Ce Jour-là

Jephan de Villiers

Sculpteur français

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Jephan de Villiers, né Jean-François Le Jolis de Villiers au Chesnay-Rocquencourt le 4 avril 1940, est un sculpteur français.

Vers l’âge de quatorze ans, de Villiers commence à réaliser de vastes villages en terre, en écorce et en feuilles dans le jardin de sa grand-mère, près de Versailles. Quelques années plus tard, il remplit de gouaches des coquilles d’œuf qu’il projette ensuite par la fenêtre sur de grandes feuilles de papier noir. Passionné par le cirque, le théâtre et le mime, il développe très tôt un goût pour la mise en scène et la création plastique. Son activité de sculpteur et de poète ne cessera jamais.

Après ses études, il effectue son service militaire comme sous-lieutenant de cavalerie en Algérie. Dans les années 1960, il découvre l’atelier reconstitué de Constantin Brancusi, une rencontre déterminante pour sa pratique artistique. En 1966, naissent à Paris les Structures aquatiales, premières œuvres d’un univers personnel en expansion. L’année suivante, il s’installe à Londres, où il expose régulièrement son travail.

En 1976, lors d’un voyage à Bruxelles, Jephan de Villiers découvre la forêt de Soignes et y ramasse son premier « bois-corps », préfiguration du Voyage en Arbonie. Dès lors, l’ensemble de ses matériaux provient de ce monde secret des végétaux tombés au sol, où ils se décomposent et se transforment. Racines, écorces de bouleau et bogues, glanées au fil de ses promenades, deviennent dans ses mains des peuples de nomades, des forêts en marche, ou encore des anges chevauchant des ours géants. Ce «peuple de bois mort» avance en longs défilés silencieux, formant d’étranges tribus issues d’un territoire imaginaire.

Des Fragments de mémoire ont depuis été déposés à travers le monde.

Depuis 2000, Jephan de Villiers vit et travaille en Charente-Maritime non loin de l'estuaire de la Gironde. En 2005, un espace d'exposition permanente a été inauguré en Haute-Saintonge.

De nombreux écrivains, poètes et critiques d'art ont écrit sur son travail de sculpteur dont voici quelques extraits:

« Aussi singulier et incomparable que soit son univers, Jephan de Villiers fait partie de cette famille d’artistes que réunit une commune affinité avec la perception archaïque du monde, une commune attirance pour les matières, les techniques, la sensibilité des réalités antérieures, sociétés primitives de la civilisation agricole détrônée par l’industrie, voire tribus paléolithiques des origines. Une nostalgie en somme des époques où l’homme, encore noyé dans la pensée sauvage ou venant tout juste d’inventer l’écriture, semblait faire corps avec son environnement naturel, dont la société des laboratoires, des usines et des bureaux l’a irrémédiablement éloigné depuis. (...)

À l’époque où disparaissent les dernières sociétés primitives, il est significatif que certains artistes éprouvent le besoin d’en réinventer d’autres, purement imaginaires, de magnifier aussi, comme Jephan de Villiers, le microcosme quasi subliminal d’une nature qui ici ou là paraît tomber en ruines, qu’ils s’attachent en somme à recycler dans leurs rêves les fragments des mondes engloutis. Par l’excès même de ses succès technologiques, la révolution industrielle triomphante réactive aujourd’hui la nostalgie des civilisations défuntes et de leurs technologies disparues. Ce n’est pas un hasard si, au moment précis où l’homme accède à l’immortalité de la réalité virtuelle s’impose, symétriquement, le retour symbolique à la terre, aux feuilles et aux racines, comme dans l’univers poétique archaïsant de Jephan de Villiers. »

Laurent Danchin, Aux frontières de l'art brut éd. Le livre d'art - col. Mycelium, 2014. Extrait pages 219 à 221 L’Arbonie, une civilisation archaïque imaginaire (ISBN 978-2-35532-181-8)

« Une œuvre qui nous force à imaginer, qui nous projette vers la précarité de notre humanité, moments fugaces de notre durée. La forêt est source de trésors. Encore faut-il savoir en lire les secrets... artiste à la fois sculpteur, poète et metteur en scène, qui utilise les mousses, plumes, feuilles et "bois-corps » que lui offre la forêt. Ces matériaux nés du vent, de l'humus et des ans lui donnent l'occasion de mettre en parallèle la mémoire de l'homme et la mémoire du bois. Extrait texte, Le peuple sous l'écorce éd. du Rouergue 2007 (ISBN 978-2-8415-6836-9)

« Jephan de Villiers n'arrache, ni ne prend. Tout ce qu'il utilise vient du monde des choses tombées. Des corps végétaux chutent vers la terre, y pourrissent et y meurent. Jephan en ramasse certains. "Ceux qui m'appelle", dit-il. Il les couche près de lui en son atelier, et, un jour, les choisit et "les élèves pour la deuxième fois". La première fois, c'est l'arbre qui les porte vers le haut. Puis cela tombe, s'enfuit et se perd, si personne n'y prend garde. Mais qu'on réponde à l'appel, qu'on élise et conserve, faisant confiance au temps, et le petit morceau de forêt trouve son second souffle... » Extrait du texte L'enfant qui portait la forêt sur son dos Caroline Lamarche 2021

Période Blanche, de 1965 à 1976, entre Paris et Londres

1965 Première exposition de peintures Floralies spatiales, Paris France

1966 Ron Morgan Gallery, Coventry Grande-Bretagne

1967 Première exposition de sculptures Structures Aquatiales, Paris France / Peter Hyde Gallery, Londres Grande-Bretagne

1968 Structures Aquatiales Cathédrale de Coventry, Grande-Bretagne / Kensington Art Gallery, Londres, Grande-Bretagne

1969 Université de Reading, Grande-Bretagne / Jeu d'échec Aquatial David Hick Gallery, Londres Grande-Bretagne / Jeu d'échec Aquatial, Galerie André Pacitti, Paris France / Belgrade theatre, Coventry Grande-Bretagne

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