John Major ([ˈdʒɒn ˈmeɪdʒə(ɹ)]), né le 29 mars 1943 à Sutton (Surrey, aujourd'hui Grand Londres), est un homme d'État et homme d'affaires britannique, membre du Parti conservateur et Premier ministre du Royaume-Uni du 28 novembre 1990 au 2 mai 1997.
Secrétaire en chef du Trésor de 1987 à 1989, il devient pour trois mois secrétaire d'État aux Affaires étrangères avant d'être nommé chancelier de l'Échiquier par Margaret Thatcher, à qui il succède comme Premier ministre. À la surprise générale, il remporte deux ans plus tard les élections générales de 1992, mais avec une majorité affaiblie. Peu après, en septembre 1992, la dégradation de la conjoncture l'oblige à sortir la livre sterling du système monétaire européen.
Son mandat est marqué par d'importantes dissensions au sein de son parti, en particulier sur la politique européenne. Il se fait réélire en 1995 à la tête de sa formation, mais ne retrouve jamais l'autorité nécessaire pour gouverner sans difficultés. En 1997, il est largement défait par les travaillistes de Tony Blair et se retire quatre ans plus tard de la vie politique.
John Major est appelé John Roy Major, mais seul le prénom « John » apparaît sur son certificat de naissance. Il utilise le prénom Roy jusqu'au début des années 1980.
Bien qu'il soit né dans le quartier riche de Sutton dans la banlieue de Londres, la famille de Major doit déménager vers le quartier plus pauvre de Brixton, après que son père a fait faillite. Il fréquente l'école de Rutlish (en) sans se faire remarquer et quitte l'école à 16 ans en 1959 avec quelques attestations de niveau (O-level) en histoire, langue anglaise et littérature anglaise ; il a ensuite obtenu les mêmes attestations pour les mathématiques et l'économie, ayant suivi des cours par correspondance.
Le premier travail de Major est celui d'employé de bureau chez un courtier en assurances, en 1959, dont il démissionne ayant peu de goût pour ce travail. Il adhère aux Jeunes Conservateurs (en) à Brixton à la même époque.
Major a 19 ans quand son père meurt en 1962, à l'âge de 82 ans.
Le 3 octobre 1970, il épouse Norma Johnson, avec laquelle il a ensuite deux enfants : James et Elizabeth.
Major fait une demande pour être chauffeur de bus, mais est refusé en raison de sa grande taille. Après une période sans emploi, Major commence à travailler au London Electricity Board (en) en 1963. Il décide ensuite de suivre des cours par correspondance pour la maîtrise du métier de banquier. Ceci lui permet d’obtenir un poste de responsabilité à la Standard Chartered Bank (en mai 1965), au sein de laquelle il gravit rapidement les échelons. Il est notamment envoyé travailler à Jos au Nigeria en 1967 où il manque de peu de mourir dans un accident de voiture.
Il ne quitte la Standard Chartered Bank qu'en 1979, après son élection au Parlement, mais reste ensuite membre de l'Association des banquiers.
John Major montre un intérêt pour la politique dès son plus jeune âge, faisant des discours juché sur un carton sur le marché de Brixton. En 1964, à l'âge de 21 ans, il se présente à l'élection du conseil de Lambeth, un borough de Londres, mais n'est élu qu'en 1968, contre toute attente, lors d'un basculement en faveur des conservateurs. Il siège au conseil en tant que vice-président du comité au logement et est responsable de la construction de plusieurs résidences municipales. En 1971, Major se présente dans un autre quartier londonien où la victoire semble plus facile pour le Parti conservateur, mais il est battu.
Il se présente au Parlement à St. Pancras North, dans le borough londonien de Camden, aux deux élections générales de 1974, mais ne peut s'imposer à ce poste traditionnellement occupé par les travaillistes. En mai 1976, il obtient l'investiture du parti conservateur dans le Huntingdonshire et se trouve facilement élu au Parlement aux élections générales de 1979. En 1983, Major devient membre du Parlement pour Huntingdon grâce à un changement dans le tracé des circonscriptions. Il y est réélu en 1987, 1992 et 1997. Il ne se représente pas aux élections générales de 2001.
Il devient secrétaire particulier au Parlement en 1981 et assistant whip à partir de 1983. Il est nommé sous-secrétaire d'État à la Sécurité sociale en 1985 et devient ministre pour la même fonction en 1986. Il entre au cabinet ministériel en tant que secrétaire en chef au Trésor en 1987, puis est nommé secrétaire aux Affaires étrangères en 1989. Il ne reste que trois mois à ce poste avant de devenir chancelier de l'Échiquier après la démission de Nigel Lawson en octobre 1989. Major présente son unique budget au printemps 1990. Il le présente comme « budget pour l’économie » et annonce le TESSA (Tax Exempt Special Saving Account) pour inciter les foyers britanniques à placer leur argent en banque après les fortes chutes enregistrées au cours des années précédentes.
En novembre 1990, Michael Heseltine, un conservateur mécontent de la politique de Margaret Thatcher, demande à ce qu'un nouveau dirigeant du parti conservateur soit élu. Lorsque Thatcher se retire de l'élection au second tour, John Major et Douglas Hurd s'y présentent. Bien qu’il lui manque deux voix pour atteindre les 187 votes nécessaires à la victoire lors du second tour, les résultats de Major sont suffisants pour forcer ses rivaux à lui faire des concessions et il devient Premier ministre le 27 novembre 1990.
Major est le Premier ministre du Royaume-Uni pendant la guerre du Golfe. Pendant ses premières années à Downing Street, l’économie mondiale qui s’était bien portée au cours des années 1980 subit une récession. Alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il perde les élections de 1992 face à Neil Kinnock, Major fait sa campagne dans la rue, déclamant de nombreux discours sur une tribune comme il le faisait dans sa jeunesse. Cette touche populiste, contrastant avec la campagne lisse des travaillistes, toucha l’électorat et offre à Major un deuxième et inattendu mandat, avec une majorité très affaiblie au Parlement. Cette situation devient vite insurmontable, surtout après que le Royaume-Uni est forcé de se retirer du Système monétaire européen, le mercredi Noir (le 16 septembre 1992), seulement cinq mois après les élections. Il affirme avoir chanté dans sa douche le jour de la sortie du SME.
Cependant le parti conservateur s’effondre, victime de luttes internes. Major essaie de régler cette crise par une approche modérée, mais il se trouve confronté à la droite du parti et au Cabinet ministériel.
Sa politique concernant l’Union européenne dresse l’opposition contre le gouvernement qui essaie alors de ratifier le traité de Maastricht. Bien que le Parti des travaillistes soutienne le traité, ils sont prêts à faire des choix tactiques dans le seul but d’affaiblir le gouvernement. Les travaillistes déposent un amendement demandant un vote sur le chapitre social du traité. Plusieurs députés conservateurs votent contre le gouvernement et le vote est perdu. Major contre-attaque en demandant un second vote le lendemain (23 juillet 1993) qu’il déclare vote de confiance (c'est-à-dire qu’il démissionne s’il perd). Il gagne par 40 voix, mais son autorité a été atteinte.
Plus tard le même jour, Major accorde un entretien à Michael Brunson pour ITN. Lors d’un moment d’inattention et alors qu’il pense que les micros sont éteints, Brunson demande à Major pourquoi il n’a pas limogé les ministres qui ont conspiré contre lui. Il répond « Nous ne voulons pas de trois bâtards de plus dehors. Quelle était la maxime de Lyndon Johnson déjà ?... ». Major explique plus tard qu’il a utilisé le chiffre trois par hasard, mais de nombreux journalistes identifient immédiatement les trois ministres comme étant Peter Lilley, Michael Portillo et Michael Howard, trois eurosceptiques importants. Un enregistrement de la conversation est récupéré par The Daily Mirror et distribué par le journal, incommodant Major au passage.