Ce Jour-là

John Lewis (homme politique)

Homme politique américain et figure du Mouvement américain des droits civique

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John Robert Lewis, né le 21 février 1940 à Troy (Alabama) et mort le 17 juillet 2020 à Atlanta (Géorgie), est un pasteur chrétien baptiste, un militant et homme politique américain. Figure du Mouvement américain des droits civiques, il est de 1986 à sa mort le délégué du cinquième district congressionnel de Géorgie à la Chambre des représentants des États-Unis sous la bannière du Parti démocrate.

John Lewis est l'un des dix enfants d'Eddie et Willie Mae Carter Lewis, une famille de métayers qui gèrent une ferme dans les environs de Troy. S'il a une enfance heureuse, en revanche il ne supporte pas la ségrégation. Pendant son adolescence, il écoute les sermons du révérend Martin Luther King diffusés à la radio. Pour lui, Martin Luther King est le Moïse des Afro-Américains. Il est le seul de la fratrie à mener au bout ses études secondaires en 1957. Il a étudié la théologie à l'American Baptist Theological Seminary de Nashville (Tennessee) et a obtenu un diplôme, puis a été ordonné pasteur baptiste. Il a ensuite étudié en religion et philosophie à la Fisk University et a obtenu un Bachelor of Arts.

En 1958, il participe à des réunions animées par le révérend James Lawson de la Nashville Christian Leadership Conference inspirées par les actions de Martin Luther King. Cette année marque son entrée dans une longue carrière de militant pour les droits civiques.

John Lewis s'engage dans le Mouvement américain des droits civiques. Ainsi en 1961, il devient membre du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), c'est à ce titre que la même année il participe aux Freedom rides organisées par James Farmer du Congress of Racial Equality (CORE), qui demandaient l'application de la décision de l'arrêt de la Cour suprême concernant le cas Boynton v. Virginia qui rendait illégale la ségrégation dans les transports publics.

Avec Martin Luther King et James Lawson, il est l'un des théoriciens de l'action non violente.

En 1963, il est devenu l'un des dirigeants du SNCC et fait partie des Big Six (activists) (en) avec Martin Luther King Jr., James Farmer, A. Philip Randolph, Roy Wilkins et Whitney Young qui organisent la Marche sur Washington du 28 août 1963 où Martin Luther King a tenu son discours historique I have a dream.

En 1965, il participe aux marches de Selma à Montgomery pour demander l'application du Civil Rights Act de 1964, entravée par des règlements des États sudistes empêchant les inscriptions des Afro-Américains sur les listes électorales. Il mène la première marche du 7 mars 1965 avec Hosea Williams : arrivé au Edmund Pettus Bridge la police charge pour disperser les manifestants, John Lewis est matraqué et entre à l’hôpital victime d'un traumatisme crânien ; il demande au président Lyndon B.Johnson d’intervenir en Alabama. La sauvagerie de la répression policière fait le tour du monde, ce dimanche prend le triste nom de Bloody Sunday (« dimanche sanglant »). Cette marche avec la répression qui a suivi sera un des événements qui conduiront le 4 août 1965 à la promulgation du Voting Rights Act de 1965 interdisant les discriminations raciales dans l'exercice du droit de vote.

En 1971, il quitte le SNCC pour devenir le troisième président du Voter Education Project (en) (VEP), une organisation créée à l'initiative du Southern Regional Council et soutenue par le procureur général Robert F. Kennedy, pour gérer des programmes d'éducation des électeurs afro-américains et des campagnes d'inscription sur les listes électorales. Il prend la suite de Leslie Dunbar (1962-1965) et de Vernon Jordan (1965-1970) ; il quittera la direction en 1977 pour embrasser la vie politique, il est remplacé par Vivian Malone Jones.

En 1977, il se présente aux élections du siège du 5e district congressionel de Géorgie laissé vacant par le départ d'Andrew Young, qui vient d'être nommé par le président Jimmy Carter ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, mais il perd les primaires face à Wyche Fowler. Il est ensuite engagé par le président Jimmy Carter pour prendre la direction de l'agence fédérale ACTION (U.S. government agency) (en).

En 1981, il est élu membre du conseil municipal d'Atlanta.

En 1987, il se représente aux élections de la Chambre des représentants des États-Unis en tant que représentant du 5e district congressionel de Géorgie, il est élu, son mandat sera régulièrement renouvelé jusqu'en 2018. Il a été le dernier membre du Congrès américain à avoir connu King. « Il a changé ma vie » affirme-t-il. Lors d'une interview, John Lewis dira : « Quand Martin Luther King a été assassiné, j'ai senti que quelque chose venait de mourir en chacun d'entre nous. ».

En 1994, lors d'une visite de soutien à Nelson Mandela, avec d'autres personnalités comme Coretta King, John Lewis dit comprendre son combat car la situation des États du Sud des États-Unis du début des années 1960 était semblable à celle à l’Afrique du Sud de l’apartheid : Blancs et Noirs vont dans des écoles différentes, ils sont séparés dans les transports en commun. Les Noirs sont empêchés de s’inscrire sur les listes électorales. Lewis cite Nelson Mandela comme quelqu'un qui l'a inspiré dans son activisme dès les années 1960.

Après avoir soutenu la candidature d'Hilary Clinton pour l'élection présidentielle de 2008, il soutient la candidature de Barack Obama.

En 2016, lors d'une conférence donnée à Los Angeles, John Lewis met en garde les jeunes militants étudiants vis-à-vis du candidat des républicains, Donald Trump, dont la rhétorique clivante et démagogique de ses discours lui rappelle certains des propos de George Wallace, gouverneur de l'Alabama pendant sa période de soutien de la ségrégation.

Toujours en 2016, à la suite de la fusillade du 12 juin 2016 à Orlando, il participe à un sit-in pour protester contre l'inaction du gouvernement fédéral quant au contrôle de la vente des armes.

En 2017, il décline l'invitation du président Donald Trump à participer à l'inauguration du Mississippi Civil Rights Museum.

En 1968, il épouse Lilian Miles Lewis, qui décède en 2013 à l'âge de 73 ans. En 1976, ils adoptent un enfant âgé de deux mois, qu'ils nomment John-Miles Lewis.Il a un petit fils Julian qui vit à Paris avec lequel il a très peu de contact.

En décembre 2019, John Lewis annonce qu'il est atteint d'un cancer du pancréas en stade 4.

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