John Magufuli, né le 29 octobre 1959 et mort le 17 mars 2021, est un homme d'État tanzanien. Plusieurs fois ministre, il est président de la république unie de Tanzanie du 5 novembre 2015 à sa mort en 2021, quelques mois après sa réélection pour un second mandat.
John Pombe Joseph Magufuli naît en 1959, dans le nord-ouest de la Tanzanie (alors Tanganyika), sur les bords du lac Victoria, dans une famille pauvre. Il vit dans une petite maison au toit de chaume, surveillant le bétail et vendant du lait et du poisson pour aider sa famille.
Il étudie ensuite la chimie et les mathématiques, obtenant un doctorat en chimie de l’université de Dar es Salam. Il travaille quelque temps comme enseignant à l'école secondaire de Sengerema, puis comme chimiste industriel.
De confession catholique, il est père de cinq enfants.
Membre du Chama cha Mapinduzi (CCM), premier parti de Tanzanie, il devient député dans les années 1990.
Entre 2000 et 2015, il est successivement à la tête de différents ministères, à savoir l'Élevage et la Pêche, les Terres, le Logement et les Travaux publics. Il tire de cette période son surnom de « Tingatinga » (le « bulldozer » en swahili) pour son engagement dans la construction de nouvelles routes.
À 56 ans, il est désigné candidat à l'élection présidentielle de 2015 à la suite d’une élection primaire comptant 38 candidats. Le 29 octobre 2015, il est élu cinquième président de la république de Tanzanie, succédant ainsi à Jakaya Kikwete.
Il est élu sur un programme de « reconquête de la souveraineté économique face aux institutions financières internationales », selon l'universitaire et politologue Rwekaza Mukandala.
Politique d'austérité et de lutte contre la corruption
Dès le lendemain de son investiture, John Magufuli entame un vaste plan de réduction des dépenses publiques, en réduisant notamment de 100 000 à 7 000 dollars (92 000 à 6 460 euros) les frais de la cérémonie d’inauguration du nouveau Parlement.
Il est également à l'origine d'une action pour réduire le budget des événements et des déplacements officiels en limitant le nombre de membres composant les délégations et en interdisant les voyages en classe affaire pour les ministres, ou encore de la suppression des indemnités de séance des députés et de l'annulation des festivités de la fête nationale, traditionnellement célébrée en grande pompe. Magufuli affirme qu'il «est simplement honteux que nous dépensions tant d’argent pour célébrer 54 ans d’indépendance quand notre peuple meurt de choléra» et décide de rediriger l’argent ainsi économisé vers une campagne de nettoyage pour lutter contre le choléra.
Afin de montrer l’exemple, il réduit son salaire de 15 000 à 4 000 dollars/mois, devenant de ce fait l'un des chefs d’État africains à la rémunération la moins élevée.
Sa politique détonne sur un continent où, en général, « la corruption et le détournement de fonds publics sont une manière de vivre » dans les milieux dirigeants, selon le quotidien The Citizen.
Projets de développement économique
Le pays a amendé les lois régissant l’attribution des contrats d'exploitation minière, se donnant le droit de les renégocier ou de les rompre en cas de fraude avérée. La nouvelle législation supprime par ailleurs le droit des sociétés minières à recourir à un arbitrage international. Le contentieux fiscal avec l'Acacia Mining, accusée d'avoir sensiblement sous-évalué durant des années sa production d'or, s'est finalement soldé par un accord : la Tanzanie obtient 16 % des parts dans les mines détenues par la multinationale. En revanche, cette politique de lutte anti-corruption a aussi « effrayé les investisseurs, qui craignent désormais d'avoir affaire à la justice tanzanienne, et affaibli la croissance », selon Zitto Kabwe, l'un des responsables du parti d'opposition Chadema.
Le gouvernement tanzanien s'engage dans un vaste programme de développement des infrastructures, en particulier ferroviaires. Le petit port de pêche de Bagamoyo, auquel 10 milliards de dollars d'investissement ont été attribués, devrait devenir le plus grand port d'Afrique en 2030. Magufuli a également lancé la construction d’un immense projet hydroélectrique censé doubler la production d’électricité du pays, inauguré de nombreuses routes et ponts et développé la compagnie aérienne nationale. La Tanzanie tend à se rapprocher de la Chine, qui promet de soutenir des projets économiques. En réaction à cette nouvelle orientation diplomatique et au manquement à la démocratie, les États-Unis suspendent leur participation au Millennium Challenge Account, un fonds de développement bilatéral.
Sous sa présidence, la Tanzanie connait l'une des plus fortes croissances économiques du continent (6 % en moyenne par an selon le FMI) et quitte la catégorie des pays à faible revenu pour passer dans celle des pays à revenu intermédiaire.
Problématiques environnementales