Ce Jour-là

Jesús-Rafael Soto

Artiste vénézuélien

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Jesús Rafael Soto est un plasticien, sculpteur et peintre né le 5 juin 1923 à Ciudad Bolivar (Venezuela) et mort le 14 janvier 2005 à Paris 3e.

Il est principalement reconnu pour ses travaux d'art cinétique — œuvres mises en mouvement grâce à un moteur, vent, impulsions, effets visuels —, usant du regard du spectateur pour mettre en mouvement ses œuvres. Le grand public le connaît par ses Pénétrables et de ses œuvres monumentales sérielles.

Premières années au Venezuela, 1923-1942

Jesús-Rafael Soto est né le 5 juin 1923 à Ciudad Bolívar. Son père Luis Garcia Parra est musicien et sa mère Emma Soto est femme au foyer. Ils partagent leur modeste maison avec plusieurs autres membres de leur famille.

Il rentre à l'école primaire dès 1929 et fait des petits boulots notamment de livraison de colis entre Ciudad Bolívar et Soledad. Issu d'une famille pauvre, il est difficile pour lui d'obtenir des fournitures de dessin, mais sa grand-mère lui en procure et Soto commence à dessiner à l'âge de 5 ans. En 1933, ses parents divorcent et le peintre est éduqué de façon violente et rigoureuse par son oncle maternel.

En 1934, il est inscrit à l'institut El Colegión, où il obtient de bonnes notes mais échoue aux examens de fin d'année. Ensuite, il abandonne l'école et se rend à Maracaibo pour travailler avec son oncle. En avril 1935, il retourne à Ciudad Bolívar et obtient son diplôme d'études supérieures. La même année, il apprend à jouer de la guitare et copie des reproductions de peinture qu'il trouve dans les magazines ou dans les livres. En 1936, il intègre l'Institut Aristeguieta pour terminer ses études universitaires.

Vers 1939, il commence à travailler comme affichiste pour un cinéma de la ville et dessine les affiches à la main. En 1940, il rencontre un groupe d'étudiants surréalistes qui l'encouragent à commencer une carrière d'artiste.

La période académique à Caracas, 1942-1950

Grâce à une bourse, il étudie l'art et l'histoire de l'art à partir de septembre 1942 à l'École des arts plastiques et appliqués de Caracas. Il apprend la peinture avec Antonio Edmundo Monsanto et y rencontre Carlos Cruz Diez, Alejandro Otero et Pascual Navarro. Durant cette période Soto est notamment influencé par les travaux de Paul Cézanne. Ses premiers paysages et natures mortes montrent son penchant pour le cubisme. En 1943, il expose ses premières œuvres figuratives au Salon d'art vénézuélien de Caracas. En 1947, il met un terme à ses études et devient le directeur de l'Escuela de artes plasticas de Maracaibo.

Installation à Paris et les Disidentes, 1950-1955

Soto se rapproche du groupe des Disidentes qui s'est formé à Paris. S'y trouvent ses anciens camarades de classe qui ont déjà immigré en France. Leurs volontés artistiques se rapprochent de Piet Mondrian, De Stijl, Bauhaus, Kasimir Malevitch, László Moholy-Nagy, Gabo et Pevsner. Ils ont une position critique envers l'art figuratif qui se pratique alors au Venezuela. Ils optent pour la tendance à l'abstraction géométrique et sont proches du groupe des Madí.

En 1950, Soto obtient une bourse d'études pour aller à Paris, il est recueilli par les artistes vénézuéliens du groupe, mais le décalage frappe le peintre. Le monde artistique français et européen est loin de ce qu'il a étudié à Caracas. Le peintre a l'impression d'avoir environ 30 ans de retard sur le monde artistique. Malgré cela, dès 1951 il est parrainé par le praticien de l’abstraction, Auguste Herbin. Ce dernier le fait participer pour la première fois au Salon des réalités nouvelles. Il assiste aussi aux conférences de l'atelier d'art abstrait fondé par Jean Dewasne et Edgard Pillet.

En 1952, il collabore avec Alejandro Otero, Alexander Calder, Fernand Léger, Antoine Pevsner, Henri Laurens, Hans Arp, et d'autres dans le Proyecto de Integración de las Artes à l'université centrale du Venezuela, dirigé par l'architecte Carlos Raúl Villanueva ; le projet a été conçu pour intégrer à l'architecture l'art des modernistes d'avant-garde.

Apport à l'art cinétique, 1955-2005

En avril 1955, il participe à l'exposition Le Mouvement à la galerie Denise René à Paris. Cette exposition est considérée comme l'acte de naissance de l'art cinétique en France et en Europe. Pour Jean Clay c'est le moment où Soto bascule définitivement dans l'art cinétique avec sa première œuvre en mouvement, Spirale. Il explore les problèmes perceptuels du système abstrait-constructiviste ; avec des idées auxquelles contribuent Victor Vasarely, Yaacov Agam, Jean Tinguely, et Julio Le Parc. Son exploration s'approfondit et augmente quand il se familiarise avec le travail de Marcel Duchamp. Soto voit l’œuvre Rotative en demi-sphère (1921) de ce dernier à la galerie Denise René lors de l'exposition Le Mouvement. Alors que cette dernière a déjà commencée Soto s'inspire de ce travail et expose Spirale quelques jours plus tard.

Soto développe un vocabulaire cinétique qui permet de produire différentes formes de vibrations optiques : celles-ci, à leur tour, modifient l'espace et la perception du visionneur. Il expérimente également les plans chromatiques et les qualités de la couleur, explorant les rapports entre les lignes parallèles et la figure, et entre le fond et le premier plan, afin de produire du mouvement dans les peintures, des constructions tridimensionnelles, et des reliefs.

Par ses travaux, il se trouve régulièrement en lien avec les artistes du GRAV (Groupe de recherche d'art visuel), comme François Morellet, Julio Le Parc ou Joël Stein, mais sans jamais intégrer réellement le groupe. Soto préfère rester indépendant malgré les nombreux rassemblements d'artistes à cette époque comme le Groupe N à Padoue, le Groupe T à Milan, le Groupe Zéro à Düsseldorf, le Groupe Nul en Hollande, le Groupe Dvizhenie à Moscou, le Groupe Anonima de Cleveland.

Jesús Rafael Soto meurt dans sa résidence parisienne, le 14 janvier 2005. Il avait décidé que sa tombe se trouverait dans le cimetière du Montparnasse (division 2), en souvenir de sa vie parisienne loin du Venezuela. À posteriori, Soto est un artiste particulièrement exposé en France, mais aussi dans le monde entier, entraîné par le regain d'intérêt pour l'art cinétique qui s'est opéré au début dans les années 2000.

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