John Gotti, né le 27 octobre 1940, Bronx, New York, et mort le 10 juin 2002 à Springfield, surnommé The Dapper Don et The Teflon Don ou Johnny Boy dans sa jeunesse, est un gangster américain d'origine italienne, qui fut parrain de la famille Gambino, l'une des cinq familles mafieuses de New York de la mafia américaine.
Gotti et ses frères grandissent dans la pauvreté et se tournent vers la vie criminelle très jeunes. Il opère dans le quartier d'Ozone Park, dans l'arrondissement de Queens à New York. Il est remarqué par Carlo Gambino après avoir vengé l'enlèvement du neveu du capo di tutti capi. Gotti devient rapidement un des membres les plus rentables de la famille Gambino et protégé du sous-boss Aniello Dellacroce.
Après la mise en examen de plusieurs membres de son équipe pour vente de stupéfiants, Gotti prend de la distance avec la famille Gambino. De peur que lui et son équipe ne soient tués pour avoir bravé l'interdit (édicté par le parrain Paul Castellano, successeur de Gambino) de vente de drogue, Gotti organise l'assassinat de Castellano, qui a lieu le 16 décembre 1985, et prend par la suite le contrôle de la famille. De fait, Gotti devient un des parrains les plus puissants du crime organisé américain, faisant des centaines de millions de dollars de bénéfice dans les domaines de la construction, du vol de camions, des prêts à taux usuraire, des paris, de l'extorsion et autres activités criminelles.
Gotti commence alors à attirer l'attention des médias par sa personnalité excessive et son style flamboyant, qui lui valent la plupart du temps les faveurs du public. Alors que ses pairs cherchent à vivre de manière très discrète et fuient particulièrement les médias, Gotti gagne le surnom de « The Dapper Don » (le Don soigné) pour ses costumes sur mesure très chers et le fait qu'il s'affiche dans les médias comme aucun autre parrain ne l'avait fait auparavant. Plus tard, il gagne le surnom de « The Teflon Don » (le Don en téflon) après ses acquittements à la suite de trois procès extrêmement médiatisés. Il sera plus tard révélé que les différents verdicts étaient le résultat de corruption du jury et d'intimidation des témoins. Mais les forces de l'ordre ne se laissent pas impressionner par son style ou sa réputation et elles continuent à rassembler des preuves contre lui, qui le mènent à sa perte.
En 1992, il est trahi par son consigliere Sammy the Bull Gravano et transmet alors le pouvoir à son fils John Gotti, Jr. jusqu'en 1999, puis à son frère Peter jusqu'en 2002, date de sa mort, d'un cancer de la gorge, en prison. Selon l'ancien parrain de la famille Lucchese, Anthony Casso dit Gaspipe « Ce que John Gotti a fait, c'est le début de la fin de Cosa Nostra ».
John Joseph Gotti Junior est né le 27 octobre 1940 dans le Bronx à New-York, de John Gotti Senior et Philomena « Fannie » Gotti. Alors que ses deux parents sont nés aux États-Unis, ses ancêtres viennent de San Giuseppe Vesuviano dans la province de Naples. Il est le cinquième d'une famille de treize enfants : sept garçons et quatre filles. John est un des cinq frères qui deviendront affranchis (membres initiés dans la mafia) au sein de la famille Gambino. Eugene Gotti dit « Gene » est initié avant John du fait de l'incarcération de ce dernier en 1976, Peter Gotti est initié sous le règne de son frère en 1988 et Richard V. Gotti est identifié comme caporegime (affranchi dirigeant une équipe de soldats) en 2002. Le cinquième, Vincent, est aussi initié en 2002.
La famille Gotti grandit dans la pauvreté. Son père travaille de manière irrégulière comme travailleur journalier et a une passion pour le jeu. Adulte, John Gotti estime que son père a été incapable de s'occuper correctement de sa famille. À l'école, il a coutume de commettre de petits délits et de harceler d'autres étudiants. Il est finalement exclu de la Franklin K. Lane High School à l'âge de 16 ans.
À l'âge de 12 ans, avec ses frères Peter et Richard, il est déjà impliqué dans les gangs de rue associé avec la mafia de New-York. À l'âge de 14 ans, au début de l'été 1954, Gotti tente de voler sur un chantier de construction, au cours duquel il a les orteils écrasés par une bétonnière. Il passe le reste de l'été à l'hôpital et restera boiteux toute sa vie. Après avoir quitté définitivement l'école à seize ans, il rejoint la bande des Fulton-Rockaway Boys, associés à la mafia. C'est là qu'il rencontre Angelo « Quack-Quack » Ruggiero, dont le surnom provenait du fait qu'il n'arrêtait jamais de parler et Wilfred « Willy Boy » Johnson.
Gotti rencontre sa future femme, Victoria DiGiorgio, qui est à moitié italienne et à moitié juive-russe dans un bar en 1958. Le couple se marie le 6 mars 1962. Ensemble, ils ont cinq enfants : Angela, Victoria, John Jr, Frank (mort le 18 mars 1980) et Peter. Gotti tente de trouver un travail légal comme presseur dans une fabrique de manteaux et comme co-conducteur de camion. Cependant, il ne peut rester sans commettre de crimes et en 1966, il est incarcéré deux fois.
Associé au sein de la famille Gambino
Dès son adolescence, Gotti effectue des courses pour Carmine Fatico, un caporegime de la famille Gambino, alors connue sous le nom de famille Anastasia, dirigée par leur parrain, Albert Anastasia.
Gotti commence à braquer les cargaisons de camion en provenance de l'aéroport d'Idlewild (plus tard renommé aéroport international John F. Kennedy) avec son frère Gene et son ami Ruggiero. Ce territoire était sous la coupe de la famille Lucchese et plus spécifiquement de la faction de Paul Vario. Cette dernière incluait des gangsters comme Henry Hill et James Burke. À cette époque, il se lie d'amitié avec le futur parrain de la famille Bonanno, Joseph Massino et ce dernier le surnomme "Black John" et "Crazy Horse". C'est encore à cette époque que Gotti rencontre son mentor, le sous-boss de la famille Gambino, Aniello Dellacroce dit "Neil". Dellacroce régale le jeune Gotti de récits glorifiant des événements dans la mafia mettant en scène Anastasia, ce qui mène Gotti à adopter Anastasia comme son modèle de référence.
En février 1968, Gotti est identifié par des employés de United Airlines pour des vols de marchandises à l'aéroport d'Idlewild. Peu de temps après, le FBI l'arrête pour cette affaire. Deux mois plus tard, Gotti est arrêté une troisième fois pour vol de marchandises alors qu'il est en liberté sous caution, cette fois pour vol d'une cargaison de cigarettes d'une valeur de 50 000 USD à Turnpike dans le New-Jersey. Plus tard dans l'année, Gotti plaide coupable pour le vol de marchandises de Northwest Airlines et il est condamné à trois ans d'emprisonnement au pénitencier fédéral de Lewisburg. Le procureur décide d'abandonner les charges concernant le vol de la cargaison de cigarettes.
Gotti et Ruggiero sont remis en liberté conditionnelle en 1972. Ils retournent dans leur ancienne équipe au Bergin Hunt et au Fish Club, toujours sous la direction de Fatico. Gotti est nommé à la direction des paris clandestins de l'équipe Bergin, où il s'avère être lui-même un tueur efficace. En 1972, Fatico est accusé de prêt à taux usuraire. Une des conditions de sa libération est qu'il ne doit pas rencontrer ses complices identifiés. Gotti n'est pas encore affranchi dans la mafia du fait que les initiations soient interrompues depuis 1957, mais Fatico le nomme néanmoins caporegime actif de l'équipe Bergin peu de temps après sa libération conditionnelle. De par sa nouvelle fonction, Gotti se rend souvent au quartier général de Dellacroce au Ravenite Social Club, endroit où le sous-boss gère les activités de l'équipe. Dellacroce s'est déjà lié à Gotti. Tous les deux ont des profils similaires : ils peuvent avoir des réactions violentes et sont de gros joueurs.
En 1973, Gotti est condamné à une peine de prison ferme dans une prison fédérale pour l'assassinat d'un gangster américano-irlandais, James McBratney. Ce dernier avait enlevé et tué le neveu de Carlo Gambino, Emmanuel Gambino. Cet acte promeut Gotti caporegime.
En 1983, une enquête fédérale met en accusation 13 membres de la famille Gambino de trafic de drogue. Le propre frère de John Gotti, Gene Gotti, ainsi que son meilleur ami Angelo « Quack-Quack » Ruggiero, sont impliqués. Depuis 1980, les agents fédéraux ont effectué des écoutes téléphoniques au domicile de Ruggiero, et l'ont enregistré en train de traiter les affaires courantes de la famille, notamment de drogue. De plus, les enregistrements permettent de l'entendre exprimer son mépris à l'égard de Paul Castellano parrain des Gambino depuis 1976. Ruggiero a de quoi être inquiet : si Castellano apprend qu'il trafiquait, en violation de la politique anti-drogue de la famille, Ruggiero sera assassiné. La loi fédérale autorisant aux accusés l'accès aux bandes d'enregistrement et leur retranscription par écrit, dans le cadre de la préparation de leur défense, Castellano demande à voir les retranscriptions ; Dellacroce fait tout ce qu'il peut pour les cacher.