Ce Jour-là

Jochen Gerz

Artiste allemand

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Jochen Gerz, né le 4 avril 1940 à Berlin, est un artiste conceptuel d'origine allemande. Il mène l’essentiel de sa carrière artistique à Paris avant de s’installer en 2008 en Irlande.

Ses travaux ne relèvent jamais d'une seule discipline artistique. Ils doivent d'abord être compris comme des œuvres in situ où sont utilisés différents médias : écriture, photographie, vidéo, installation, mais également performance. Ses anti-monuments et son œuvre sur la mémoire l’ont fait connaître au-delà du milieu de l’art.

Jochen Gerz étudie, à Cologne la philologie allemande et anglaise, la sinologie puis, à Bâle, l'archéologie et l'histoire antique, sans terminer ses études. Il passe de la littérature à l'art.

Il débute en tant qu'auteur de poésie concrète et il est correspondant à l'étranger d'une agence de presse allemande. Il a d'abord vécu à Düsseldorf.

Jochen Gerz s'est fait connaître d'un large public par des œuvres, souvent élaborées de façon collective.

Le Monument contre le fascisme

Le monument qu'il a conçu en 1986 avec Esther Shalev-Gerz, dans le quartier Harburg de Hambourg est une colonne d'un mètre de large et de 12 mètres de haut, recouverte d'une mince couche de plomb. À côté de cette colonne il y a deux stylets et une inscription, dans sept langues, à propos de ce monument contre le fascisme, invitant les passants à signer. Aussitôt que la surface disponible était totalement écrite, la colonne devait être abaissée pour cacher ce morceau. Dans la conception, les artistes voulaient un monument où l'interaction avec les hommes devait naître, par une liste avec des noms gravés, et qui disparaissait en même temps dans le sol. Ce n'est que par une petite vitre qu'une vue devait être possible sur une partie de la colonne dont les inscriptions apparaîtraient comme semblables aux longues listes de noms faisant référence à l'holocauste, avec la différence cruciale qu'ici, les hommes sont vivants contrairement à des listes des noms de victimes.

Jochen Gerz parle à propos de cette œuvre « de nouveau type de monuments où le traditionnel court bouleversement du spectateur est remplacé par sa participation durable comme coauteur et coresponsable. »

Toutefois, assez rapidement, est apparue une autre image : la colonne a été couverte de noms, de graffitis et de slogans. Au cours des descentes successives, jusqu'à l'enfouissement complet, des traces de tirs ont été trouvées sur l'enrobage de plomb ; on a essayé aussi d'éliminer entièrement l'enrobage au pied de la colonne.

L'artiste a commenté cela ainsi : « Les lieux de mémoire sont les hommes, pas les monuments. » Ailleurs, il remarque : « Comme reflet de la société, le Monument dans le sens double est problématique, puisqu'il ne rappelle pas seulement à la société le passé, mais en plus sa propre réaction à ce passé. »

Le Monument contre le racisme et les 2146 pavés.

Jochen Gerz entreprend clandestinement, avec l’aide de ses étudiants de l’école des beaux-arts en 1990, de desceller progressivement les pavés de la place devant le château de Sarrebrück, ancien quartier général de la Gestapo et aujourd'hui siège du parlement régional. Sur chaque pavé, il inscrit le nom d’un cimetière juif d’Allemagne et le nombre de corps qu'il contient et le remet en place, l'inscription étant invisible puisque tournée contre terre, d'où le surnom du monument : Le Monument Invisible. Le nombre des cimetières donnés par les communautés juives s'élevait à l'automne 1992 à 2 146. Cette liste des cimetières juifs d'Allemagne est le résultat de l'invitation faite aux 66 communautés juives d'Allemagne (RDA incluse) de mettre à disposition les noms de leurs cimetières. Cela a donné le nom au monument : 2 146 pavés - monument contre le racisme, Sarrebruck. Cette œuvre n'est pas le fruit d'une commande, il s'agissait au contraire d'une initiative de l'artiste.

Sculpture réalisée entre 1990 et 1995 en coopération avec les 232 citoyens de Brême (sur 50 000 personnes interrogées) qui ont répondu aux questions :

Sur quel sujet doit être l'œuvre ?

Croyez-vous que vos idées peuvent être réalisées à l'aide de l'art ?

Voudriez-vous coopérer à l'œuvre d'art ?

Lors de la commande de la ville, les participants ont clairement dit que la sculpture ne devait pas être un objet matériel.

Rénovation de l'ancien monument aux morts du village inaugurée le 13 juillet 1996, à Biron, dans le Périgord.

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