Ce Jour-là

John Churchill (1er duc de Marlborough)

Général et homme politique anglais

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L'Angleterre utilise le calendrier julien jusqu'en 1752 alors que la France adopte le calendrier grégorien à partir de 1582. Dans cet article, les dates du calendrier julien sont suivies de (*).

John Churchill, né le 26 mai 1650 à Musbury en Angleterre et mort le 16 juin 1722 à Cumberland Lodge en Angleterre, comte puis 1er duc de Marlborough, est un général et homme politique anglais dont la carrière s’étend sur le règne de cinq monarques du XVIIe au XVIIIe siècle.

D’abord page à la cour de la maison Stuart, il sert loyalement le duc d'York au cours des années 1670 et au début des années 1680, gagnant promotions militaires et politiques par son courage et son habileté diplomatique. Son rôle dans la défaite de la rébellion de Monmouth en 1685 contribue à l’accession de Jacques II au trône, mais Churchill abandonne trois ans plus tard son mentor catholique pour les protestants hollandais et Guillaume d'Orange. Récompensé pour son aide à l’accession au trône de Guillaume III avec le comté de Marlborough, il se distingue dans les premières années de la guerre de Neuf Ans ; cependant, la persistance du jacobitisme provoque sa chute et son emprisonnement temporaire à la tour de Londres. Ce n'est qu'à l’arrivée sur le trône de la reine Anne, en 1702, que Marlborough atteint l'apogée de ses pouvoirs et s'assure gloire et fortune.

Son mariage avec Sarah Jennings, amie intime de la reine, lui assure en premier lieu le poste de commandant en chef des forces britanniques, puis la transformation de son comté en duché. Devenu de facto chef de file des forces alliées pendant la guerre de Succession d'Espagne, ses victoires sur les champs de bataille de Blenheim (1704), Ramillies (1706) et Audenarde (1708) le font rentrer dans l'histoire comme l'un des grands généraux d'Europe. En janvier 1711, à cause de sa relation orageuse avec la reine, Sarah est mise à l'écart de la Cour. Quelques mois plus tard, même s'il a apporté gloire et succès au règne, Marlborough perd ses fonctions pour d'autres raisons. À son retour en Angleterre en 1714, il reprend de l'influence avec l'arrivée au pouvoir de la maison de Hanovre et l'avènement de George Ier à la couronne britannique en 1714, mais à la suite d'une série d'attaques cérébrales, sa santé se détériore progressivement et il meurt le 16 juin 1722.

L'ambition insatiable de Churchill l'a propulsé de l'obscurité au-devant de la scène dans les affaires britanniques et européennes, faisant de lui le plus riche de tous les sujets de la reine Anne. Ses liens familiaux lui ont apporté un réseau de relations sur la scène européenne (sa sœur Arabella est devenue la maîtresse de Jacques II et leur fils, le duc de Berwick, l’un des plus grands maréchaux de Louis XIV). Tout au long des dix campagnes consécutives de la guerre de Succession d'Espagne, Marlborough réussit à former et tenir une coalition discordante par la seule force de sa personnalité, permettant aux armées britanniques d'atteindre un niveau qu'elles n'avaient plus connu depuis le Moyen Âge. Même s'il ne peut obtenir la capitulation totale de ses ennemis, ses victoires font de la Grande-Bretagne une grande puissance européenne, lui assurant ainsi une prospérité croissante au cours du XVIIIe siècle.

À la fin de la Première révolution anglaise en 1651, qui a vu arriver Cromwell au pouvoir, Lady Eleanor Drake reçoit à son domicile de Ashe House sa troisième fille Élisabeth et son mari, Winston Churchill. Contrairement à sa belle-mère qui a soutenu la cause parlementaire, Winston a combattu du côté des perdants et il a, comme tant d'autres cavaliers, été contraint de s'acquitter d'un dédommagement de 446 £ et 18 shillings. Même si Winston a payé l'amende dès 1651, le capitaine des Cavaliers, dont la devise Fiel pero desdichado (« fidèle, mais malheureux ») est encore utilisée aujourd'hui par ses descendants, reste très pauvre.

Winston Churchill et Élisabeth ont au moins neuf enfants, dont quatre meurent en bas âge. Leur fille aînée Arabella naît le 28 février 1649 ; le fils aîné John naît le 26 mai 1650(*). Ils ont deux petits frères : George (1654-1710), qui deviendra Admiral de la Royal Navy, et Charles (1656-1714), futur général qui sert avec John lors de la campagne en Europe. Peu de choses sont connues de l'enfance de John Churchill. Le fait de grandir dans des conditions difficiles à Ashe House, avec des tensions familiales, a peut-être laissé une marque durable sur le jeune Churchill. L'homonyme de son père, le biographe et descendant de John, et célèbre homme d'État britannique Winston Churchill, a affirmé : « [Les conditions de vie à Ashe House] pourraient bien avoir suscité deux notions qui restèrent gravées dans son esprit : d'abord la haine de la pauvreté, ensuite la nécessité de cacher ses pensées et ses sentiments à ceux que leur expression pourrait choquer ».

Après la restauration du roi Charles II en 1660, la situation financière de l'aîné des Churchill s'améliore même si elle reste loin de la prospérité. En 1661, Winston devient député de Weymouth et, comme marque de la faveur royale, il est récompensé pour les pertes qu'il a subies lors de la lutte contre les « Parlementaires » pendant la guerre civile. Ainsi est-il nommé Commissaire aux revendications territoriales irlandaises à Dublin en 1661. Quand Winston part pour l'Irlande l'année suivante, son fils John est inscrit à l'école gratuite de The King's Hospital à Dublin mais, en 1664, à la suite du rappel de son père au poste de greffier subalterne affecté au contrôle de la maison du roi à Whitehall, John se retrouve à la St Paul's School de Londres. La mauvaise situation financière du roi fait que les anciens cavaliers reçoivent peu d'argent en récompense de leur fidélité, mais le monarque est prodigue avec ce qu'il peut offrir et qui ne lui coûte rien : des postes à la cour pour leur progéniture. C'est ainsi que, en 1665, Arabella devient dame d'honneur d'Anne Hyde, la duchesse de York, rejointe quelques mois plus tard par son frère John, en tant que page de son mari, Jacques, duc d'York.

Premières expériences militaires

La passion du duc d'York pour les armées terrestres et navales déteint sur le jeune Churchill. Il accompagne souvent le duc lors de ses inspections des troupes dans les parcs royaux et envisage très vite de devenir soldat. Le 14 septembre 1667(*), il obtient un poste d'enseigne dans la compagnie du roi, la 1re Garde qui deviendra plus tard les Grenadier Guards. Sa carrière s'accélère quand, en 1668, Churchill s'embarque pour Tanger, avant-poste de l'Afrique du Nord récemment obtenu par la dot de Catherine de Bragance, épouse portugaise de Charles II. Loin des fastes de la Cour, Churchill y passe trois ans, effectuant ses premières classes de formation tactique et d'expérience du terrain lors d'escarmouches avec les Maures.

De retour à Londres en février 1671, ses traits et ses manières — décrits par Lord Chesterfield comme « irrésistibles pour un homme ou une femme » — attirent rapidement l'attention dévorante de l'une des maîtresses les plus célèbres du roi, Barbara Villiers, duchesse de Cleveland. Sa liaison avec cette séductrice insatiable s'avère dangereuse. On raconte qu'une fois, à l'arrivée du roi, Churchill a juste le temps de sauter du lit de sa maîtresse et de se cacher dans un placard, mais le roi, expérimenté en la matière, découvre le jeune Churchill qui tombe rapidement à ses genoux ; « Vous êtes un coquin, lui dit Charles, mais je vous pardonne parce que vous le faites pour gagner votre pain ». L'histoire est peut-être apocryphe (une autre version raconte que Churchill a sauté par la fenêtre), mais il est largement admis qu'il est le père de Barbara, la fille de la duchesse, née le 16 juillet 1672(*).

En 1672, Churchill prend à nouveau la mer et, le 7 juin, lors de la bataille de Solebay contre la Marine néerlandaise au large du Suffolk, son comportement valeureux à bord du HMS Prince lui vaut d'être promu — au grand dam de plusieurs officiers supérieurs — capitaine du régiment de l'Amirauté. L'année suivante, il gagne encore une citation élogieuse lors du siège de Maastricht après s'être distingué avec un commando de trente hommes qui vont, successivement, prendre et défendre avec succès une partie de la forteresse. Au cours de cette opération, on crédite Churchill d'avoir sauvé la vie du duc de Monmouth ; lui-même est légèrement blessé, mais gagne encore la reconnaissance de la maison Stuart, ainsi que celle de la maison de Bourbon. Le roi Louis XIV en personne salue l'acte. Churchill acquiert une réputation enviable de courage physique ainsi que l'estime des soldats.

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