John Lewis Heilbron, né le 17 mars 1934 à San Francisco (Californie) et mort le 5 novembre 2023 à Padoue (Vénétie), est un historien des sciences américain, reconnu pour ses travaux en histoire de la physique et en astronomie.
John L. Heilbron fréquente la Lowell High School (en) à San Francisco en Californie, membre de la Lowell Forensic Society (en). Il obtient ses diplômes de physique : d'abord son bachelor of Arts en 1955, puis son Master en 1958, et son doctorat en 1964 en histoire de l'université de Californie à Berkeley. Il est étudiant de troisième cycle de Thomas Kuhn dans les années 1960, lorsque Kuhn écrit La Structure des révolutions scientifiques. Il fait partie du projet Sources for the History of Quantum Physics.
En 1964, il est professeur assistant d'histoire à l'université de Pennsylvanie et, en 1967, il retourne à Berkeley, où il devient professeur et, en 1973, Directeur du département d'histoire des sciences et techniques. De 1990 à 1994, il est vice-chancelier puis, en 1994, vice-chancelier émérite. Il est entre autres professeur invité à l'Université Cornell de 1985 à 1991, à California Institute of Technology en 1997, et de 2002 à 2004 à l'université Yale. Depuis 1996, il est chercheur au Oxford Museum for History of Science de l'Université d'Oxford.
Il est professeur d'histoire à l'université de Californie à Berkeley, chercheur principal au Worcester College d'Oxford. Il dirige pendant vingt-cinq ans la revue universitaire Historical Studies in the Physical and Biological Sciences (en). Il dirige, avec, Jérôme Bourdieu et Yves Winkin, la collection « Liber », fondée par Pierre Bourdieu aux éditions du Seuil.
Il supervise l'encyclopédie The Oxford Companion to the History of Modern Science (en), consacrée à l'histoire des sciences du milieu du XVIe siècle (début de la période moderne) jusqu'au début du XXIe siècle, avec la participation de Jim Bennett, James R. Bartholomew, Frederic L. Holmes, Rachel Laudan et Giuliano Pancaldi.
Dans The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories (1999), John L. Heilbron s'intéresse notamment aux méridiennes et aux gnomons. « Il examine les observatoires solaires qui étaient installés dans plusieurs cathédrales européennes au début de la période moderne. Il a trouvé que, nonobstant l'affaire Galilée, les astronomes catholiques les ont utilisés pour apporter d'importantes contributions aux débuts de l'astronomie moderne, certaines d'entre elles ayant aidé à confirmer la thèse de Copernic ». Les méridiennes jouent un rôle important dans la mesure de la durée de l'année solaire, permettant de fixer la date de Pâques. Une des figures centrales du livre est Giovanni Domenico Cassini (1625-1712), astronome et ingénieur savoisien, naturalisé français : chargé de reconstruire la méridienne dans la basilique San Petronio de Bologne, après une première tentative par Egnatio Danti, ce qui lui permet de vérifier la « bisection de l'excentricité » de Kepler et d'obtenir les meilleures tables solaires de son époque.
John L. Heilbron reçoit en 2001 le prix Pfizer décerné par la History of Science Society pour un livre exceptionnel sur l'histoire des sciences, pour son ouvrage The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories (Harvard University Press, 1999).
En 1993, il est lauréat de la médaille George Sarton également décernée par l’History of Science Society. En 1988, il reçoit le prix Watson Davis and Helen Miles Davis. En 1999, il est lauréat de la médaille Alexandre Koyré et, en 2004, il reçoit la médaille Pictet de la Société de physique et d’histoire naturelle de Genève. En 2006, il reçoit le prix Abraham-Pais d'histoire de la physique, prix conjoint de la Société américaine de physique et de l'American Institute of Physics.
En 2000, il reçoit un diplôme honorifique de l'Université de Pavie, après en avoir déjà reçu un de l'Université de Bologne en 1988, et un autre encore de l'université d'Uppsala. Il bénéficie d'une Bourse Guggenheim.
John L. Heilbron est membre de l'Académie royale des sciences de Suède depuis 1987. Il est également membre de l'Académie américaine des arts et des sciences (1988), de la Société américaine de philosophie (1990), et de l'Académie Internationale d’Histoire des Sciences, dont il a également été le président.
Some connections among the heroes (À propos de certains rapports entre les héros), in: Revue d'histoire des sciences, 2001. [lire en ligne]
Les élites scientifiques internationales. Physique et chimie dans le premier tiers du 20ème siècle, avec Elisabeth Crawford, John G. May et Rebecca Ullrich, in: Vingtième Siècle, revue d'histoire, numéro 12, 1986. [lire en ligne]
The earliest missionaries of the Copenhagen spirit, in: Revue d'histoire des sciences, 1985. [lire en ligne]
A propos de l'invention de la bouteille de Leyde, in: Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1966. [lire en ligne]
« Quelle heure est-il dans le transept ? », D. Graham Burnett (en), critique de livre sur The Sun in the Church: Cathedrals as Solar Observatories, The New York Times, 24 octobre 1999.
Citation de la critique de Burnett :
Ressources relatives à la recherche : Académie royale de Belgique Persée ResearchGate Scopus
Ressource relative à la littérature : London Review of Books