Ji Han-jae (en hangeul : 지한재 ; hanja : 池漢載) est né le 15 août 1936 à Andong (Gyeongsang du Nord, Chōsen, Empire du Japon) et mort le 28 janvier 2026. Il est le principal réformateur du hapkido et le fondateur du Sin Moo Hapkido.
Ji Han-jae est né à Andong en Corée, de Ji Sung Tae et Kwon Pun Nan le 15 août 1936 d’après le calendrier lunaire (D’après le calendrier occidental la date est le 30 septembre 1936. Le 15 avril est aussi célébré par beaucoup comme le nouvel an Coréen). À cause des taux de mortalité infantile élevés, les enfants étaient rarement déclarés le jour exact de leur naissance mais souvent des mois voire parfois des années plus tard. Les parents de Ji, eux, le déclarèrent le 27 octobre. Les cent premiers jours de la vie étaient souvent les plus dangereux et en Corée on célébrait l’anniversaire des cent jours pour marquer cette étape importante. C’est aussi le moment où l’enfant atteint un an, puisqu’il a aussi vécu neuf mois en sa mère. Alors que Ji était toujours bébé, sa famille déménagea à Sun Yang, en Mandchoukouo, qui fait partie de la Chine actuelle (Mandchoukouo était un protectorat Japonais formé en 1932 après l’invasion Japonaise de la Mandchourie).
Alors qu’il était à l’école, Ji commença son apprentissage informel des arts martiaux auprès de plusieurs instructeurs et moines Taoïstes qui passaient dans les villes et enseignaient aux enfants. Il commença l’école à Sun Yang, sous le système éducatif Japonais et où il apprit le Chinois et le Japonais. Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de la guerre civile en Chine, la famille Ji retourna à Andong.
Ji Han-jae commença son véritable entraînement aux arts martiaux avec le Yawara ou Daïto-Ryu Aïki-Jujutsu (nom japonais rapidement changé en Dae Han Hapki Yu Kwon Sul, sa traduction coréenne) quelques années plus tard avec Choi Yong-sul à l’âge de 13 ans. Il était un des premiers élèves de Choi, il poursuivait également des études générales au lycée à Taegu. Il obtint rapidement la ceinture noire bien qu’il fût considéré comme un étudiant junior à cause de son jeune âge. Les techniques qu’il apprit à cette époque étaient principalement des blocages articulaires, des projections, et des coups de pied bas. Choi n’avait pas encore d’école et donnait uniquement des cours privés. Ji s’entraînait avec Choi tous les jours avant et après l’école, et les jours où il n’avait pas école (ou séchait l’école), il y était toute la journée. Pendant les grandes vacances, il y passait aussi tout son temps.
Ji étudiait l’architecture et l’ingénierie à l’école, et, en même temps, vivait dans une maison qu’il avait construite lui-même. Tout en poursuivant ses études pour l’obtention de son diplôme, il travailla 10 mois en tant qu’architecte pour la ville de Taegu. Il s’entraîna à plein temps avec Choi jusqu’en 1957, date à laquelle il quitta sa ville natale, Andong, pour aller s’installer dans la capitale, Séoul.
Quand Ji Han-jae eut 18 ans, il commença son entraînement auprès de maître Lee Do-sah, fils du médecin de la famille Ji. Quand Ji alla pour la première fois aux États-Unis, il parla de lui sous l’appellation « Lee le Taoïste » (Taoist Lee) car c’était l’expression la plus parlante qu’il put trouver pour décrire Lee, son « Samrangdo » étant assez peu connu (cet ancêtre du Taekkyon aurait sa source dans l'ancienne Corée et aurait été institutionnalisé par les Structures éducatives des Trois Royaumes). L’entraînement de Ji sous la responsabilité de Lee comprenait de longues heures de méditation, le maniement du Jang-Bong (bâton long mesurant environ 1,80 m) et du Dan-Bong (bâton court de la taille d'un avant-bras), et les coups de pied du Taekkyon (ou Tek Gi Yun) coréen. La plupart des exercices que Ji apprit et pratiqua à cette époque sont similaires aux exercices plyométriques pratiqués dans les sports d’aujourd’hui.
En plus des aspects martiaux de l’entraînement, Lee accompagna aussi Ji dans les débuts de son voyage mental et spirituel. Il l’exerça à de nombreuses pratiques méditatives et respiratoires. La plupart de ces exercices était des exercices de développement du Ki (Qi en chinois) très similaires aux pratiques d’Alchimie interne Taoïste (appelées « Sundo »). Ji travailla des mois avec Lee, puis, celui-ci le quitta en lui donnant des exercices lui permettant de pratiquer malgré leur séparation. La plupart de ces exercices étaient soit des pratiques physiques, soit des pratiques méditatives, pour lesquelles Ji pratiqua des heures d’entraînement personnel en solitaire.
Longtemps après son entraînement avec Maître Lee (dans les années 70), Ji Han-jae fit la connaissance de son véritable guide spirituel : « Grand-Mère », une nonne âgée qui dirigeait un centre de soins et avait été l'instructeur de Lee (Dans la culture coréenne, il est considéré comme grossier d’appeler quelqu’un de plus vieux par son nom. De ce fait, Ji ne connaissait cette femme que sous ce surnom de « Grand-Mère ».). Celle-ci lui apprit l'aspect spirituel du Samrangdo, à la demande de Lee qui ne lui avait enseigné que les parties physique et mentale. Elle l'exerça à chanter les mantras du Samrangdo afin de développer son énergie interne et à coordonner ces trois aspects de l'être humain (physique, mental et spirituel) pour qu'ils ne fassent qu'un. Elle lui enseigna comment ouvrir le troisième œil, état comparable à l'illumination bouddhiste. Ces enseignements seraient par la suite la base du « Sin Moo ».
Ji ouvrit une école à Andong en 1956, l’appela An Moo Kwan et y enseigna le Yu Kwon Sool. C’est à cette époque que Ji mit beaucoup de ses techniques à l’épreuve. Après de longues journées d’entraînement, il passait par des zones de gang connues et était régulièrement attaqué par une ou, plus souvent, plusieurs personnes. Il déclara qu’entre 20 et 25 ans, s’il ne se battait deux ou trois fois par jour il ne pouvait fermer l’œil de la nuit. À l'époque, ses principaux élèves étaient Hwang In-shik (assistant instructeur, aujourd'hui connu pour ses films d'arts martiaux), Yu Yong-wu, Kwon Tae-man et Oh Se-lim (président de la K.H.F.).
Ji déménagea à Séoul en septembre 1957, emmenant avec lui son élèves Kwon Tae-man et laissant son école à Yu Yong-wu. Là-bas, il ouvrit une autre école qu’il nomma Sung Moo Kwan, et où il enseigna le Dae Han Hapki Yu Kwon Sool (en Japonais : Daï To Ryu Aïki Ju Jutsu). Après avoir déménagé son école en 1958, et continuant à modifier ce qu’il enseignait pour combiner ce qu’il avait appris de ses différents maîtres, Ji a finalement développé un style unique et l’a appelé Hapkido. De la Sung Moo Kwan sont issus de nombreux Grands Maîtres de Hapkido comme Kim Duk-in (Duk Moo Kwan), Kim Jin-pal (maître de Jackie Chan, Sammo Hung, Angela Mao et Carter Wong), Myung Jae-nam (Hankido), Kim Myung-yong (Jin Jung Kwan), Park Song-il (Song Moo Kwan), Han Bong-soo et Myung Kwang-sik (pionniers du Hapkido américain).
Il existe une inextricable controverse quant aux origines du Hapkido : si certains attribuent sa création à Ji Han-jae, d'autres considèrent que c'est son maître, Choi Yong-sul, qui fonda cet art martial. Une explication plausible pourrait être la suivante : à l'époque où il fonda son art (indubitablement différent de celui enseigné par Choi Yong-sul, puisqu'il y ajouta les techniques que lui avait enseigné Lee Do-sah), Ji Han-jae n'avait que 22 ans, et était toujours l'élève de Choi Yong-sul. Par respect pour son maître, Ji Han-jae aurait proposé le nom « Hapkido » à Choi Yong-sul avant de l'adopter pour son propre art, et celui-ci aurait décidé d'enseigner lui aussi sous le nom de Hapkido. Toutefois, ceci n'est qu'une théorie parmi tant d'autres, et il convient soit de s'en tenir à distinguer le Hapkido dit « moderne » de Ji Han-jae (où figurent les techniques de Jang Bong et Dan Bong du Samrangdo et les coups de pied du Taekkyon), et le Hapkido dit « traditionnel » de Choi Yong-sul (qui s'inscrit dans la continuité du Yu Kwon Sul), soit d'accepter que le Hapkido ait eu non pas un mais deux pères fondateurs.