James Riddle Hoffa dit Jimmy Hoffa, né le 14 février 1913 à Brazil dans l'Indiana et disparu le 30 juillet 1975 à Bloomfield Township dans le Michigan (déclaré officiellement mort le 30 juillet 1982), est un dirigeant syndicaliste américain, connu pour ses liens avec la mafia et figurant sur la liste des principaux suspects d'avoir été commanditaires de l’assassinat de John F. Kennedy. Il disparaît mystérieusement le 30 juillet 1975.
Son père John Hoffa (d'ascendance allemande originaire de Pennsylvanie ou Pennsylvania Dutch) qui travaillait dans les mines de charbon, meurt en 1920 et Jimmy Hoffa est alors élevé par sa mère Viola Riddle Hoffa (d'ascendance irlandaise). En 1924, la famille déménage à Détroit ; sa mère y travaille dans une usine automobile pour subvenir aux besoins de la famille. Jimmy Hoffa demeure à Detroit jusqu'à la fin de sa vie. À 15 ans, il arrête ses études pour travailler afin d'aider sa famille. À 17 ans, il est manutentionnaire, déchargeant des wagons de marchandises pour un salaire de misère, ce qui l'incite à mener sa première grève surprise pour prendre la défense des ouvriers.
Il attire l'attention des Teamsters (syndicat des conducteurs routiers américains) qui l'embauchent dans leur section no 229 de Détroit comme « organisateur », c'est-à-dire recruteur.
Leader charismatique, préférant les grèves éclair, les boycottages, les actions courtes, rapides, imprévisibles, il n’annonce pas à l’avance ses coups. De même, les négociations sont souvent menées de manière très violente.
Le 24 septembre 1936 à Bowling Green (Ohio), il épouse Josephine Poszywak, blanchisseuse d'origine polonaise de 18 ans ; il a fait sa connaissance lors d'une grève des blanchisseuses cinq ans plus tôt. Le couple a deux enfants : une fille, Barbara Ann Crancer, et un fils, James.
En 1939, les Hoffa achètent pour 6 800 $ une modeste maison du nord-ouest de Détroit. Plus tard, le couple achète un chalet au bord d'un lac à Orion Township (en), au nord de Detroit. Son frère et un ami proche sont tués par des briseurs de grève engagés par le patronat.
Syndicalisme, commission McClellan et mafia
Jimmy Hoffa grimpe rapidement la hiérarchie du syndicat des conducteurs routiers américains, alors le plus riche du monde avec une caisse évaluée à 3 milliards de dollars. Il devient son président en 1957 grâce au soutien actif de la mafia ce qui attire l'attention du gouvernement fédéral qui depuis le conseil de la mafia d'Apalachin de la même année prend au sérieux l'existence du crime organisé.
La même année, il est placé sous le feu des projecteurs de l'opinion publique par l'action de la commission McClellan qui s'intéresse alors de très près à l'activité de la mafia dans les syndicats et qui a fait emprisonner son prédécesseur pour parjure. Le combat principal était mené par le jeune frère du sénateur John F. Kennedy, Robert Kennedy. Les deux hommes échangèrent des invectives au cours d'un interrogatoire public :
Robert Kennedy : « M. Hoffa, je serais plus réceptif à vos arguments si seulement vous n'aviez pas une quinzaine de personnes avec un casier judiciaire sous votre juridiction à Détroit (…). Je pense que vous n'avez pas le courage de vous débarrasser de ces gens. Où que vous alliez aux États-Unis, vous rencontrez des gangsters et des racketteurs. Ce n'est pas très étonnant que vous acceptiez leur argent. »
Hoffa : « M. Kennedy, c'est très choquant de vous entendre me mêler à cet argent taché de sang. Ce qui s'est passé dans la vie de ces gens ne représente pas nécessairement ce qu'ils sont aujourd'hui. Vous ne leur laissez pas la chance de le prouver. »
Une véritable antipathie se développe alors entre les deux hommes.
Il n'est pas poursuivi mais inculpé de détention de documents illégaux, car la Commission n'a pas pu prouver que le syndicat des Teamsters entretenait des liens avec la mafia. La Commission estima que la concentration des pouvoirs entre les mains du seul président des Teamsters était une menace pour le fonctionnement non seulement du syndicat lui-même mais également de la démocratie. Robert F. Kennedy vécut cette décision comme une défaite.
Il participe au blanchiment d'argent de l'Outfit de Chicago (famille mafieuse de Chicago dirigée par Sam Giancana), à travers un système complexe utilisant l'argent de la caisse de retraite des Teamsters, souvent investi à Las Vegas mais également pour blanchir l'argent issu des trafics de l'organisation criminelle. Il s'associe parfois au patronat, leur procurant des chauffeurs « occasionnels » peu payés et ne bénéficiant pas d'avantages sociaux (retraites, assurances maladie, etc.) pour leur permettre de ne pas enrôler de chauffeurs à temps complet. Certains responsables de sections syndicales sont eux-mêmes chefs d'entreprise.
À son apogée, le syndicat des Teamsters compte 90 % des employés liés au monde du transport aux États-Unis et au Canada.[réf. nécessaire]
Face à l'offensive anti-mafia de Robert Kennedy
Il devient, notamment du fait de ses liens avec la mafia, une des principales cibles de Robert F. Kennedy, devenu entre-temps ministre de la Justice du gouvernement de son frère, le président John F. Kennedy élu en Novembre 1960 face à Richard Nixon.
Jimmy Hoffa, conscient que son ennemi personnel a désormais les moyens de mener à terme son objectif d'empêcher les malversations du syndicat des Teamsters déclara à ce sujet : « Inutile de dire qu'à présent, il va se mettre en chasse de mon scalp ».