Johan et Pirlouit est une série de bande dessinée jeunesse belge créée par Peyo, publiée pour la première fois dans le journal Spirou le 11 septembre 1952 avec Le Châtiment de Basenhau, une aventure éditée ensuite en album par les éditions Dupuis en janvier 1954. Après la mort de l'auteur, la série est reprise en 1994 aux Éditions du Lombard par Yvan Delporte (au scénario) et Alain Maury (au dessin) avec La Horde du corbeau.
Johan, l'intrépide écuyer, et son compagnon d'aventures, le nain Pirlouit (et sa fidèle Biquette), vivent dans un Moyen Âge de fantaisie, où ils font partie de la cour du roi.
Johan : jeune page aux longs cheveux noirs qui rêve de devenir chevalier. Courageux, gentil, sarcastique et intelligent, il vit au château du roi et est habile à l'épée ainsi qu'à l'arc. L'expression qu'il utilise le plus souvent est « bon sang ! ».
Pirlouit : nain d'âge indéfinissable, à l'épaisse coiffure blonde, râleur et glouton, farceur, casse-pieds, superstitieux, roublard, catastrophique musicien et chanteur, petit et chenapan, froussard devant des bagatelles mais pouvant être intrépide dans les justes combats, fidèle en amitié, il vivait de rapines dans le Bois aux Roches avant que le Roi ne l'emploie comme bouffon. Il a un cri de guerre, « Piiirlouit ! », qui lui sert aussi de cri de victoire. Il apparaît dans la série à partir de l'album no 3, Le lutin du Bois aux Roches. Il devient alors l’inséparable compagnon de Johan qu'il accompagne dans ses aventures.
Biquette : la chèvre noire de Pirlouit, incapable de résister à un chou mais ayant un fort caractère. Ses coups de cornes sont redoutables et souvent salutaires… Elle apparaît dans la série à partir de l'album no 3, Le Lutin du Bois aux Roches.
le Roi : débonnaire mais ferme, le Roi est aimé de ses sujets et de ses vassaux. Il est cependant assez caractériel et semble parfois gâteux. Il a une nièce ravissante mais pas d'héritier direct. On ne connaît pas son nom. Il apparaît dans les albums Le Châtiment de Basenhau, Le Lutin du Bois aux Roches, La Pierre de Lune, La Flèche noire, Le Sire de Montrésor, La Flûte à six schtroumpfs, Le Pays maudit, Le Sortilège de Maltrochu, La Horde du corbeau, Les Troubadours de Roc-à-Pic et La Rose des Sables.
Homnibus : enchanteur, astronome et magicien, il a le don de lire dans une boule de cristal. Il est également alchimiste[réf. nécessaire] et herboriste. Il porte une grande barbe blanche, une robe bleue et, sur la tête, un calot bleu. Il est secondé par son apprenti, Olivier, un jeune garçon roux. Tous deux vivent dans une vaste chaumière flanquée d'une tour. Ils apparaissent à partir de l'album no 4, La Pierre de Lune. Grand ami de Johan et Pirlouit, il leur vient en aide lors des situations qui requièrent quelque auxiliaire magique. Il apparaît également dans la série Les Schtroumpfs et aide ces derniers à plusieurs reprises.
Rachel : vieille sorcière, à la réputation sulfureuse, elle a un bon fond et connaît la composition de divers philtres, dont celui qui fait mourir de rire (le "vin merveilleux"). Elle apparaît dans l'album no 2, Le Maître de Roucybeuf et le no 10, La Guerre des sept Fontaines.
Le Comte de Tréville : fringant chevalier, il est un modèle pour Johan. Il est plus grand que lui, il apparaît dans les albums Le Châtiment de Basenhau, La Pierre de Lune et La Flèche Noire. Il a été mentionné par Johan au début de l'album Le Maître de Roucybeuf où il vivait dans son château.
Dame Barbe : vieille femme toujours habillée d'une robe verte, c'est la langue de vipère du château. Elle apparaît dans l'album no 7, La Flèche noire. Elle est surnommée "Dame Barbara" dans la série animée.
Les Schtroumpfs : Ce sont des petits lutins bleus. Ils font des apparitions, la plupart du temps par le biais d'Homnibus, dans La Flûte à six schtroumpfs (volume 9), Le Pays maudit (vol. 12), Le Sortilège de Maltrochu (vol. 13), La Horde du Corbeau (vol. 14) et La Nuit des Sorciers (vol. 16). Ils font aussi une apparition dans La Guerre des sept Fontaines, où le Grand Schtroumpf rejoint Johan et Pirlouit chez Rachel.
Le 11 avril 1946, Peyo, un ancien gouacheur de dessin animé mis au chômage après la faillite de la Compagnie belge d'actualités, lance dans le quotidien bruxellois, La Dernière Heure, un personnage nommé Johan. Il se recycle dans la bande dessinée, un marché porteur après la seconde Guerre mondiale ; cette dernière ayant interrompu l'importation de séries américaines en Europe, les éditeurs belges sont obligés de se tourner vers des auteurs belges pour remplacer les séries absentes. Après quelques séries éphémères (Pied-Tendre dans Riquet et Une enquête de l'inspecteur Pik), il parvient à placer Johan dans le grand quotidien après avoir rencontré le responsable des pages « jeunesse » par l'intermédiaire d'une femme qui chante dans la même chorale que lui. La première apparition de Johan est modeste, il s'agit d'un gag en quatre cases, sans paroles, qui met en scène un page blond vivant au Moyen Âge. Le second gag paraît le 1er août 1946 et s'intitule Les Aventures de Johan. Le troisième, publié le 12 septembre 1946, fait apparaître l'un des futurs personnages récurrents de Johan et Pirlouit : le Roi, qui a déjà sa barbe blanche, son manteau d'hermine et sa couronne. Au début de l'année 1947, la série devient « à suivre » et Peyo parvient à développer un peu son univers avec deux courtes histoires de quelques planches où il parvient à affiner le trait de son dessin. Il délaisse néanmoins la série et en crée d'autres comme Capitaine Coky et surtout Poussy dans le journal Le Soir.
Avec le petit succès de sa série Poussy, Peyo obtient en 1951 un plus grand espace pour placer ses planches. Il décide alors de reprendre le personnage de Johan abandonné quatre ans plus tôt. Sous le titre Johan, le petit page, il recycle le scénario d'une des histoires parues dans La Dernière Heure qui raconte l'enlèvement de la princesse par un vassal. Si l'histoire est très ressemblante, le découpage est différent et de meilleure qualité, ce qui permet de créer un suspense entre les épisodes. Le style graphique est également totalement modifié et ressemble à du semi-réalisme. La seconde histoire paraît du 12 janvier 1952 au 12 avril 1952 et s'intitule L'Attaque du château. Il s'agit d'une histoire de sept planches (publiée au rythme d'une demi-planche par semaine) qui raconte la suite de l'histoire précédente. Le dessin s'améliore et Peyo n'hésite pas à jouer avec les contrastes du noir et du blanc.
En 1951, Peyo rencontre par hasard l'un de ses anciens collègues de la Compagnie belge d'actualités qu'il avait perdu de vue, André Franquin, devenu l'un des principaux dessinateurs du journal Spirou. De son côté, Peyo essuie plusieurs refus dans sa volonté d'entrer aux éditions Dupuis, propriétaires du journal Spirou. Il profite de ces retrouvailles pour intégrer Spirou, grâce à l'intervention d'André Franquin qui présente lui-même les dessins de Peyo à Charles Dupuis. Franquin sent que Peyo veut absolument faire de la bande dessinée et trouve naturel de lui donner un coup de main, bien que les dessins de Peyo ne soient pas encore parfaits. Après une troisième histoire parue dans Le Soir, il prépare son entrée à Spirou. L'aspect graphique de Johan est modifié, notamment sa couleur de cheveux qui passe du blond au noir, et Peyo passe à des histoires en quarante-quatre planches. André Franquin l'aide et lui conseille notamment de refaire les quatre premières planches de son histoire intitulée Le Châtiment de Basenhau en modifiant les expressions des personnages ou le cadrage de la scène d'ouverture du tournoi de joute.
La série commence sa publication dans le no 752 de Spirou, daté du 11 septembre 1952. Dès le début, Peyo est victime de la censure française. Il lui est reproché une scène de torture à la planche dix où un bourreau fait boire des dizaines de litres d'eau à un troubadour pour qu'il révèle les plans de son maître. Charles Dupuis, qui craint plus que tout la censure de la commission, ne laissera pas la planche être publiée. Ainsi, la première histoire de Johan chez Dupuis compte quarante-trois planches et un mystère puisque sans cette planche, le troubadour attrape un gros ventre sans explication. Au rythme d'une planche par numéro, Le Châtiment de Basenhau termine sa publication dans le no 794 de Spirou du 2 juillet 1953 avec une grande et impressionnante bataille où le trait de Peyo commence à devenir de plus en plus ferme.