Jean-François-Marie-Henri de Thonel, 5e marquis d’Orgeix, dit Jean d'Orgeix [ʒɑ̃ dɔʁʒɛks] est un acteur et un sportif français, né le 15 avril 1921 au Cap-d'Ail (Alpes-Maritimes) et mort le 4 juillet 2006 à Toucy (Yonne).
Connu aussi sous le surnom du « chevalier d'Orgeix », il est tour à tour acteur au cinéma et au théâtre sous le pseudonyme de Jean Pâqui, cavalier médaillé de bronze aux Jeux olympiques en saut d'obstacles, pilote de stock-car, champion du monde de voltige aérienne, guide de chasse en brousse et homme politique.
Issu de la famille de Thonel d'Orgeix, dont le berceau est le comté de Foix en Ariège, il passe sa jeunesse en région parisienne.
Formé par Louis Jouvet à l'art de la scène, il est vedette de pièces puis de films à succès. Il tourne de 1933 à 1958 et a même l'opportunité en 1955, avec Sacha Guitry, d'incarner un de ses ancêtres, le comte d'Orgeix, aux côtés de Jean Marais dans Si Paris nous était conté.
Il interpréte le rôle de Piccolo près de 2 000 fois dans L'Auberge du Cheval-Blanc, opérette dans laquelle il commence à jouer à l'âge de 11 ans.
Il devient en 1946 directeur du théâtre Daunou à la suite de l'acquisition de celui-ci par René Sancelme en 1939 ; il est un temps conseillé par Max Viterbo.
Il participe aux épreuves d'équitation aux Jeux olympiques d'été de 1948 se tenant à Londres et remporte la médaille de bronze en saut d'obstacles individuel avec Sucre de Pomme. Il est aussi présent lors des Jeux olympiques d'été de 1952 d'Helsinki.
Dans les années 1950-1960, Jean d'Orgeix est, avec Marcel Charollais, parmi les grands champions de voltige aérienne aux commandes d'un Stampe SV-4, un biplan. Formé au centre de Saint-Yan, il obtient le titre de champion national amateur en 1954 à Toussus-le-Noble.
Il remporte le Lockheed Trophy organisé à Coventry, tenant lieu de championnat du monde. Dans ses démonstrations il va chercher, en volant sur le dos, un mouchoir posé à 3 m d'altitude sur un fil tendu. À cette époque, il s'entraîne pour la voltige depuis le petit aérodrome de Léognan-Saucats en Gironde, ce qui lui permet également de s'entraîner à cheval au centre équestre du château Bois-Martin, à proximité, où il rencontre des hôtes tels que Boris Vian ou François Missoffe.
Il devient membre du conseil d'administration de l’Association française de voltige aérienne (AFVA) en 1968 et participe à des meetings aériens à la même époque.
Il est entraîneur national de saut d'obstacles de 1973 à 1977. Il introduit notamment l'utilisation de la vidéo pour analyser et corriger les défauts des cavaliers. L'équipe de France est ainsi médaillée d’or par équipe aux JO de Montréal en 1976. Son élève, Christophe Cuyer, est champion de France à 19 ans dans une finale tournante à Fontainebleau en 1976.
En 1990, son dernier exploit, à 70 ans, consiste à accomplir 13 000 kilomètres sur un canot pneumatique, avec sa femme Nathalie et son chien Bobby, entre Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) et Calcutta en Inde.
Il meurt le 4 juillet 2006 dans un accident de la route.
Vie privée et engagements politiques
Jean d'Orgeix se marie trois fois : avec Michelle Cancre en 1952, avec Éliane Maurath en 1964 et enfin avec Nathalie Nicolas en 1987. Il a deux fils, Jehan d'Orgeix de son deuxième mariage et François-Nicolas, de son troisième.
En 1955, il découvre l'Afrique et devient guide de brousse et organisateur de safari de 1958 à 1973 en Centrafrique, ce qui lui vaut le surnom de « l'Africain blanc ». La cause de son premier divorce est la présence constante de sa panthère Zouma au pied de son lit conjugal[réf. souhaitée].
Avant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans les Camelots du Roi et devient le garde du corps de Charles Maurras. De cette rencontre il retient notamment un principe sur lequel il dit organiser toute sa vie : « Toute action qui n'est pas pensée n'est que de l'agitation ».
De sensibilité monarchiste, il est candidat sur la liste Front national aux élections européennes de 1984, puis le premier responsable de fédération du parti dans le département de l'Yonne, parti pour lequel il est plusieurs fois candidat. Il s'insurge notamment contre la bureaucratie européenne bruxelloise.