quand William Tisdall, un ami commun, informa Swift de son intention de demander Stella en mariage, celui-ci lui écrivit pour l'en dissuader. Malgré le ton courtois de sa missive; Swift exprimera par la suite son dégoût pour cette idée et s'éloignera pour longtemps de Tisdall.

Pendant ses séjours en Angleterre, en 1704, Swift publie A Tale of a Tub (pamphlet contre les fanatiques religieux de tous bords) et The Battle of the Books (satire de la querelle des Anciens et des Modernes). Il se constitue une réputation d'écrivain et il se lie d'amitié avec Alexander Pope, John Gay, and John Arbuthnot, formant avec eux le noyau central du Martinus Scriblerus Club (cercle amical fondé en 1713 se dédiant aux pastiches et supercheries littéraires).

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