Ce Jour-là

Jeanne Mance

Co-fondatrice de Montréal

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Jeanne Mance, née le 12 novembre 1606 à Langres en France, morte le 18 juin 1673 (à 66 ans) à Montréal (Ville-Marie), est une pionnière de la Nouvelle-France.

Elle a fondé et dirigé l’Hôtel-Dieu en plus d'être la première infirmière laïque au Canada. Elle est reconnue en 2013 comme vénérable par l'Église catholique et peut être fêtée localement le 18 juin. Jeanne Mance est aujourd'hui considérée comme cofondatrice de Montréal avec Paul Chomedey de Maisonneuve.

Jeanne Mance, née le 12 novembre 1606 à Langres, en France, est le deuxième des douze enfants de Charles Mance, procureur du roi de France à Langres, un important évêché en Champagne, et de Catherine Emonnot, fille du procureur Laurent Emonnot. Le jour de sa naissance, elle est baptisée à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul, à Langres.

Elle tombe gravement malade à 16 ans et est sauvée de justesse par les médecins. Suite à cette maladie, elle garde une santé fragile le reste de sa vie. Jeanne déploie une grande activité au sein de sa famille, issue de la bourgeoisie de robe, et du cabinet juridique de son père. Ce dernier meurt au début de l'été 1630, suivi par sa mère, deux ans plus tard, en juillet 1632.

Étant l'une des ainées, Jeanne, avec l'aide de sa sœur Marguerite, travaille afin d'assurer la subsistance de ses frères et sœurs mineurs. N’ayant pas d'inclination pour la vie religieuse non plus que pour le mariage, Jeanne s'initie au métier de soignante, en se consacrant aux victimes de la guerre de Trente Ans et de la peste, deux fléaux qui ravagent Langres dans les années 1630.

Au XVIIe siècle, la France catholique baigne dans une piété qui nourrit un vaste élan missionnaire. Jeanne, qui a grandi dans un milieu dévot et qui compte, dans sa famille, plusieurs ecclésiastiques qui ont séjourné en Nouvelle-France, était prédisposée à entendre cet appel. À 33 ans, elle découvre sa vocation missionnaire et veut rejoindre la Nouvelle-France alors en pleine expansion.

En avril 1640, elle revoit, à Langres, son cousin germain, Nicolas Dolebeau, chapelain de la Sainte-Chapelle de Paris et précepteur du neveu de la duchesse d’Aiguillon, qui lui donne des nouvelles du mouvement missionnaire en Nouvelle-France. Il lui présente la Relation de 1639 des jésuites qui vient de paraître. Jeanne apprend que Madame de La Peltrie, une veuve fortunée, est partie pour Québec en 1639, avec Marie Guyart (Marie de l'Incarnation), ainsi que des religieuses ursulines et hospitalières. Madame de La Peltrie doit y fonder un hôpital financé par la duchesse d’Aiguillon. Une femme, de surcroît laïque, matérialise ainsi le rêve de Jeanne de servir en Nouvelle-France. Elle n'en est que plus déterminée à le réaliser.

Sur les conseils d'un jésuite, elle part pour Paris le 30 mai 1640 afin de rencontrer le père Charles Lalemant qui a vécu huit ans en Nouvelle-France et gère maintenant l’intendance des missions jésuites canadiennes. Durant son séjour parisien, en plus du père Lalemant, elle fera la connaissance du père Jean-Baptiste Saint-Jure, recteur du noviciat des Jésuites, qui deviendra son directeur spirituel. Grâce à eux, et à Charles Rapine, provincial des récollets, elle rencontre Angélique de Bullion, une riche veuve d’un surintendant des finances qui veut elle aussi établir un hôpital au Canada dans un lieu qui reste encore à déterminer. Jeanne accepte de mener à bien ce projet. Mme de Bullion souhaite cependant rester dans l'ombre. C'est Charles Rapine, l'un de ses parents, qui sera son intermédiaire auprès de Jeanne. Le baron Gaston de Renty veillera pour sa part à la gestion des fonds pour l'hôpital.

Au printemps 1641, Jeanne se rend à La Rochelle où une flotte doit partir pour la Nouvelle-France. Elle y rejoint le père Jacques de La Place, un jésuite qu’elle a connu à Paris, qui doit aussi faire la traversée. Elle fait de plus la rencontre de Jérôme Le Royer de La Dauversière qui a créé, avec le soutien financier de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, la Société Notre-Dame de Montréal afin de fonder une colonie dans l’île de Montréal pour y convertir et sédentariser les Autochtones. Le chef de l'expédition a déjà été choisi, il s'agit de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Mais La Dauversière doit aussi trouver « une fille ou femme de vertu assez héroïque et de résolution assez mâle pour venir dans ce pays prendre le soin de toutes les denrées et marchandises nécessaires à la subsistance de ce monde et pour servir en même temps d’hospitalière aux malades ou blessés » — en somme une gestionnaire de la future colonie. Jeanne accepte cette responsabilité qui lui est proposée. L'hôpital dont elle rêve sera donc édifié à Montréal.

L'expédition quitte La Rochelle le 9 mai 1641. Elle comprend deux vaisseaux. Maisonneuve embarque sur l'un d'eux avec le futur aumônier des ursulines, vingt-cinq artisans et un chirurgien. Sur le second se trouve Jeanne Mance, des missionnaires jésuites (dont Jacques de La Place) ainsi que des colons et onze artisans. Le navire de Jeanne arrive à Québec trois mois plus tard, le 8 août, après un rude voyage. Elle y fait la connaissance de Madeleine de La Peltrie. Personne n'a cependant eu de nouvelles du vaisseau qui transporte Maisonneuve. Le 20 septembre, il arrive enfin en Nouvelle-France. Jeanne Mance, Madeleine de La Peltrie et le père Le Jeune se sont rendus à Tadoussac pour l'accueillir.

En raison de la menace iroquoise qui a pris de l'ampleur dans la vallée du Saint-Laurent, le gouverneur Charles Huault de Montmagny désapprouve le projet d'établissement à Montréal, qu'il qualifie de « folle entreprise ». Il propose plutôt l'île d'Orléans à Maisonneuve, plus près de Québec, mais celui-ci ne déroge pas de son plan. Une expédition de reconnaissance est organisée à Montréal au cours de l'automne. En l'absence de Maisonneuve, le gouverneur désigne le lieu précis de la future mission, près de l'emplacement actuel du Musée de Pointe-à-Callière.

Au cours de l'automne 1641 et de l'hiver 1642, les préparatifs ont lieu. Il faut construire les barques qui transporteront les membres de l'expédition et amasser le bois pour les futures habitations. Jeanne assume la direction des opérations. Elle organise le travail des divers artisans et corps de métier (équarrisseurs, charpentiers, menuisiers, etc.), répartit les fournitures et les matériaux. Jeanne profite de sa présence à Québec pour visiter, avec Madeleine de La Peltrie, l'hôtel-dieu construit par les Augustines, religieuses infirmières arrivées en 1639. Cette visite est des plus formatrice pour elle. Durant cette période, elle devient de plus la marraine d'Autochtones qui se sont convertis à la religion catholique.

À Paris, l'engouement s'accroît pour le projet d'établissement à Montréal. Bientôt, le nombre de membres de la Société de Notre-Dame passe à trente-cinq. Parmi ceux-ci, Monsieur Olier, un prêtre influent et le fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpice. La Société se réunit à Paris le 27 février 1642. L'île de Montréal est consacrée à la « Sainte Famille de Notre-Seigneur ». On décide que le nom du nouvel établissement sera Ville-Marie.

Au printemps 1642, après la fonte des glaces du fleuve Saint-Laurent, un premier convoi se met en branle vers Montréal. Il a à sa tête le gouverneur Montmagny. Les deux barques construites durant l'hiver transportent matériaux et provisions. Le 17 mai, le convoi jette l'ancre à l'endroit prévu. Paul de Chomedey de Maisonneuve prend possession des terres concédées officiellement par le gouverneur, au nom de la Société de Montréal, avec l'autorisation d'y ériger des bâtiments.

Jeanne Mance, qui fait partie de ce premier groupe, a joué un rôle déterminant dans l'organisation du nouvel établissement. Le 18 mai, un autel est construit et le père Vimont célèbre la première messe sur l'île. Très vite, une palissade est édifiée. Quelques jours plus tard, Montmagny, en compagnie du père Vimont, retourne à Québec. Les nouveaux venus font pour leur part pour la première fois la rencontre d'Autochtones. Un premier baptême a lieu; Jeanne et Maisonneuve sont respectivement marraine et parrain.

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