Ce Jour-là

Jonas

Prophète biblique et coranique

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Jonas (en hébreu : יוֹנָה yônah, qui signifie « colombe », en arabe : يونس Yūnus) est un prophète des trois religions abrahamiques que sont le judaïsme, le christianisme et l'islam.

Dans le judaïsme, Jonas (Yona), abrégé en Jon, fils d'Amitthaï, est le cinquième des douze petits prophètes de la Bible. C'est un personnage biblique central, le principal protagoniste du Livre de Jonas, faisant partie du Tanakh hébraïque.

Dans le Coran, Jonas est mentionné dans six sourates, dont la dixième, qui porte son nom, Yûnus.

Jonas en français vient du grec Ίωνας / Ionas, lui-même issu du prénom hébreu יוֹנָה (YWNH, Yonah avec un h muet). Ce mot peut se traduire par « pigeon » ou « colombe » (c'est le même mot en hébreu), mais désigne dans ce contexte une colombe.

Le rabbin Chalom-Ber de Loubavitch précise que « dans le nom de Jonas, il y a aussi une allusion au message qui révélera (les) qualités positives, mais cachées. Jonas est appelé « Ben Amittaï ». Littéralement, cette expression signifie « le fils d’Amittaï », mais au sens figuré, on peut l’interpréter comme signifiant « un homme de vérité » », à partir du mot hébreu émeth signifiant « vérité ».

La forme arabe يونس (yûnus) vient elle aussi de l'hébreu.

Sources bibliques et midrachiques

Fils d'Amitthaï, Jonas a vécu sous le règne de Jéroboam II (roi d'Israël de 782 à 753 av. J.-C.). Il fait part à Jéhu (roi d'Israël de 841 à 814 av. J.-C.) de la promesse divine de maintenir sur le trône d’Israël quatre générations de sa descendance. Cette annonce permet de conjecturer que Jonas est issu d’une des tribus du Nord, soit de Samarie.

Comme d'autres prophètes, tels Moïse « lourd de bouche et lourd de langue », Isaïe « aux lèvres impures » ou Jérémie et sa trop « grande jeunesse », Jonas va tenter de se soustraire à son élection en tant que prophète et enfreindre l'ordre de Dieu.

Dieu envoie Jonas à Ninive, capitale étrangère de l’Empire assyrien, afin qu'elle se repente. Jonas désobéit à Dieu, se rend à Jaffa et prend le dernier bateau en direction de Tarsis. Durant le voyage, le bateau sur lequel se trouve Jonas essuie une tempête due à la colère divine consécutive à sa désobéissance. Les marins décident alors de tirer au sort pour connaître le responsable de ce malheur. Le sort désigne Jonas. Ils le prennent, le jettent par-dessus bord, et à l’instant même, la mer s’apaise. Il est recueilli et hébergé dans le ventre d’un « grand poisson » (souvent désigné à tort comme une baleine) durant trois jours et trois nuits. Le « gros poisson » le recrache ensuite sur le rivage.

De là, Jonas gagne Ninive et y remplit sa mission, en annonçant puis en attendant la destruction prophétisée. Cependant, les habitants de Ninive tentent de se repentir, ils décident entre autres de jeûner. « Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur mauvaise conduite. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas ». Jonas en est affligé et désespéré. Que Dieu puisse revenir sur sa menace l'amène à se retirer, à s’isoler et à même souhaiter offrir sa vie. Il dit « Ah ! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal. » Jonas se retire alors sur une montagne pour observer la ville et voir ce qui va lui arriver.

Dieu fait alors pousser un ricin qui fera de l’ombre à Jonas. Puis il fait mourir la plante, et Jonas est fâché et accablé et exprime à nouveau le souhait de mourir : « ma mort sera meilleure que ma vie ». Dieu reproche alors à Jonas de se plaindre de la mort d’un simple ricin « pour lequel tu n’as pas peiné, et que tu n’as pas fait grandir ». Pourquoi Dieu n’aurait-il pas pitié, lui, d’une ville entière ? Dieu n’est-il pas libre à tout moment de pardonner au « plus de douze myriades d’humains qui ne connaissent ni leur droite ni leur gauche ? »

Le thème central du livre de Jonas est donc interprété comme marquant l’importance du repentir, du pardon, de la justice, de la modestie et de la longanimité. Le personnage de Jonas est fréquemment rapproché de celui de Job.

Jonas est mentionné dans le Deuxième Livre des Rois, comme auteur d'une prophétie selon laquelle Jéroboam II, roi d'Israël, rétablirait les frontières du royaume d'Israël.

Dans le judaïsme, le Livre de Jonas, appelé Maftir Yonah, est lu à l'occasion de Yom Kippour, « Jour du Grand Pardon » où le fidèle prie l'Éternel afin qu'il lui soit pardonné, en s’efforçant à rappeler les mérites du peuple juif et de diminuer l’importance de ses fautes.

Comme le thème principal du Livre de Jonas est consacré à la valeur du repentir (teshouva) et à la Rédemption, il a été inscrit dans la liturgie de Kippour. Selon le rabbin Chalom-Ber de Loubavitch, la lecture de cette haftarah apporte des bénédictions de prospérité pour l’année à venir.

Pour les chrétiens, le livre de Jonas a, outre les thèmes du repentir et du pardon, l'intérêt d'enseigner que les révélations prophétiques n'ont pas un caractère inéluctable qui priverait de liberté les hommes et Dieu.

Les lectures chrétiennes du livre de Jonas sont fortement influencées par la comparaison entre Jonas et le Christ, qui est rapportée dans l'Évangile selon Matthieu :

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