Ce Jour-là

Jerry Goldsmith

Compositeur de musique de films, chef d'orchestre et pianiste

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Jerry Goldsmith est un compositeur américain, né le 10 février 1929 à Pasadena (comté de Los Angeles) et mort le 21 juillet 2004 à Beverly Hills. Essentiellement connu pour ses musiques de films, il a également écrit quelques œuvres de concert. Depuis ses débuts dans les années 1950, il a composé un peu plus de 250 musiques pour le cinéma et la télévision.

Parmi ses compositions les plus célèbres, figurent les musiques des films La Planète des singes, Papillon, Chinatown, Alien, le huitième passager, Rambo ou encore Gremlins. Il a obtenu de nombreuses récompenses, dont un Oscar de la meilleure musique pour La Malédiction. Au cours de sa carrière, il travailla de manière privilégiée avec certains cinéastes comme Robert Wise (La Canonnière du Yang-Tse, Star Trek, le film), Joe Dante (Gremlins, Explorers, Small Soldiers) ou Paul Verhoeven (Total Recall, Basic Instinct, L'Homme sans ombre) mais sa collaboration avec Franklin J. Schaffner fut la plus notable (La Planète des singes, Patton, Papillon, Ces garçons qui venaient du Brésil). Il a également travaillé avec Steven Spielberg sur Poltergeist et sur le film à sketches La Quatrième Dimension.

Plusieurs ballets ont par ailleurs été tirés de ses musiques de films, notamment aux États-Unis et en Australie.

Jerrald « Jerry » King Goldsmith est né le 10 février 1929 à Pasadena, dans le comté de Los Angeles aux États-Unis. Il est le fils de l'institutrice Tessa Rappaport dit « Tessie » et de l'ingénieur Morris Goldsmith. Sa famille compte plusieurs musiciens amateurs : sa mère est pianiste, son père pratique le violon et son cousin Joseph Zirker joue de la flûte.

Jerry Goldsmith, dont les grands-parents maternels étaient d'origine juive roumaine, a passé toute sa jeunesse à Los Angeles où il apprend le piano dès six ans. Vers l'âge de treize ans, il se perfectionne auprès de Jakob Gimpel (qui jouera plus tard, en tant que pianiste soliste, sur certains enregistrements des bandes originales de son élève comme La Planète des singes). À cette époque, il envisage une carrière de pianiste concertiste et même de devenir un compositeur de musique pure.

À 16 ans, il apprend l'art de la composition, du contrepoint et de la théorie musicale avec le compositeur italien Mario Castelnuovo-Tedesco. Estimant que ce dernier « faisait une fixette stylistique sur la fin du XIXe siècle » en matière de composition, l'adolescent décide d'étudier dans le même temps avec d'autres enseignants dont les compositeurs Eric Zeisl, Ernst Křenek et Buddy Baker au Los Angeles City College.

Il suit ensuite les cours de musique de film dispensés à l'Université de Californie du Sud par le maestro Miklós Rózsa, à qui il voue une grande admiration depuis qu'il a entendu sa partition pour La Maison du docteur Edwardes en 1945. C'est la vision de ce film qui lui donnera la vocation d'écrire pour le cinéma.

Puis il se lance dans la vie active en travaillant entre autres comme pianiste accompagnateur, répétiteur vocal, assistant de chef de chœur et de chef d'orchestre au département « opéra » du Los Angeles City College.

Au début des années 1950, alors qu'il vient juste de se marier, il est embauché au département musical de la chaîne CBS. Sous la direction de Lud Gluskin, il y travaille d'abord comme simple commis dactylo puis copiste.

Quelques mois plus tard, il décroche ses premiers engagements en tant que compositeur pour des séries radiophoniques comme Escape, Romance et Suspense.

Puis, à partir de 1955, il écrit des musiques pour des émissions télévisées diffusées en direct comme Climax!, Studio One, Playhouse 90 et General Electric Theater. Jusqu'en 1960, il travaillera sur une quantité importante de productions télévisuelles qui lui feront côtoyer ses futurs partenaires de cinéma, tels John Frankenheimer et surtout Franklin J. Schaffner avec lequel il entretiendra une grande complicité. Interrogé par Mark Russell et James Young, le compositeur se souvient qu'il devait « être capable de composer plusieurs morceaux dans l'heure qui séparait la séance d'habillage du passage à l'antenne », sans même avoir le temps de faire la moindre répétition avec le petit orchestre qu'il dirigeait.

C'est en 1957 qu'il écrit sa toute première bande originale pour le cinéma avec L'homme au bandeau noir, un western à petit budget. Dans les décennies suivantes, on lui confiera la musique de nombreux autres westerns tels que Rio Conchos, Sept secondes en enfer ou Deux Hommes dans l'Ouest, un genre qu'il renouvelle en introduisant des influences plus modernistes au style traditionnel hérité de Aaron Copland.

Après L'homme au bandeau noir, il entame une longue carrière, au cours de laquelle il va se consacrer à écrire pour l'image pendant presque 50 ans. Très exigeant envers son travail et celui de ses collègues, il affirmait en 1998 :

« Que ce soit pour moi ou pour les autres, il y a cinq grandes partitions par an et cinq chefs-d'œuvre par décennie. Le reste demeure assez creux. »

— Jerry Goldsmith, Dreams to Dreams no 12 (1998).

Les années d'expérimentation (1960-1970)

À partir de 1960, il compose la musique de nombreux épisodes de séries télévisées comme Thriller, Gunsmoke et surtout La Quatrième Dimension, une série de science-fiction où il commence à développer un style singulier qui deviendra vite sa marque de fabrique, entre autres dans les épisodes Quatre d'entre nous sont mourants et Les Envahisseurs. On lui doit aussi les thèmes de séries populaires comme Le Jeune Docteur Kildare ou Des agents très spéciaux.

Grâce à l'appui du célèbre compositeur Alfred Newman, il gagne la confiance des studios Universal qui ne tardent pas à lui confier la musique du western dramatique Seuls sont les indomptés en 1962, avant qu'il n'écrive celle de Freud, passions secrètes de John Huston, pour laquelle il est cité pour la première fois à l'Oscar de la meilleure musique. S'inscrivant dans les pas de pionniers comme Leonard Rosenman, la partition atonale qu'il compose pour Freud, passions secrètes s'inspire autant de la Seconde école de Vienne que de l'esthétique de Béla Bartók (à qui il emprunte un fragment de l'adagio de sa Musique pour cordes, percussion et célesta pour le thème de l'hypnose). Après cette nomination aux Oscars, il enchaîne les contrats avec les plus grands studios, dont la 20th Century Fox. En 1964, il expérimente de nouveau l'écriture atonale pour le drame Shock Treatment puis, un an plus tard, pour le film d'espionnage Station 3 : Ultra Secret dont la musique est bâtie sur un thème sériel.

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