Jennifer Connelly [ˈd͡ʒɛnɪfɚ ˈkɒnəli] née le 12 décembre 1970 à Cairo (État de New York), est une actrice américaine.
Elle commence en tant qu'enfant mannequin dans des magazines et des publicités avant de faire ses débuts d'actrice à 12 ans dans un petit rôle dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone qui sort en 1984. Grâce à sa prestation, elle est choisie immédiatement après par Dario Argento pour tenir le rôle principal de Phenomena (1985), mais c'est surtout son interprétation de Sarah Williams dans Labyrinthe (1986) aux côtés de David Bowie qui lui apporte la célébrité à 15 ans.
Elle met temporairement sa carrière d'actrice en pause pour étudier la littérature anglaise à Yale puis le théâtre à Stanford avant de revenir au cinéma. Elle est refusée pour le rôle principal de Pretty Woman car le réalisateur l'estime trop jeune pour incarner une prostituée et connaît des échecs avec Hot Spot, Une place à prendre, Les Aventures de Rocketeer, D'amour et d'ombres, ou encore Les Hommes de l'ombre, avant d'être finalement « découverte » à 30 ans par les critiques pour ses rôles dans Dark City (1998) et surtout Requiem for a Dream (2000) de Darren Aronofsky.
En 2002, elle remporte l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de l'épouse de John Forbes Nash dans Un homme d'exception (2001) de Ron Howard aux côtés de Russell Crowe. Cela lui permet ainsi de tenir ensuite de nombreux rôles secondaires dans diverses superproductions hollywoodiennes comme Hulk (2003) avec Eric Bana, Blood Diamond (2006) avec Leonardo DiCaprio, Le Jour où la Terre s'arrêta (2008) avec Keanu Reeves, Noé (2014) où elle retrouve Darren Aronofsky et Russell Crowe, Alita: Battle Angel (2019) et enfin Top Gun: Maverick (2022) avec Tom Cruise. Durant cette période, les films plus modestes où elle tient le rôle principal sont cependant des échecs comme avec House of Sand and Fog (2003), Dark Water (2005), Virginia (2010), L'Attrape-rêves (2014) ou encore Shelter (2014).
Fille unique d'Ilene (Eileen), juive ashkénaze d'origine polonaise et russe, revendeuse d'antiquités et Gerard Karl Connelly, catholique d'origine irlandaise et norvégienne, fabricant de vêtements, Jennifer Lynn Connelly grandit dans le quartier de Brooklyn Heights, dans l'arrondissement new-yorkais de Brooklyn, près du pont de Brooklyn et a fréquenté l'école de Saint Ann (en), une école privée spécialisée dans les arts. Son père souffrant d'asthme, la famille déménage à Woodstock en 1976, pour échapper au smog de la ville. Quatre ans plus tard, la famille revient à Brooklyn Heights et Jennifer retourne à l'école de Saint Ann.
Quand elle a dix ans, un ami publicitaire de son père suggère de lui faire passer une audition comme mannequin. Ses parents envoient une photo d'elle à l'agence Ford Model Management qui l'ajoute peu de temps après à sa liste. Elle commence ainsi à poser pour des publicités de magazines et de journaux, puis dans des publicités télévisées. Elle apparaît à plusieurs reprises en couverture du magazine américain pour adolescents Seventeen en 1986 et 1988. En décembre 1986, elle enregistre deux chansons pop pour le marché japonais : Ai no Monologue et Message of Love. Elle chante en japonais phonétique car elle ne parle pas la langue. Dans une interview, elle déclare qu'après avoir été mannequin, elle n'aspirait pas à devenir actrice.
Dès ses 11 ans, sa mère l'emmène à des auditions et elle obtient rapidement son premier rôle au cinéma, celui de Deborah Gelly dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, qui est convaincu de sa performance et de la similitude de son nez avec celui d'Elizabeth McGovern, qui incarne le rôle adulte. Elle obtient ensuite son premier rôle principal dans le film d'épouvante fantastique Phenomena de Dario Argento sorti en 1985. La même année, elle partage l'affiche avec Byron Thames (en) et Maddie Corman du « film pour ados » Seven Minutes in Heaven, première réalisation de Linda Feferman.
Après été choisie en 1986 par le réalisateur Jim Henson qui auditionnait de jeunes actrices depuis plus d'un an, elle est opposée à David Bowie dans le film de fantasy Labyrinthe. Elle y joue le rôle de Sarah Williams (en) qui traverse le royaume des gobelins afin de retrouver son frère. Important échec au box office, le film arrive malgré tout à trouver son public au fil des années.
En 1988, elle entre à l'université Yale. Deux ans plus tard, elle quitte Yale pour l'université Stanford où elle reste un an. Mais elle n'achève jamais ses études. Elle revient à sa carrière d'actrice dans des films comme Les Aventures de Rocketeer (1991), Fièvre à Columbus University (1995) et Dark City (1998).
Bien qu'elle ait été dans le métier depuis l'adolescence, ce n'est qu'à l'âge de 30 ans qu'elle est « découverte » par la critique. Le début de la reconnaissance vient notamment grâce à sa prestation dans Requiem for a Dream (2000) de Darren Aronofsky, présenté en avant-première au Festival de Cannes de 2000. Évoluant aux côtés de Jared Leto ou encore Marlon Wayans, elle joue la junkie Marion Silver, qui connait une descente aux enfers la conduisant vers la prostitution. Afin de préparer le rôle, elle a notamment décidé « d'habiter le personnage », en se mettant à peindre, à écouter de la musique ou encore concevoir des vêtements en lien avec le personnage. La même année, elle faisait encore partie de la distribution d'une nouvelle série arrêtée au bout de 2 mois et sept épisodes, faute d'audiences[réf. nécessaire], The Street. Elle apparait également dans le biopic Pollock, dans lequel elle tient le rôle de Ruth Kligman, la maitresse du peintre Jackson Pollock, ici incarné par Ed Harris qui signe sa première réalisation.
En 2001, elle est une nouvelle fois acclamée pour son rôle d'Alicia Nash (en) dans le biopic Un homme d'exception de Ron Howard, pour lequel elle reçoit l'Oscar du meilleur second rôle féminin. Pour ce film, elle a décidé de rencontrer la personne qu'elle incarne.
L'Oscar lui permet d'être désormais convoitée par les studios : en 2003, elle incarne ainsi la scientifique Betty Ross dans le « blockbuster » Hulk, réalisé par le cinéaste taïwanais Ang Lee et d'après le personnage de Marvel Comics crée par Stan Lee et Jack Kirby. Jennifer Connelly déclare être intéressée par le point de vue philosophique d'Ang Lee par rapport au personnage, ce dernier déclarant que le film est une « tragédie grecque » et un « psychodrame ». Le film, porté par Eric Bana, n'obtient cependant qu'un succès mitigé de la part de la critique et du public. L'actrice défend la même année une production bien moins exposée : le thriller psychologique House of Sand and Fog de Vadim Perelman. Dans cette première réalisation du cinéaste russo-américain, elle incarne une nouvelle fois une femme addict, ici à l'alcool, qui tente de reprendre possession de sa maison qui est entre les mains d'un ancien colonel iranien campé par Ben Kingsley. Si le film est globalement bien reçu, la prestation de l'actrice se fait remarquer, un critique de la BBC déclarant : « Connelly […] convainc totalement en tant que femme égoïste, désespérée et solitaire qui avoue à son frère « Je me sens juste perdue ». ».
Elle décide de rester dans ce registre noir et adulte : d'abord en tête d'affiche du thriller horrifique Dark Water — remake du film japonais homonyme sorti en 2002 — de Walter Salles, sorti en 2005 ; puis en évoluant dans une nouvelle production à « Oscars », le drame psychologique Little Children, coécrit et réalisé par Todd Field. Dans ce film sorti en 2006, qui reçoit d'excellentes critiques, l'actrice évolue aux côtés de Kate Winslet et Patrick Wilson.
Elle tourne dans la foulée un autre drame indépendant : Reservation Road (2007), avec Mark Ruffalo et Joaquin Phoenix. Si le film lui-même ne convainc pas vraiment, la prestation de Jennifer Connelly est à nouveau saluée par plusieurs critiques et obtient un Hollywood Film Awards dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle.
Jennifer Connelly décide aussi, parallèlement, de revenir vers des grosses productions : en 2006 puis 2008, elle tient les premiers rôles féminins du film d'aventures Blood Diamond d'Edward Zwick, aux côtés de Leonardo DiCaprio et du thriller de science-fiction Le Jour où la Terre s'arrêta de Scott Derrickson, aux côtés de Keanu Reeves. Si le premier divise la critique, le second est un échec. Un échec critique qui sera suivi par beaucoup d'autres.