Ce Jour-là

Jeux olympiques d'hiver de 1976

Édition des JO d'hiver à Innsbruck (Autriche)

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Les Jeux olympiques d'hiver de 1976, officiellement connus comme les XIIes Jeux olympiques d'hiver, ont lieu à Innsbruck en Autriche du 4 au 15 février 1976. La compétition a d'abord été attribuée à la ville américaine de Denver, mais la population du Colorado s'est opposée au comité d'organisation pour des raisons économiques et écologiques. La ville d'Innsbruck, qui a organisé les Jeux d'hiver de 1964 et dispose de sites sportifs récents, est donc choisie comme nouvelle ville hôte. Le contexte historique est tendu puisque ces Jeux sont les premiers depuis la prise d'otages de Munich en 1972. Les moyens consacrés à la sécurité sont adaptés en conséquence et la compétition se déroule normalement.

Les Jeux rassemblent 1 123 athlètes de 37 pays. Ils participent dans six sports et dix disciplines qui regroupent un total de trente-sept épreuves officielles, soit deux de plus qu'en 1972. L'Andorre et Saint-Marin participent pour la première fois aux Jeux olympiques d'hiver. Deux sportives remportent deux médailles d'or et une d'argent : l'Ouest-Allemande Rosi Mittermaier manque de peu un triplé historique en ski alpin et la Soviétique Raisa Smetanina domine les épreuves de ski de fond. Une autre Soviétique, Tatyana Averina, s'adjuge quatre médailles dont deux d'or en patinage de vitesse. Les Autrichiens célèbrent la victoire de Franz Klammer en descente et un doublé lors de l'épreuve de saut à ski sur grand tremplin. L'Union soviétique est première au tableau des médailles avec vingt-sept récompenses dont treize en or. Elle devance l'Allemagne de l'Est et les États-Unis.

Quatre villes déclarent leur candidature pour organiser les Jeux olympiques d'hiver de 1976 : Denver (États-Unis), Sion (Suisse), Tampere (Finlande) et Vancouver (Canada). Denver est la favorite. La plupart des installations étant déjà existantes, les organisateurs prévoient que les Jeux ne coûteraient que 14 millions de dollars, ce qui est un avantage auprès du CIO. Le 12 mai 1970, pendant sa 69e session organisée à Amsterdam, le CIO attribue les Jeux à Denver. Au troisième tour du vote, la capitale du Colorado reçoit 39 voix alors que Sion en recueille 30.

Après avoir obtenu les Jeux, le comité d'organisation de Denver est confronté à plusieurs problèmes. La population du Colorado découvre que l'estimation des coûts a été calculée selon des données incorrectes et une partie des contribuables accordent plus d'importance aux problèmes économiques de l'État qu'aux Jeux olympiques. Par ailleurs, les écologistes estiment que la construction des sites sportifs aurait un impact environnemental trop important dans les montagnes Rocheuses. Le gouverneur John Love manque de soutien tant parmi les politiques que parmi la population. Lors d'un référendum le 7 novembre 1972, la population de l'État refuse par environ 59,4 % des voix une subvention de 5 millions de dollars destinée à assurer le financement de l'événement. Denver doit alors abandonner l'organisation des Jeux de 1976. C'est la seule ville à ce jour à refuser l'organisation des jeux olympiques après avoir été sélectionnée.

Cette affaire menace de provoquer la fin des Jeux d'hiver. Le président du CIO Avery Brundage, hostile aux Jeux d'hiver à cause de leur commercialisation croissante, n'est pas mécontent en constatant les problèmes de Denver. En 1972, il déclare espérer que « les Jeux olympiques d'hiver aient un enterrement convenable à Denver ». Lord Killanin, qui le remplace la même année à la tête du CIO, est cependant déterminé à poursuivre les Jeux d'hiver. Une dizaine de villes dont Sion, Tampere et Vancouver déclarent leur intérêt à reprendre l'organisation des Jeux de 1976. Le CIO se réunit à Lausanne (Suisse) le 4 février 1973 et annonce qu'Innsbruck, en Autriche, accueillera les Jeux d'hiver de 1976. Cette ville a organisé avec succès les Jeux de 1964 et dispose encore des sites sportifs utilisés lors de ces Jeux. C'est également un moyen de rétablir de bonnes relations avec l'Autriche après la disqualification pour professionnalisme du skieur Karl Schranz en 1972.

Les Jeux d'Innsbruck sont les premiers depuis la prise d'otages de Munich en 1972, lors de laquelle des terroristes palestiniens ont assassiné onze athlètes israéliens. De plus, une prise d'otages qui a lieu six semaines avant les Jeux au siège de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole à Vienne augmente les tensions internationales. Le comité d'organisation adapte donc les moyens consacrés à la sécurité pour éliminer toute menace et cinq mille policiers et soldats sont réquisitionnés. Ils patrouillent armés et en tenue de combat afin de montrer leur présence. Le village olympique est très surveillé : les entrées et les sorties sont contrôlées et des portes métalliques contenant des capteurs électroniques entourent le complexe.

Le « Comité d'organisation des XIIes Jeux olympiques d'hiver Innsbruck 1976 » est constitué le 28 mars 1973, moins de deux mois après l'attribution des Jeux à Innsbruck. Le ministre fédéral de l'Enseignement et des Arts Fred Sinowatz en est le président alors que le maire de la ville d'Innsbruck Alois Lugger en est le vice-président. Karl Heinz Klee (en) est nommé au poste de secrétaire général. Le comité d'organisation est composé de l'assemblée générale, qui comprend les autorités et les organisations sportives autrichiennes, du bureau directeur, constitué notamment du président, du vice-président et du secrétaire général ainsi que du membre autrichien du CIO Rudolf Nemetschke (de), du comité exécutif et de diverses commissions chargées de gérer les différents aspects des Jeux.

La réutilisation des sites construits pour les Jeux de 1964 permet de limiter les dépenses. En effet, les Jeux de 1976 coûtent au total 148 millions de dollars américains, soit environ sept fois moins que ceux de 1972. Les Jeux d'Innsbruck sont à taille humaine et sont moins spectaculaires que les éditions précédentes.

Les installations sportives coûtent 230 millions de schillings : les autorités fédérales paient 200 millions de schillings, dont 110 pour la nouvelle piste de luge, 40 pour la remise en état de l'Olympia-Stadion et la construction de la piste de patinage de vitesse, 14 pour la Messehalle et la halle provisoire et 12,7 pour les tremplins de saut à ski. La ville d'Innsbruck dépense quant à elle 20 millions pour les pistes de ski alpin et de ski de fond, alors que la Société du Stade olympique participe à la modernisation de l'Olympia-Stadion à hauteur de 10 millions. Le village olympique, financé par la ville, nécessite un investissement de 394 millions.

Le comité d'organisation a 334 millions de schillings de dépenses et 274 millions de recettes ; il termine donc avec un déficit de 60 millions, comme prévu avant les Jeux. Ses dépenses comprennent notamment l'équipement des sites sportifs, le matériel, les installations pour les médias et les frais de personnel alors que ses recettes proviennent des droits de télédiffusion (141 millions), des billets d'entrée (81 millions), de la loterie olympique (22 millions), des timbres-poste spéciaux (15 millions) et des participations des pays participants (15 millions).

Les droits de télédiffusion rapportent au total 11,6 millions de dollars américains, alors qu'ils étaient de 8,5 millions de dollars quatre ans plus tôt. Cela représente 208 millions de schillings répartis entre le comité d'organisation (141 millions) et le CIO (66,5 millions). Les Jeux d'Innsbruck sont diffusés dans 38 pays (trois de moins qu'en 1972).

L'emblème des Jeux de 1976 est inspiré des armes d'Innsbruck, qui représentent le pont sur l'Inn ayant donné son nom à la ville. Le pont et les cinq anneaux symbolisent l'amitié et la compréhension entre les peuples. La mascotte Schneemann choisie par le comité olympique autrichien, créée par Walter Pötsch, est un bonhomme de neige portant un chapeau tyrolien rouge. Schneemann, comme elle est appelée en allemand, est la première mascotte officielle des Jeux d'hiver.

Un total de trente-sept nations envoie des athlètes à Innsbruck, soit deux de plus qu'à Sapporo en 1972. Le nombre d'athlètes est de 1 123, contre 1 006 quatre ans plus tôt. L'Andorre fait ses débuts olympiques alors que Saint-Marin participe pour la première fois aux Jeux d'hiver. Le Chili, l'Islande et la Turquie retrouvent cette compétition après l'avoir manquée en 1972. En revanche, la Corée du Nord, la Mongolie et les Philippines, qui ont participé à Sapporo, ne concourent pas à Innsbruck.

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