Ce Jour-là

John Ford

Réalisateur et producteur américain

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John Feeney, dit John Ford [ˈd͡ʒɑn fɔɹd], est un réalisateur américain, également producteur, né le 1er février 1894 à Cape Elizabeth près de Portland (Maine) et mort le 31 août 1973 à Palm Desert (Californie).

John Ford est l'un des réalisateurs américains les plus importants de la période classique de Hollywood (de la fin des années 1920 à la fin des années 1960). De tous les grands cinéastes américains, il est celui dont l'influence est la plus considérable. Sa carrière embrasse celle des studios puisqu'il arrive à Hollywood au moment où les grandes majors se mettent en place et il réalise son dernier film alors que ces majors commencent à être dirigées par des financiers. Ford est admiré et respecté par les grands patrons de Hollywood dont il est souvent l'ami : il tourne vite et respecte les budgets. Malgré cela, il se considère comme un salarié surpayé par ces studios pour faire des films dénués de son style afin de ne pas perturber les affaires de ses employeurs.

Reconnue par ses pairs, son œuvre demeure connue du grand public pour ses westerns, genre qui ne représente pourtant qu'une partie de sa filmographie. Quatre fois lauréat de l'Oscar du meilleur réalisateur (un record toujours d'actualité), pour Le Mouchard (1935), Les Raisins de la colère (1940), Qu'elle était verte ma vallée (1941) et L'Homme tranquille (1952), Ford est avant tout le cinéaste de l'Amérique des simples gens, des pionniers, des fermiers, des émigrants, des ouvriers, des militaires obscurs, des natifs, des personnages tendres, dignes et généreux animés d'un sens aigu de la justice. Par ailleurs, Ford est considéré comme le cinéaste des grands espaces américains aux paysages grandioses et sauvages. Les films de Ford sont également fortement imprégnés de sa foi catholique.

Patriote, au poste d'officier de réserve de l'US Navy lors de la Seconde Guerre mondiale, il finit amiral à titre honorifique. John Ford arbore un grand respect à l'Amérique qui a accueilli ses ancêtres, en premier lieu son père, un catholique irlandais. Ford a par ailleurs parfois été considéré par certains comme un cinéaste réactionnaire et raciste bien que son œuvre et ses positions politiques montrent un cinéaste démocrate et épris de liberté.

John Ford est l'un des réalisateurs effectuant le moins de prises par plan, ce qui lui permet de garder la mainmise sur le montage des films. Le réalisateur Fred Zinnemann dira ainsi : « Nous devons à John Ford le droit accordé au metteur en scène de superviser le montage. » Ford a mis sa notoriété au service du syndicat des metteurs en scène américains, dont il est l'un des dirigeants les plus actifs. De plus, il fait preuve d'une fidélité remarquable tout au long de sa carrière envers sa « famille » d'acteurs (notamment John Wayne), de techniciens et de scénaristes, dont beaucoup sont originaires d'Irlande.

Aujourd'hui, sa filmographie est amputée par la disparition de la quasi-totalité de ses premiers films, soit environ un tiers de son œuvre. L'un d'entre eux, Upstream (1927), qu'on croyait disparu, a néanmoins été retrouvé en Nouvelle-Zélande en juin 2010.

John Martin Feeney, futur John Ford, est né dans une famille d'immigrants irlandais. Son père est originaire de An Spidéal dans le comté de Galway et sa mère, des îles d'Aran. John est le dernier d'une famille de 11 enfants — dont trois sont morts à la naissance, et deux en bas âge, de maladies. Après avoir été pêcheur et fermier, son père émigre aux États-Unis en 1872 et, naturalisé américain en 1878 ou 1880, il ouvre à Portland en 1897 un speakeasy où se rassemble la communauté irlandaise de la ville.

En 1909, son frère Frank T. Feeney part pour la Californie avec Gaston Méliès (le frère de Georges Méliès). Il y deviendra Francis Ford, acteur et réalisateur de serials pour les studios Universal.

John, durant sa scolarité à l'école Emerson à Portland avant d'échouer au concours d'entrée de l'Académie Navale, se passionne pour l'histoire. Il s'avère aussi excellent joueur de basket-ball et de football. Il gagne un peu d'argent de poche comme ouvreur au Jefferson Theatre de Portland et peut ainsi voir les grands acteurs du moment, comme : Ethel Barrymore ou les Wild West Shows.

En 1914, John Martin s'inscrit à l'université du Maine mais il n'y entrera jamais. Car cet été-là, son frère Francis revient à la maison et parle de Hollywood. John Martin décide alors de lui emboîter le pas. En juillet, il débarque à Hollywood et devient son homme à tout faire. C'est l'occasion pour lui de découvrir les métiers du cinéma sur les films que son frère interprète et réalise pour les studios Universal. Il adopte le même pseudonyme (Francis l'a choisi en hommage à Henry Ford, qui à cette époque représente l'idéal américain de « self-made man ») et apparaît aux génériques sous le nom de Jack Ford. En 1915, il interprète également des petits rôles dans les films de son frère dont il devient l'assistant-réalisateur. Il affirme avoir joué l'un des membres cagoulés du Ku Klux Klan dans Naissance d'une nation de D. W. Griffith : « J'étais celui qui avait des lunettes. Je tenais ma cagoule relevée d'une main parce que ce putain de truc n'arrêtait pas de glisser devant mes lunettes. »

À partir de 1916, il est engagé par les studios Universal comme assistant-réalisateur. Il assiste des réalisateurs sous contrat dont Allan Dwan et commence à diriger les scènes de figurants tandis que son frère Francis, lui, quitte Universal pour fonder son propre studio. Alors qu'il n'est qu'accessoiriste et pendant une visite de Carl Laemmle dans les studios, il se voit confier par hasard sa première réalisation, remplaçant au pied levé un réalisateur absent. Le film s'intitule The Tornado et sort le 3 mars 1917. Il signe son premier contrat de réalisateur avec Universal pour 125 dollars par semaine et devient le réalisateur attitré des westerns avec l'acteur Harry Carey. Ils tourneront ensemble 25 films dont Cheyenne Harry avant de se brouiller en 1919. À cette date, il gagne 300 dollars par semaine et acquiert la stature d'un réalisateur important à Hollywood.

Il rencontre en 1920 Mary McBryde Smith, d'origine irlandaise et écossaise, avec laquelle il se marie. Elle est issue d'une famille d'officiers, descendante de l'humaniste Thomas More. Elle est divorcée et, de ce fait, le couple ne pourra se marier religieusement qu'en 1941, au décès du conjoint. Ils auront deux enfants : Patrick Michael né en 1921 et Barbara née en 1922. Patrick deviendra après plusieurs petits métiers, assistant-réalisateur et producteur de films de série Z, et Barbara monteuse[réf. nécessaire].

La plupart des films muets réalisés pour Universal sont aujourd'hui perdus. Il n'en reste que trois : Le Ranch Diavolo (Straight Shooting) réalisé en 1917 qui est son premier long métrage, À l'assaut du boulevard (Bucking Broadway) de 1917 (considéré longtemps comme perdu et retrouvé en 2004), et Du sang dans la prairie (Hell Bent) réalisé en 1919. Dans ces trois films interprétés par Harry Carey, on retrouve déjà les caractéristiques de futurs grands westerns de Ford : sa manière d'intégrer les personnages dans des décors naturels sublimes, des personnages féminins consistants qui sont l'égal des hommes[réf. nécessaire].

En décembre 1920, John Ford est débauché par la Fox de William Fox[réf. nécessaire].

Les films réalisés par Ford au début des années 1920 ont aussi, pour une grande partie d'entre eux, disparu. Il ne reste que Pour la sauver (Just Pals) (1920) qui est le premier film que l'auteur réalise pour le compte de la Fox et Cameo Kirby (1923) avec John Gilbert qu'il signe « John Ford » pour la première fois, à la place de « Jack Ford », son précédent pseudonyme.

En 1921, Ford entreprend un long voyage en Europe. Il rencontre la branche familiale restée en Irlande dont un cousin membre de l'IRA. Il est présenté à l'indépendantiste irlandais Michael Collins.

Ford gagne maintenant 600 dollars par semaine et se voit confier en 1924 la réalisation du Cheval de fer, production pharaonique de la Fox. En 1926, toujours pour la Fox, il réalise Trois Sublimes Canailles (Three Bad Men) avec George O'Brien, Tom Santschi, Olive Borden, J.Farell McDonald et Louis Tellegen. En 1927, il se rend en Allemagne pour le tournage des Quatre Fils (Four Sons) et découvre à cette occasion le cinéma expressionniste. Ce film est le plus grand succès public de la carrière muette de Ford. Il réutilisera une photo au style volontairement expressionniste en 1928 dans La Maison du bourreau (Hangman's House). En 1927 il est élu à la tête de la Motion Pictures Directors Association.

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