Ce Jour-là

John Tyler

Homme d'État américain

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John Tyler (/ˈd͡ʒɑn ˈtaɪlɚ/), né le 29 mars 1790 dans la plantation Greenway (en) (Virginie) et mort le 18 janvier 1862 à Richmond (Virginie), est un homme d'État américain. Il est le 10e vice-président des États-Unis, en fonction du 4 mars au 4 avril 1841, puis le 10e président des États-Unis, en fonction du 4 avril 1841 au 4 mars 1845. À la mort du président William Henry Harrison, il devient le premier vice-président américain à accéder à la présidence, provoquant un événement constitutionnel sans précédent quant à la succession présidentielle.

Tyler est né dans une famille aristocratique de Virginie d'ascendance anglaise, propriétaire d'une plantation et d'esclaves. Diplômé du College of William and Mary, il devient avocat en 1809 avant d'entrer en politique. Comme nombre de membres de l'élite virginienne, il administre sa propre plantation et tire une partie de ses revenus du travail d'esclaves. Capitaine durant la guerre anglo-américaine de 1812, il est élu à la Chambre des représentants des États-Unis pour la Virginie, puis gouverneur de l'État en 1825 et sénateur fédéral en 1827. L'opposition de Tyler au fédéralisme et son soutien aux droits des États le rendent populaire auprès de ses concitoyens de Virginie, mais lui aliènent le soutien de la plupart de ses alliés politiques, qui l'avaient amené au pouvoir à Washington.

Dans les années 1820, alors que le Parti républicain-démocrate se divise en plusieurs factions, Tyler gravit les échelons du pouvoir dans un contexte de bouleversements politiques. Bien qu'étant à l'origine un démocrate, il s'oppose aux présidents Andrew Jackson et Martin Van Buren, ce qui le rapproche du Parti whig. En 1840, il est choisi comme colistier de William Henry Harrison et élu vice-président. À la mort de ce dernier le 4 avril 1841, un mois après son investiture, la succession présidentielle provoque une grande confusion : la Constitution ne précisait pas si le vice-président devait devenir président à part entière ou simplement assurer l'intérim. Tyler se rend à la Maison-Blanche, prête serment comme président et revendique pleinement le titre ainsi que les pouvoirs de la fonction, établissant un précédent reconnu par le Congrès quelques semaines plus tard. Ce principe, qui définira la gestion des futures successions, ne sera formalisé qu'avec l'adoption du 25e amendement en 1967.

Devenu président, Tyler s'oppose rapidement à la ligne du Parti whig et met son veto à plusieurs de ses propositions, notamment la création d'une banque nationale. En conséquence, une grande partie de son cabinet démissionne et les whigs, qui le surnomment ironiquement His Accidency (« Son Accidence ») en raison des circonstances de son accession au pouvoir, l'expulsent du parti. Privé de soutien, sa politique intérieure est paralysée, mais il obtient des succès notables en politique étrangère, notamment avec la signature du traité Webster-Ashburton avec le Royaume-Uni et du traité de Wanghia avec la Chine. Il consacre ses deux dernières années de présidence à l'annexion du Texas. S'étant aliéné les démocrates et les whigs, il tente de fonder un nouveau parti pour soutenir sa campagne présidentielle, mais ses efforts restent vains.

L'annexion du Texas est approuvée par le Congrès dans les derniers jours de son mandat et menée par son successeur, le démocrate James K. Polk. Tyler se retire ensuite de la vie politique jusqu'au déclenchement de la guerre de Sécession en 1861. Il rejoint alors les États confédérés d'Amérique et est élu à la Chambre des représentants confédérée peu avant sa mort. Bien que certains aient salué sa détermination et sa vision constitutionnelle, la présidence de Tyler est aujourd'hui tenue en faible estime par les historiens, qui le considèrent comme un président isolé et sans grande influence dans la mémoire politique américaine.

John Tyler, Jr. (/ˈd͡ʒɑn ˈtaɪlɚ ˈdʒunɪɚ/) naît le 29 mars 1790 dans la Plantation Greenway (en), une propriété de 5 km2 où se trouve une résidence que son père avait construite dans le comté de Charles City, en Virginie. Le jeune Tyler y est élevé avec ses deux frères et ses cinq sœurs. Il est ainsi le premier président américain à être venu au monde après l'adoption en 1787 de la Constitution des États-Unis. Tyler descend d'une famille aristocratique et politiquement engagée. La lignée des Tyler remonte jusqu'à l'une des premières colonies anglaises à Williamsburg au milieu du XVIIe siècle. Sa mère Mary est la fille d'un important planteur, Robert Armistead. Elle meurt d'une crise cardiaque alors que John n'avait que sept ans. Son père, John Tyler Sr. (en), est un ami et camarade de chambre de Thomas Jefferson à l'université et il servit à la Chambre des délégués de Virginie, la chambre basse de l'Assemblée générale de Virginie, aux côtés du père de William, Benjamin Harrison V. Il occupa pendant quatre années la fonction de président de la Chambre avant de devenir juge à la cour de l'État. Il fut ensuite gouverneur et juge de la cour de district à Richmond.

Dans la propriété familiale, quarante esclaves cultivent du blé, du maïs et du tabac. Tyler était un enfant à la santé fragile, très maigre et victime de diarrhées chroniques, deux afflictions qui le poursuivirent tout au long de sa vie. À l'âge de douze ans, il entra dans la classe préparatoire du prestigieux Collège de William et Mary, poursuivant la tradition familiale d'étudier dans cette école et il fut diplômé en 1807 à l'âge de 17 ans. Parmi les ouvrages qui influencèrent sa vision de l'économie figurait la Richesse des nations d'Adam Smith et il se passionna pour les œuvres de William Shakespeare. Ses vues politiques furent profondément influencées par l'évêque James Madison, recteur de l'université et cousin du futur président du même nom, qui joua un rôle de second père et de mentor pour le jeune homme.

Après l'obtention de son diplôme, Tyler étudia le droit avec son père qui était à ce moment juge d'État puis avec l'ancien procureur général Edmund Randolph. Il fut admis au barreau à l'âge de 19 ans en violation des règles en vigueur car le juge qui faisait passer l'examen du barreau ne se renseigna pas sur son âge. À ce moment son père devint gouverneur de Virginie et le jeune Tyler commença à pratiquer le droit à Richmond, la capitale de l'État.

En 1813, il acheta la Plantation Woodburn (en) d'une vingtaine d'hectares près de Charles City et il y résida jusqu'en 1821.

À 21 ans, Tyler fut élu par les électeurs du comté de Charles City à la Chambre des délégués de Virginie ; il réalisa cinq mandats d'un an et siégea au comité judiciaire. Les opinions caractéristiques du jeune politicien étaient déjà claires à la fin de son premier mandat : un fort soutien aux droits des États et l'opposition à une banque nationale. Il rejoignit son confrère législateur Benjamin W. Leigh (en) dans une motion de censure contre les sénateurs de Virginie William B. Giles (en) et Richard Brent (en) qui avaient voté en faveur de la First Bank of the United States malgré les instructions de la législature.

En plus des conflits internes sur une banque nationale, les États-Unis affrontèrent le Royaume-Uni lors de la guerre de 1812. L'éducation de Tyler l'avait imprégné d'un profond sentiment anti-britannique et au début de la guerre il milita pour une action militaire forte. Après la prise d'Hampton en Virginie à l'été 1813, Tyler organisa une petite unité de milice pour défendre Richmond mais il n'y eut aucune attaque et la compagnie fut dissoute deux mois plus tard. La même année, son père mourut et Tyler hérita de la propriété familiale et de treize esclaves. En 1816, il démissionna pour entrer au conseil d'État du gouverneur, un groupe de huit conseillers élus par la législature.

La mort du représentant John Clopton (en) à l'automne 1816 laissa vacant le siège du 23e district congressionnel de Virginie et Tyler était bien positionné pour y accéder. Il affronta son ami et allié politique Andrew Stevenson, alors président de la Chambre des délégués de Virginie. Les opinions politiques des deux hommes étant similaires, le suffrage s'apparenta plus à un concours de popularité. Les liens politiques de Tyler et son habileté de candidat lui permirent de remporter l'élection à une courte majorité. Il rejoignit le Parti républicain-démocrate, le principal parti politique de l'époque, au sein du 14e Congrès le 17 décembre 1816 pour achever le mandat de Clopton. Il fut réélu pour un mandat complet au printemps 1817.

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