P. E. James Prentice, appelé communément Jim Prentice, né le 20 juillet 1956 à Timmins (Ontario) et mort le 13 octobre 2016 près de Kelowna (Colombie-Britannique), est un avocat et un homme politique canadien. Il est ministre sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper de 2006 à 2010, de même que premier ministre de l'Alberta et chef du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta de 2014 à 2015.
Né dans le quartier de South Porcupine, à Timmins, dans le nord de l'Ontario, au sein d'une famille de cols bleus, il est le fils d'Eric Prentice, joueur professionnel de la Ligue nationale de hockey dans les années 1940. Sa famille déménage par la suite en Alberta, où Jim suit ses études de droit à l'université de l'Alberta et à l'université Dalhousie.
En tant qu'avocat, il se spécialise dans le droit de la propriété. Membre du conseil du Calgary Winter Club, il occupe les postes de président et de directeur. Il participe en outre activement à une église presbytérienne.
Prentice rejoint le Parti progressiste-conservateur du Canada (PPCC) en 1976. Dix ans plus tard, lors des élections provinciales de 1986, il représente les progressistes-conservateurs dans le comté de Calgary-Mountain View, mais est défait par Bob Hawkesworth, candidat du Nouveau Parti démocratique. À ce moment, il est le plus jeune candidat conservateur aux élections.
De 1990 à 1993, Prentice est le responsable des finances du PPCC. Il pose sa candidature à un poste de député fédéral pour la première fois au printemps 2002 lors d'une élection partielle dans la circonscription Calgary-Sud-Ouest à la suite du départ de Preston Manning, membre de l'Alliance réformiste conservatrice canadienne (AC). Cependant, le nouveau chef de l'AC, Stephen Harper, se présente finalement dans la circonscription, remplaçant ainsi le candidat désigné auparavant par son parti, Ezra Levant. Prentice décide alors de se retirer de la course.
À la suite des élections fédérales de 2000, le PPCC détient peu de sièges à la Chambre des communes, une situation préoccupante pour un parti habitué à obtenir la première ou la deuxième place en termes de députés élus. En 2003, Prentice participe à la course à l'investiture du PPCC, en proposant un rapprochement parlementaire (pactes de non-agression dans diverses circonscriptions clés où la division du vote entre l'AC et le PPCC tourneraient à l'avantage des libéraux) dans le but éventuel de faciliter une fusion entre le PPCC et l'AC. Il s'oppose au candidat favori, Peter MacKay, qui proposait que le parti se reconstruise de l'intérieur. Prentice entame la course en prononçant un discours passionné sur les accomplissements des conservateurs, allant même jusqu'à mentionner les soldats canadiens tués lors de la bataille de Passchendaele en 1917. Il termine à la deuxième place, forçant un quatrième et ultime tour lors de la convention. MacKay est finalement élu chef du parti. Plusieurs observateurs politiques notent que, malgré sa défaite aux mains de MacKay, Prentice avait le flair pour s'attirer l'appui des conservateurs dits sociaux et des conservateurs progressistes.
En décembre 2003, le chef du parti, Peter MacKay, signe un accord de fusion avec l'AC, créant ainsi le « Parti conservateur du Canada ». Prentice sera le premier conservateur à briguer la présidence du nouveau parti, annonçant son intention le lendemain, le 7 décembre 2003, de la ratification de l'accord par les membres du PPCC. Il entame sa campagne à Calgary et la continue en Ontario. Cependant, le 12 janvier 2004, il met fin à sa campagne, citant des difficultés à obtenir de nouveaux fonds un an après son échec à la course à l'investiture du PPCC.
À l'occasion des élections fédérales de juin 2004, Prentice est élu une première fois à la Chambre des communes et accède au cabinet fantôme de Stephen Harper, alors chef de l'opposition officielle, lequel l'estime beaucoup. En 2005, il est l'un des quatre députés conservateurs à voter en faveur de la légalité du mariage entre deux conjoints de même sexe, se prévalant du droit de vote libre à sa conscience personnelle, accordé aux députés conservateurs par leur chef. Il est réélu successivement à titre de député en 2006 et 2008, accédant à chaque fois au cabinet ministériel du premier ministre Stephen Harper. Il est, à ce titre, l'un des plus influents ministres du cabinet. En 2008, en tant que ministre de l'Industrie, il pilote un projet de loi qui modifiera le cadre législatif de la propriété intellectuelle au Canada, ce qui lui vaut maintes critiques de la part de différents groupes.
Le 4 novembre 2010, Jim Prentice annonce sa démission.
Député de la Chambre des communes
En tant que candidat du nouveau PPCC lors des élections fédérales de 2004, Prentice a fait campagne dans Calgary-Centre-Nord et remporte son siège de député.
Lors d'un remaniement ministériel le 14 août 2007, Prentice est nommé ministre de l'industrie, succédant à Maxime Bernier.
Controverse autour d'un projet de loi sur le droit d'auteur
Sous la pression du gouvernement des États-Unis et de plusieurs multinationales, Prentice décide de modifier les lois sur la propriété intellectuelle au Canada. Pour plusieurs groupes de défense des droits des consommateurs, la nouvelle loi répliquera le Digital Millennium Copyright Act des États-Unis. Prentice affirme qu'il veut « amener le Canada à respecter le traité signé avec l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle ». Il a promis de voir aux intérêts des consommateurs en premier. Michael Geist, professeur de l'Université d'Ottawa, titulaire d'une chaire de recherche sur Internet et les lois touchant le commerce électronique, affirme que le projet de loi soutenu par Prentice est formulé de façon à satisfaire les groupes de pression travaillant pour le compte de multinationales américaines. Au Canada, plusieurs groupes sont opposés à des changements aux lois canadiennes touchant la propriété intellectuelle, notamment le Canadian Software Innovation Alliance, la Canadian Music Creators Coalition et la The Business Coalition for Balanced Copyright.
Le ministre Prentice affirme que la voix des consommateurs ne serait probablement pas entendue pendant des années. Il refuse de discuter avec des manifestants qui se sont déplacés pour le rencontrer, affirmant que « lorsque la ministre du Patrimoine canadien Josée Verner et moi aurons obtenu un consensus qui nous satisfait, nous introduirons un projet de loi ». Des sources anonymes à Ottawa affirment que le projet de loi serait introduit en juin 2008, alors que d'autres sources affirment qu'il ne sera pas introduit avant les vacances d'été du parlement canadien.