Ce Jour-là

John Davison Rockefeller

Entrepreneur américain (1839–1937)

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John Davison Rockefeller, né le 8 juillet 1839 à Richford (État de New York) et mort le 23 mai 1937 à Ormond Beach (Floride), à l'âge de 97 ans, est un industriel américain, fondateur de la famille Rockefeller. Premier milliardaire de l'époque contemporaine, il fait partie du mythe américain des self-made men. Sa famille a été à la tête d'un empire financier durant près de deux siècles en créant la Standard Oil qui devient notamment Esso, puis ExxonMobil. Il est le frère du financier William Rockefeller, lui aussi engagé dans l'exploitation du pétrole.

Son père d'origine anglaise et franco-allemande, William Avery Rockefeller (en), est un marchand itinérant, officier de santé vendant des « médicaments-miracles » (qui étaient en fait des flacons d'huile mélangée à du laxatif qu'il vendait sans scrupule sous ce titre, certains comme remèdes contre le cancer dont il se prétendait spécialiste). C'est un père souvent absent, coureur de jupons et bigame. Sa mère Eliza Davison (12 septembre 1813 - 28 mars 1889) issue d'une famille de Scots d'Ulster inculque à ses six enfants les valeurs religieuses de l’église presbytérienne. Dès son enfance, John D. Rockefeller se donne pour but de devenir un grand homme d'affaires. Il commence alors à gagner de l'argent dans de petites transactions (élevage de dindons, prêt avec intérêt de quelques dollars à des camarades) et se montre plus attiré par les usines, les chemins de fer et l'organisation des banques que par l'art, la littérature ou la politique.

Durant son adolescence, il est devenu membre de l'église baptiste d'Erie Street à Cleveland (Erie Street Baptist Church Mission). À 17 ans, il y assure l’école du dimanche, tout en exerçant les tâches administratives et occasionnellement de concierge. Un prédicateur baptiste lui fait connaître la maxime de John Wesley : « faites de votre mieux, épargnez ce que vous pouvez épargner, donnez tout ce que vous pouvez donner. » Rockefeller a mentionné dans sa biographie que de ce moment, le plan financier de sa vie a été formé. Gagner de l'argent était considéré par lui comme un « cadeau de Dieu », et qu'il était de devoir de « le développer et de l'utiliser [...] pour le bien de l'humanité ».

Sorti de l'école de commerce Folson’s Commercial College de Cleveland avec un diplôme de comptable, il devient en septembre 1855 aide-comptable dans une petite entreprise de transport et de courtage, Hewitt & Tuttle. Au bout de trois ans, il démissionne et s'associe avec Maurice B. Clark, mettant ses 2 000 dollars d'économies dans le capital d'une entreprise de transport et de courtage concurrente (en grains, viandes et autres produits alimentaires). En 1862, il investit les 4 000 dollars qu'il avait détournés sur les docks de Cleveland dans des puits à Titusville mais trouve cette aventure de l'extraction du pétrole trop hasardeuse et préfère s'associer à deux partenaires qui créent une compagnie de raffinerie du pétrole.

La création de la Standard Oil

À la fin de la guerre de Sécession, Cleveland est l'un des cinq principaux centres de raffinage des États-Unis (avec Pittsburgh, Philadelphie, New York et la région du nord-ouest de la Pennsylvanie d'où provient la plupart du pétrole). Le pétrole n'est encore utilisé que comme imperméabilisant (goudron) ou comme lubrifiant, mais le développement de la lampe à huile crée un nouveau débouché comme combustible d'éclairage (« pétrole lampant »).

En 1863, Rockefeller entend parler du « colonel » Drake (en réalité un ancien employé de chemins de fer, embauché par une poignée de businessmen pour trouver du pétrole en Pennsylvanie) et des champs pétrolifères. L'idée lui plaît immédiatement et il se rend sur place examiner les puits de plus près. Persuadé des possibilités offertes, il décide d'investir dans ce nouveau domaine et propose en 1867 à son associé Henry Flagler de le suivre. Celui-ci restant hésitant, John D. Rockefeller lui rachète ses parts de la société de courtage pour 72 500 $ et prend un nouvel associé, le chimiste Samuel Andrews. La firme Rockefeller, Andrews & Flagler (en) produit du naphta et du kérosène. Réinvestissant constamment les profits et gardant les coûts et les salaires le plus bas possible, John D. Rockefeller étend son affaire rapidement.

En janvier 1870, Rockefeller crée la société Standard Oil of Ohio, qui devient rapidement la raffinerie la plus rentable de l'Ohio. Le but de Rockefeller est alors de pouvoir contrôler toutes les raffineries de pétrole des États-Unis.

En 1871, certains raffineurs se concertent dans le but de constituer une alliance assez grande pour qu'ils puissent convaincre les chemins de fer de leur accorder des rabais spéciaux sur leurs convois, et des suppléments sur ceux de leurs concurrents. Ils cherchent une société déjà existante et tombent sur la South Improvement Company. Les gens impliqués dans cette société ne représentent pas 10 % du raffinage américain, mais ils se présentent comme majoritaires devant les chemins de fer. La Standard est le plus gros actionnaire, et mène la danse qui aboutit à un accord secret très avantageux pour Rockefeller. En effet, les chemins de fer sont obligés de céder car les moyens de transport entre les gisements et les raffineries sont multiples (plusieurs lignes de trains et un canal) et un gros client comme la Standard peut dicter ses conditions, menaçant d'aller à la concurrence en cas de non-coopération. Cet accord entraîne une forte augmentation des frais de transport pour les autres compagnies, ce qui déclenche les protestations de concurrents tels que le principal raffineur de New York, Charles Pratt.

Quand elles constatent qu'au moins une partie de l'avantage tarifaire de la Standard Oil provient des rabais secrets obtenus par la South Improvement Company, Rockefeller doit y renoncer.

Dans l'intervalle, toutefois, la Standard Oil a assez grossi pour devenir l'un des plus grands transporteurs de pétrole et de kérosène du pays.

Pas découragé pour autant, Rockefeller décide de procéder par intégration horizontale en faisant pression sur les raffineries concurrentes pour les racheter. En 1872 a lieu ce qu'on appellera ensuite « la conquête de Cleveland » : la Standard Oil absorbe 22 de ses 26 concurrents à Cleveland en moins de deux mois. Il va ensuite à Pittsburgh, Philadelphie, New York, possédant bientôt toutes les principales raffineries.

Fin 1872, 80 % des raffineurs américains s'unissent sous la présidence de Rockefeller dans la National Refiners Association. Dès qu'ils sont au courant, les producteurs, inquiets de voir se former un oligopsone pour leur produit, s'unissent dans la Petroleum Producer's Agency et fixent un prix minimum du baril à 5 $. Rockefeller commence par accepter ces conditions tant que les producteurs limitent leur production afin de maintenir des prix stables. Mais moins d'un an plus tard, Rockefeller rompt le contrat sous prétexte que les producteurs ne limitent pas suffisamment leur production. De nombreux producteurs se sont lourdement endettés et doivent absolument vendre pour éviter la faillite. Un gel durable de la production est donc impossible, et la Standard Oil dicte ses conditions. Même ses anciens concurrents, Pratt & Rogers renoncent à continuer à rivaliser avec la Standard Oil. En 1874, ils passent un accord secret avec leur ancien concurrent : ils acceptent d'être rachetés et deviennent partenaires de Rockefeller.

Son influence est telle qu'il est en mesure d’imposer toutes ses conditions aux compagnies de chemin de fer, leur enjoignant notamment de refuser de transporter les produits de ses concurrents. En 1875, ses agents interviennent auprès des propriétaires des 27 raffineries que comptait la ville de Titusville pour leur signaler que la Standard Oil entend les racheter à un prix dérisoire. Devant leur évident refus, la Standard fait cesser tous les transports entre Titusville et le monde extérieur. En 1879, 25 des 27 compagnies avaient accepté de vendre. La même tactique est employée à Pittsburgh en 1879.

Rockefeller ne s'arrête pas à une concentration horizontale presque parfaite du raffinage. Se rendant compte qu'en s'assurant le contrôle du processus de raffinage, il devient maître de toute l'industrie pétrolière, il travaille ensuite à la concentration verticale de l'industrie, englobant toutes les phases de la production, de l'extraction au commerce de détail en passant par le transport, la fabrication de barils, les pipelines (en 1879, Rockefeller contrôle la quasi-totalité des sociétés d'oil-gathering pipelines regroupées sous le nom de United Pipe Lines) puis la recherche scientifique et le marketing.

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