Ce Jour-là

Joachim du Bellay

Poète français

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Joachim du Bellay (/ʒɔaʃɛ̃ dy bɛlɛ/), ou Joachim Du Bellay, est un poète français, né vers 1522 à Liré en Anjou et mort le 1er janvier 1560 à Paris.

Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l'origine de la formation de la Pléiade (d'abord appelée "Brigade"), groupe de poètes pour lequel du Bellay rédigea un manifeste, La Défense et illustration de la langue française.

Son œuvre la plus célèbre, Les Regrets, est un recueil de sonnets d'inspiration élégiaque puis satirique et finalement encomiastique, écrit à l'occasion de son voyage à Rome de 1553 à 1557.

Vers 1522, Joachim du Bellay naît à Liré, en Anjou, dans l'actuel département de Maine-et-Loire. Cousin de Jean du Bellay, seigneur de Gonnord, et de Renée Chabot, originaire de Liré, il appartient à la branche aînée de la famille du Bellay. C'est dans le château de la Turmelière que le poète passe les vingt premières années de sa courte vie avant de partir faire des études. Ses parents meurent alors qu'il a moins de 10 ans. De santé fragile, il est élevé par son frère aîné qui le néglige. Vers 1546, il part faire ses études de droit à l'université de Poitiers où il rencontre Salmon Macrin. En 1547, il fait la connaissance de Jacques Peletier du Mans et de Pierre de Ronsard. Il rejoint ce dernier au collège de Coqueret à Paris.

Fondation de la Pléiade et premières œuvres

Dans cet établissement, sous l'influence de Jean Dorat, professeur de grec, les deux jeunes hommes décident de former un groupe de poètes qu’ils appellent d'abord la « Brigade ». Leur objectif est de créer des chefs-d'œuvre en français, d'aussi bonne facture que ceux des Latins et des Grecs de l’Antiquité. Ce but s'accorde à la perfection avec celui de François Ier qui souhaite donner des lettres de noblesse au français. Jacques Peletier du Mans approuve leur projet et les accompagne dans leur entreprise. Du Bellay signe en 1549 un manifeste collectif, La Défense et illustration de la langue française. La Brigade se transforme en Pléiade avec l'arrivée de quatre nouveaux membres : Rémy Belleau, Étienne Jodelle, Pontus de Tyard et Jean-Antoine de Baïf. Joachim du Bellay publie dès l'année suivante son premier recueil de sonnets, L'Olive, imitant le style de l'Italien Pétrarque.

En 1553, du Bellay quitte la France pour accompagner le cardinal Jean du Bellay, cousin germain de son père, à la cour pontificale de Rome. Il doit pourvoir aux dépenses de la maison du cardinal malgré son peu de moyens financiers. Il attend avec impatience de découvrir Rome et la culture antique mais il est déçu. Chargé de l'intendance de son parent, du Bellay s'ennuie. Loin de jouir d'une liberté qu'il désirait, les intrigues de la cour du pape l'accaparent. Il est en effet mêlé directement aux événements diplomatiques entre la France et l'Italie. Il compose alors Les Regrets — œuvre dans laquelle il critique la vie romaine et exprime son envie de retrouver son Anjou natal — qui est suivie par Les Antiquités de Rome.

En août 1557, Joachim tombe malade et souffre de plus en plus de la surdité, le cardinal Jean du Bellay le renvoie en France. De retour en France, le poète loge au cloître Notre-Dame chez son ami Claude de Bize (auquel il s'adresse dans les sonnets 64, 136 et 142 des Regrets). Il doit de plus se débattre dans des difficultés matérielles. En janvier 1558, il fait publier par Fédéric Morel l'Ancien son recueil Les Regrets ainsi que Les Antiquités de Rome. La même année il écrit son poème Épitaphe d'un chat, en souvenir de son chat chartreux, Belaud, pour lequel il avait la plus grande affection et qui lui tenait compagnie lorsqu'il écrivait ou était souffrant.

Du Bellay meurt des suites d'une apoplexie le 1er janvier 1560 au no 1 de la rue Massillon à Paris, à l'âge de 37 ans. Il aurait été inhumé en la chapelle Saint-Crépin de la cathédrale Notre-Dame de Paris, aux côtés de son oncle Louis du Bellay, décédé vingt ans plus tôt[réf. nécessaire]. Mais en 1758, on ne retrouva pas le cercueil du neveu auprès de celui de son oncle.

En avril 2022 lors de fouilles menées par l'Inrap après l'incendie de la cathédrale de 2019, une dépouille est découverte dans un sarcophage en plomb. Des analyses scientifiques révèlent des traces de tuberculose osseuse et de méningite chronique sur le squelette. D'après Éric Crubézy, médecin et professeur d'anthropologie à l'université Toulouse-III-Paul-Sabatier, ces seuls indices « laissent peu de doute » sur l'identité du défunt : il s'agirait de Joachim du Bellay car le poète présentait les symptômes de ces maladies dans les dernières années de sa vie.

Cependant, les études sont encore en cours en 2024 (notamment celles qui pourront préciser l'âge du défunt) et l'identification formelle d'une dépouille peut prendre plusieurs années. Certains éléments viennent en effet la contredire, comme l'analyse isotopique qui indique que la personne enterrée a vécu « en région parisienne ou dans la région Rhône-Alpes jusqu'à ses dix ans ».

La Défense et illustration de la langue française

La Défense et illustration de la langue française (La Deffence, et Illustration de la Langue Francoyse, dans l'orthographe originale) est un manifeste littéraire, écrit en 1549 par Joachim du Bellay, qui expose les idées des poètes de la Pléiade.

Le texte, plaidoyer en faveur de la langue française, paraît dix ans après l'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui imposa le français comme langue du droit et de l'administration dans le royaume de France. Du Bellay montre sa reconnaissance envers François Ier, « notre feu bon Roi et père », pour son rôle dans le fleurissement des arts et de la culture. Le roi a en effet créé le Collège des lecteurs royaux. Il a en outre pérennisé une bibliothèque du roi alimentée par le dépôt légal et des achats. Du Bellay souhaite transformer la langue française, « barbare et vulgaire », en une langue élégante et digne. Il considère que la langue française est encore dans l'enfance et qu'il faut la fortifier en la pratiquant et en l'enrichissant par l'invention de nouveaux mots afin de la rendre aussi puissante que le sont le grec et le latin. Avec ses camarades de la Pléiade (alors appelée "Brigade") il envisage donc de l'enrichir afin d'en faire une langue de référence et d'enseignement.

L'Olive est un recueil de poèmes publié par Joachim du Bellay entre 1549 et 1550. Dans cet ouvrage, il célèbre une maîtresse imaginaire en s'inspirant de Pétrarque.

Le livre comporte d'abord cinquante sonnets écrits en 1549, suivis d'une Invective et de treize Odes. Mais il en comptera cent quinze lors de sa publication en 1550 chez Corrozet et L'Angelier.

Les Regrets est un recueil de poèmes écrit pendant le voyage de du Bellay à Rome de 1553 à 1557 et publié à son retour en 1558 par l'imprimeur Fédéric Morel, l'Ancien sis rue Jean-de-Beauvais à Paris.

Cet ouvrage comprend cent quatre-vingt-onze sonnets, tous en alexandrins. Le choix de ce mètre, plutôt que du décasyllabe, constitue une nouveauté. Contrairement au modèle pétrarquiste, le thème principal n'est pas l'amour d'une femme mais celui du pays natal et la mélancolie due à l'éloignement.

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