Ce Jour-là

John Millington Synge

Dramaturge, prosateur et poète irlandais

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John Millington Synge, né le 16 avril 1871, à Rathfarnham, et mort le 24 mars 1909 à Dublin, est un dramaturge, prosateur et poète irlandais, l'un des principaux artisans du Celtic Revival, mouvement littéraire formé pour redonner vie à la culture irlandaise. Il est l'un des fondateurs du théâtre de l'Abbaye, à Dublin.

D'origine protestante, il s'est surtout intéressé au monde des paysans catholiques de son pays, chez lesquels il croyait retrouver le vieux fond culturel païen de l'Irlande. La première représentation de sa pièce la plus célèbre, Le Baladin du monde occidental, provoqua des émeutes à Dublin en 1907.

Synge, dernier fils d'une famille de huit enfants, naît à la campagne. Son père, avocat issu de la noblesse terrienne, meurt de la variole en 1872. Sa mère vient s'installer à Brentham, dans la banlieue de Dublin, où vit sa mère. Synge y mène une enfance heureuse pendant laquelle il s'intéresse notamment à l'ornithologie. Il est le cousin de Florence Ross avec qui il grandit et partage un intérêt pour l'histoire naturelle.

Il fréquente des écoles privées de Dublin et étudie la théorie de la musique ainsi que plusieurs instruments au Royal Irish Academy of Music. Il étudie l'irlandais et l'hébreu au Trinity College, où il obtient sa licence en 1892. L'un de ses professeurs au Trinity College, est Canon James Goodman, prêtre collecteur de musique traditionnelle, et joueur de flûte et de uilleann pipes. Il lit également Darwin et s'intéresse à la vieille civilisation irlandaise, particulièrement aux îles d'Aran.

En 1893, Synge publie son premier poème fortement influencé par William Wordsworth. L'époque de sa lecture de Darwin est aussi une époque de crise spirituelle, et il renie la religion protestante dans laquelle il a été élevé.

Après sa licence, Synge décide en 1893 de devenir musicien professionnel et se rend en Allemagne pour y compléter sa formation. Il séjourne à Coblence et à Wurtzbourg. Cependant, éprouvant de cruelles difficultés à jouer en public et doutant de ses capacités, il rentre en Irlande en juin 1894. En janvier de l'année suivante, il part pour Paris afin d'étudier les langues et la littérature à la Sorbonne. Pendant ses vacances d'été, à Dublin, il tombe amoureux de Cherrie Matheson. Il la demande en mariage en 1895, puis une nouvelle fois l'année suivante. Elle refuse à cause de leurs divergences religieuses. Cet épisode affecte beaucoup Synge et renforce sa détermination à passer le plus de temps possible hors de l'île. En 1896, il fait également un séjour en Italie.

La même année, de retour à Paris, il rencontre William Butler Yeats, qui l'incite à aller vivre un moment dans les îles d'Aran. À Paris, il participe également quelque temps au cercle de Maud Gonne, mais s'en dissocie bientôt. Il publie bon nombre de critiques et de poèmes de style décadent dans la revue Irlande libre de Gonne. Il assiste aussi à des conférences à la Sorbonne par l'éminent spécialiste des questions celtiques Henri d’Arbois de Jubainville.

En 1897, il a sa première attaque due à la maladie de Hodgkin.

Synge passe l'été 1898 dans les îles d'Aran. Il y rend visite à Lady Gregory et voit Yeats et Edward Martyn. Il répète le voyage tous les étés pendant cinq ans, perfectionnant son irlandais et sa connaissance des histoires et du folklore locaux. Il passe toutefois la majeure partie de l'année à Paris et fait des séjours réguliers en Bretagne.

Dès 1898, il fait paraître un premier compte rendu de son séjour aux Aran dans la New Ireland Review. Son journal sur le même sujet, Les Iles d'Aran (The Aran Islands), est publié en 1901 puis réédité en 1907 avec des illustrations de Jack Yeats. Il y exprime l'idée que, sous le catholicisme apparent des paysans et des pêcheurs de l'île peut se retrouver un vieux fond de paganisme. L'expérience des Aran forme la base de la plupart de ses pièces.

En 1900, il envoie à Lady Gregory une première pièce : When the Moon has Set. Mais elle la refuse.

En 1903, Synge quitte Paris et s'installe à Londres. L'année précédente, il avait écrit deux pièces en un acte : Cavaliers vers la mer (Riders to the Sea) et L'ombre de la Vallée (The Shadow of the Glen). Toutes deux sont acceptées par Lady Gregory et représentées au Molesworth Hall, L'ombre de la Vallée en octobre 1903 et Cavaliers de la mer en février de l'année suivante. Riders to the Sea est traduit en français par Cavaliers vers la mer, Cavaliers de la mer. À mer à cheval (2005), version française par Georgette Sable, tente de se départir d'une traduction par trop littérale de ce titre qui met en jeu, dans l'esprit de l'auteur, une complexe relation entre les cavaliers et la mer, entre les chevaux et la mort. À mer..., plus qu'une direction, traduit un véritable sens dans un jeu entre l'amertume et la symbolique de l'équidé psychopompe. Si la mer,

comme faiseuse de veuves, est au centre du sujet, le mélange entre christianisme et croyances païennes l'est aussi, et particulièrement avec

les chevaux qui par ailleurs faisaient partie de commerce et transport véritables entre les îles Aran et l'île principale d'Irlande. En français,

si cavaliers... permet de remonter, par traduction inverse, au titre de la pièce d'origine, cela ne traduit pas pour autant les nuances et la complexité du sujet pétri de tradition gaélique à laquelle Synge s'attachait à rendre hommage en y retrouvant racines et inspiration. Pour d'autres traductions consulter la section notes.

Riders to the Sea a aussi servi à l'élaboration de l'opéra en un acte du même nom, achevé en 1932, par le Britannique Ralph Vaughan Williams,

présenté au théâtre de l'Athénée (Paris) du 8 au 11 avril 2009.

Du 27 février 1904 au 3 janvier 1905, L'Ombre de la vallée est à l'affiche lors des toutes premières représentations du théâtre de l'Abbaye dans lequel Synge joue un rôle important comme conseiller littéraire puis dans la direction.

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