JoeyStarr (parfois orthographié Joey Starr), né Didier Morville le 27 octobre 1967 dans le 10e arrondissement de Paris (Île-de-France), est un rappeur, acteur, producteur et metteur en scène français originaire de Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Il commence sa carrière musicale en duo avec Kool Shen, sous le nom de groupe Suprême NTM, l'un des piliers du hip-hop français durant les années 1990, devenu inactif en 2001, puis reformé sept ans plus tard en 2008.
Entre 1998 et 2004, Joey et ses disc jockeys du label B.O.S.S. ont leur propre émission de radio sur Skyrock, appelée Sky.B.O.S.S.. En mai 2005, JoeyStarr fonde, avec Leïla Dixmier, le collectif Devoirs de mémoires. Depuis 2008, JoeyStarr se consacre majoritairement au cinéma. Il est notamment nommé deux fois au César pour ses rôles dans les films de son ex-compagne Maïwenn : Le Bal des actrices (2009) et Polisse (2011). Il prête également sa voix dans des films non francophones, comme Ted (2012), réalisé par Seth MacFarlane, et sa suite, Ted 2 (2015) dans lequel il double un ours en peluche vivant.
Il présente sa première mise en scène théâtrale Cette petite musique que personne n'entend au Festival d'Avignon 2023.
En dehors de sa carrière, JoeyStarr est condamné à de multiples reprises pour des faits de violences, notamment sur son ex-femme.
Le reportage de France 2 du 13 mai 2025, Aux origines l'esclavage, révèle que Didier Morville avait, parmi ses ancêtres, Reine-Sophie, esclave (née en 1768) dont la petite-fille, Julia, a été la compagne de Théobald Tascher de la Pagerie, un colon martiniquais de la même famille que Joséphine de Beauharnais. Son arrière-arrière-petite-cousine Lumina Sophie a été une meneuse emblématique de l’insurrection du sud de la Martinique en 1870, première révolte des esclaves affranchis.
Didier Morville est né le 27 octobre 1967 dans le 10e arrondissement de Paris, de parents martiniquais; sa mère avait des origines chinoises ; sa grand-mère paternelle était une quarteronne blonde. À cinq ans, son père le sépare de force de sa mère. Il ne l'a revue que dix-huit ans plus tard. Durant son enfance avec son père, il est victime de maltraitance sur mineur par celui-ci, autoritaire et incapable d'affection. Il assiste impuissant à la mort violente de son lapin, tué par son père, qui fait cuire l’animal et force son fils à en manger. De ce père, il a dit plus tard, après la sortie de sa biographie : « Il a des circonstances atténuantes. Aux Antilles, il a dû se battre pour aller à l'école. On lui demandait de ramener de l'argent à la maison, pas des devoirs. Avec moi, pas de dialogue, il avait viré ma mère. »
Il vit avec son père dans un deux-pièces de la cité Allende de Saint-Denis, classée en zone urbaine sensible, et est régulièrement maltraité par celui-ci pendant des années : « T'arriveras à rien, t'es qu'une merde. » Ces paroles influencent énormément Morville.
Entre l'âge de huit et quinze ans, il passe ses vacances dans sa famille aux Antilles, où il s'ennuie le plus clair de son temps.
À douze ans, malgré ses talents pour la rédaction, il décroche scolairement, redouble sa sixième et sa cinquième, et entre au pensionnat privé de Meudon, puis de Joinville, pour une longue durée. Il écoute alors de la musique funk, jazz-rock, mais aussi new wave, comme Kraftwerk dont il achète l'album et danse dans la cité, faute de pouvoir entrer en boîte de nuit.
À sa majorité, en 1985, son père l'expulse du domicile familial[réf. souhaitée].
De 1985 à presque 1987, durant un an et demi, il est sans domicile fixe et, à dix-neuf ans, ayant définitivement quitté le domicile de son père, il passe le plus clair de son temps dans les couloirs du métro[réf. souhaitée]. Il fait aussi quelques visites anecdotiques des catacombes. Il côtoie alors la violence qui y règne et y découvre les drogues dures[réf. nécessaire].
En 1987, il effectue son service militaire en Allemagne, à la garnison de Saint-Wendel, au 1er régiment de cuirassiers dans lequel il passe, selon ses termes, « dix-neuf mois d'enfer » et se retrouve plusieurs fois en cellule disciplinaire à la suite de différends liés à ses relations difficiles avec les représentants de l'autorité. Il en éprouve un surcroît de révolte, qu'il retranscrit dans les paroles de la chanson Quelle gratitude de l'album Authentik.
En 1983, à l'âge de seize ans, Didier Morville a fait, par l'intermédiaire de son meilleur copain du moment, la rencontre de Bruno Lopes, qui habite une résidence à côté de la cité, et qui prend par la suite le nom de Kool Shen. Il possède un poste de radio de type radio-cassette dans lequel Didier voit un moyen de s'enregistrer.
En juillet 1983, avec son nouvel ami, et d'autres, il voit évoluer, sur le parvis du Trocadéro, des breakdanceurs américains, qui font naître en lui sa première vocation : danseur de hip-hop ou smurfeur. Plus tard, Didier devient graffeur et impose partout dans Paris sa marque : « NTM ». Avant de se consacrer au rap, les deux compères font une rencontre décisive avec Jhonygo, le premier producteur d'un disque maxi-45 tours français de rap, qui leur confie n'accepter que l'« élite » du rap. Dès lors, Didier écrit avec Bruno ses premiers textes, et ils font leurs premiers concerts dans des MJC, où leurs premiers fans sont leur entourage de leur quartier[réf. souhaitée].
En 1988, après plusieurs essais de noms successifs dont « 93 NTM », le groupe NTM, plus tard renommé Suprême NTM, est créé avec Kool Shen. Lors de la sortie du premier album en 1991, Joey ne peut pas encaisser son premier chèque, faute de banque et d'adresse fixe. Après la parution de quatre albums, de nombreux singles, d'albums live et de remixes, plus de 500 concerts et une reconnaissance du public, le groupe se sépare en 1998. Morville vit cette séparation comme une véritable déchirure. Dix ans plus tard, le 13 mars 2008, il décide avec Lopes de reformer NTM pour une série de concerts à Bercy et une tournée nationale.
En parallèle à sa carrière musicale, Morville fonde sa marque de streetwear Com8 vendue aux Halles et se consacre à son label créé en 1998 : B.O.S.S., acronyme de Boss Of Scandalz Strategyz, avec DJ Spank, DJ Naughty J, DJ James et Terror Seb (un surnom donné à son manager). Son partenaire de groupe, Bruno Lopes, fonde son propre label, IV My People, qu'il vendra en 2008. Dès lors, les deux rappeurs ne se parlent plus. Une poignée de main serrée sans un mot scellera la fin de l'amitié, lors de l'enterrement de Lady V, l'ancienne compagne de Kool Shen. Avec cette boîte de production, il sort dans les années 1999, 2000 et 2004, des EP et trois compilations, qui regroupent une quinzaine de rappeurs au sein de son label, comme Lord Kossity et Sniper, qui quitteront assez rapidement le groupe pour voler de leurs propres ailes. Un disque DVD sort également : Who's The B.O.S.S., qui suit en vidéo les pérégrinations du collectif en tournée et en studio.
JoeyStarr , avec le concours de DJ Spank, produit, en 2006, d'autres artistes comme l'album d'Iron Sy (Irony), ainsi que le single de Nathy (Jump Up), et un album de D.Dy. Finalement, en 2007 le label se restreint après le départ de Naja et de la Vip-R. DJ Spank le quitte alors à son tour pour animer, en direct de New York, l'émission Radio FBI Show, qui passe sur la radio Skyrock. Pour entériner la fin du label, le groupe allemand Hugo Boss fait interdire l'utilisation de la marque.
Émissions sur Skyrock (1998–2004)