John Creasey (Southfields, Borough londonien de Wandsworth, 17 septembre 1908 - Salisbury, Wiltshire, 9 juin 1973) est un écrivain britannique de romans populaires. Il a utilisé au cours de sa carrière de nombreux pseudonymes dont les principaux sont Anthony Morton, Michael Halliday, Jeremy York, Normam Deane et J. J. Marric, pseudonyme sous lequel il remporte le Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur roman en 1962.
John Creasey est né dans une famille très modeste, septième d'une fratrie de neuf enfants. Il souffre de la poliomyélite durant son enfance, mais parvient à surmonter sa maladie. Il entre dans la vie active à l'âge de 14 ans et, selon un décompte fait par ses soins, aurait exercé vingt-cinq métiers différents jusqu'à l'âge de 21 ans.
Selon ses dires, il aurait commencé à envoyer des nouvelles à divers éditeurs dès l'âge de dix ans, jusqu'à ce que la 744e, alors qu'il est âgé de dix-sept ans, soit acceptée et payée trois guinées (la guinée valait une livre et un shilling).
Après ce premier « succès », il juge venu le temps de s'essayer au roman et en écrit une dizaine avant que ne soit accepté le premier d'entre eux, intitulé Seven Time Seven, publié le 22 janvier 1932, alors qu'il est âgé de 23 ans. Il publie une cinquantaine d'autres romans dans les quatre années qui suivirent et, en 1936, démissionne de son dernier emploi salarié en affirmant être « décidé de gagner sa vie en écrivant ». Et, de fait, le succès public du Baron témoigne de la justesse de ses vues.
Les éditeurs de John Creasey, comme effrayés par l'énergie productrice de leur écrivain (une moyenne d'une vingtaine de romans par an) lui imposent très tôt de répartir sa production littéraire sous divers pseudonymes, ne pouvant guère envisager de publier, sous le même nom d'auteur, autant de livres se rattachant à des genres très différents. De fait, si le roman policier prend la part du lion, l'œuvre complète de John Creasey embrasse un grand nombre de genres littéraires : aventures, espionnage, western (sous les noms de Tex Riley, William K. Reilly et K. Ranger), roman d'amour (Margaret Ranger, Elise Fecamps, Henry St John Cooper), littérature pour enfants, ouvrages sur le sport (Patrick Gill, James Marsden)… Son œuvre totaliserait 562 romans, écrits durant une quarantaine d'années, sous plus de 25 pseudonymes différents (en plus de son vrai nom) et traduits en vingt-sept langues.
En France, Fayard traduit une quinzaine de titre de la Série ayant pour héros Le Prince (The Toff, en anglais), une sorte de clone du Saint de Leslie Charteris, cependant que la collection Le Masque traduit de façon soutenue, à partir des années 1950, les romans policiers de Creasey ayant pour héros l'inspecteur West (43 titres, dont deux posthumes, de 1942 à 1978) et ceux signés Michael Halliday. Sous ce dernier nom, seuls quelques récits comptent des enquêteurs récurrents dans deux séries distinctes: celle des frères Martin et Richard Fane (4 titres de 1951 à 1953) et celle du docteur Emmanuel Cellini (11 titres, dont deux posthumes, de 1965 à 1975).
Le plus célèbre pseudonyme de Creasey en France demeure assurément Anthony Morton, sous lequel est publié, à partir de 1937, les 47 romans de la série Le Baron, dont 25 ont été traduits en français.
Creasey est également reconnu pour la série de l'inspecteur Gideon, signée J.J. Marric, qui compte 21 titres parus de 1955 à 1976 et qui a été traduite en France aux Presses de la Cité. Le premier roman de procédure policière de cette série a été porté à l'écran par John Ford sous le titre L'Inspecteur de service (Gideon's Day) avec Jack Hawkins.
De 1956 à 1965, Creasey est aussi éditeur, du John Creasey Mystery Magazine, qui publie des nouvelles de divers auteurs policiers, et il crée en outre, en 1957, sa propre maison d'édition, Jay Books, qui réédite notamment une centaine de ses propres romans.
Il participe à la fondation, en 1953, de la Crime Writers' Association, et la préside en 1966-1967.
Parallèlement à ces travaux d'écriture, John Creasey s'intéresse à la politique, ce qui le conduit à être candidat à cinq reprises à la Chambre des communes britannique, la première fois sous les couleurs du Parti libéral, en 1950, puis les quatre fois suivantes comme candidat indépendant. Il n'est toutefois jamais élu.
Il a été marié quatre fois, et a un fils de chacune de ses trois premières épouses. Sa dernière union a lieu trois semaines avant son décès subit des suites d'une attaque cardiaque.
Gordon Ashe, M. E. Cooke, Norman Deane, Robert Caine Frazer, Elise Fecamps, Patrick Gill, Michael Halliday, Charles Hogarth, Brian Hope, Colin Hughes, Kyle Hunt, Abel Mann, Peter Manton, J. J. Marric, James Marsden, Richard Martin, Rodney Mattheson, Anthony Morton, K. Ranger, Margaret Ranger, William K. Reilly, Tex Riley, Henry St John Cooper, Jeremy York.
The Case of the Murdered Financier (1937)
The Man from Fleet Street (1940)
The Case of the Mad Inventor (1942)
The Masters of Bow Street (1972)
Série Le Baron, signée Anthony Morton