Ce Jour-là

Jean de Saint-Bonnet de Toiras

Militaire français

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Jean du Caylar d'Anduze de Saint-Bonnet, seigneur de Toiras, né le 1er mars 1585 à Saint-Jean-de-Gardonnenque (aujourd'hui Saint-Jean-du-Gard, département du Gard) et tué le 14 juin 1636 à l'attaque de Fontaneto d'Agogna près de Milan en Italie, à l'âge de 51 ans, est un militaire et gentilhomme français des XVIe et XVIIe siècles. Favori de Louis XIII, il termine sa carrière maréchal de France.

Jean du Cayla de Bermond d'Anduze de Saint-Bonnet est le neuvième et dernier fils d'Aymar de Saint-Bonnet du Caylar, seigneur de Toiras (Le Cayla(r) : sans doute à Monoblet ; Toiras = Thoiras), et de Françoise de Claret de Saint-Félix, dame de Pallières (à Saint-Félix). Parmi ses frères et sœurs, figurent :

Jacques de Saint-Bonnet, seigneur de Restinclières (Hérault), conseiller du Roi, maître de camp d'un régiment de gens de pied, gouverneur de Clermont-Lodève (aujourd'hui Clermont-l'Hérault dans le département de l'Hérault) puis de Lunel et du château de Meyrueis (Lozère), sénéchal de Montpellier ;

Simon de Saint-Bonnet, seigneur de La Forest, gouverneur de la ville de Foix (Ariège), conseiller du Roi ;

Claude de Saint-Bonnet de Toiras, agent du clergé de France puis conseiller du Roi, évêque de Nîmes, comte et abbé de Saint-Gilles, prieur de Longpont (aujourd'hui dans le département de l'Aisne) ;

Paul de Saint-Bonnet de Toiras, seigneur de Montferrier (Hérault), lieutenant pour le Roy à Amboise (Indre-et-Loire), dans le fort Louis près de La Rochelle et dans l'île de Ré, tué d'un coup de canon dans le fort de Saint-Martin-de-Ré en défendant la place contre les Anglais du duc de Buckingham en 1627 ;

Rollin de Saint-Bonnet de Toiras, seigneur de Restinclières, capitaine aux Gardes du Roy mort, lui aussi, les armes à la main au premier combat de l'île de Ré (sur la plage de Sablanceaux, à Rivedoux-Plage) pour s'opposer au débarquement des Anglais du duc de Buckingham le 23 juillet 1627.

Il est, dès l'âge de quatorze ans, page, puis gentilhomme ordinaire de la maison du Roy auprès de Henri IV. Il est nommé, à 25 ans, lieutenant de vénerie au service de Louis XIII, puis capitaine aux Gardes du Roy.

Bien que protestant, il restera fidèle au roi et le soutiendra dans sa lutte contre le parti huguenot.

Ses qualités de stratège, son courage et sa loyauté le feront distinguer par ses pairs et par le roi, au côté de qui il participera efficacement à la prise de Saumur (printemps 1621), aux sièges de Montauban (août à novembre 1621) et Montpellier (février à octobre 1622).

En janvier 1625, le duc de Rohan et son frère Benjamin de Rohan seigneur de Soubise soulèvent de nouveau les Huguenots. Les îles de Ré et Oléron (en février) sont prises par Benjamin de Rohan et, à partir du port de Saint-Martin-de-Ré, il lance des escarmouches victorieuses contre les vaisseaux et les troupes royales à proximité de La Rochelle. Richelieu le fait attaquer par Toiras et le duc de Montmorency qui, après l'avoir battu d'abord sur terre le 15 septembre 1625, s'emparent d'une partie de sa flotte dans la rade de Saint-Martin ; Soubise se réfugie en Angleterre.

La mésentente entre Henriette-Marie de France, sœur de Louis XIII, et Charles Ier d'Angleterre, depuis leur mariage (11 mai 1625) et le couronnement de ce dernier peu après, devient très conflictuelle, et Louis XIII prend fait et cause pour sa sœur. En 1626, ce conflit tourne en agression du fait de George Villiers, 1er duc de Buckingham, favori de Charles Ier. Après s'être emparé de vaisseaux français sur les côtes de la Manche, il fait route vers La Rochelle avec quatre-vingt-dix vaisseaux et environ seize mille hommes. La ville est, à cette époque, un foyer de résistance huguenote au roi et se trouve plus ou moins menacée par les troupes royales. Le maire de La Rochelle, Jean Guiton refuse l'accès du port à Buckingham qui se tourne alors vers l'île de Ré.

Toiras, fait comte depuis sa victoire sur Benjamin de Rohan seigneur de Soubise, est alors gouverneur de l'île de Ré. Pour la défendre, il dispose de deux forts, celui de Saint-Martin-de-Ré et celui de la Prée (sur la commune de La Flotte), de peu d'armement, mais de troupes aguerries.

Le 22 juillet 1627, Buckingham débarque avec ses troupes à Saint-Blanceau (aujourd'hui dénommé Sablanceaux, c'est le point de départ du pont sur la commune de Rivedoux). Toiras accourt et le premier affrontement avec les Anglais a lieu, mais les Français devront céder devant le nombre très important d'ennemis qui débarquent. Au cours de ce premier combat, si d'un côté Buckingham perdit environ 500 soldats, Toiras y perdit son frère Rollin de Saint-Bonnet de Toiras. Autre personnage important qui périt en ce lieu, Celse-Bénigne de Rabutin, baron de Chantal, père de Marie de Rabutin, alors âgée de 17 mois, qui deviendra la célèbre marquise de Sévigné.

Toiras se retire dans la citadelle Saint-Martin avec la garnison, et laisse une centaine d'hommes dans le fort La Prée. Buckingham commence alors un siège qui va durer un peu plus de trois mois. Au cours de cette période, il va se montrer d'une cruauté implacable à l'égard des habitants et habitantes de l'île et de tous ceux qui vont essayer d'entrer ou de sortir du fort[réf. nécessaire]. Malgré cela, de rares secours alimentaires vont pouvoir, tant bien que mal, parvenir aux assiégés. Vers le début du mois d'octobre, Toiras, découragé par le manque de vivres et l'impossibilité d'être secouru, commence des transactions avec Buckingham sur les conditions de sa capitulation.

C'est alors que les évènements vont devenir favorables aux Français. Le 7 octobre, le vent étant enfin devenu favorable, une flottille de la Royale en provenance des Sables-d'Olonne arrive devant la rade de Saint-Martin, mais se fait cerner et fortement étriller par la flotte anglaise. Par bonheur, une trentaine de chaloupes chargées de plus de trois cents soldats, de vivres et de vêtements arrive à accoster auprès de la citadelle ; elles contiennent de quoi nourrir les assiégés pendant environ une centaine de jours ! Les assiégés ne se privent pas de narguer les assiégeants, qui tentent en vain de monter à l'assaut du fort. Qui plus est, environ 1 500 hommes viennent renforcer les troupes du fort La Prée.

Le 6 novembre, Buckingham, qui, lui aussi, a reçu des renforts en nombre égal, tente un baroud d'honneur avec un ultime assaut contre le fort de Saint-Martin, assaut qui avorte. Il décide d'abandonner la partie et de lever le siège. Sur ces entrefaites, des troupes françaises menées par le maréchal de Schomberg ont débarqué à Sainte-Marie-de-Ré, obligeant les troupes de Buckingham à partir vers le nord-ouest de l'île. Les Anglais vont être poursuivis par Schomberg et Toiras et, au niveau de Loix, se déroulera la Bataille du pont du Feneau, grande défaite britannique qui forcera Buckingham à rembarquer pour l'Angleterre avec seulement 2 000 hommes à bord ainsi que Benjamin de Rohan, protestant en exil.

Buckingham avait perdu, dans cette malheureuse expédition, plus de 4 000 hommes sur une force de 7 000 hommes.

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Jean de Saint-Bonnet de Toiras | World in Stories