Ce Jour-là

Jean Vilar

Comédien, metteur en scène, directeur de théâtre et auteur français

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Jean Vilar, né le 25 mars 1912 à Sète et mort le 28 mai 1971 dans la même ville, est un comédien de théâtre et de cinéma, metteur en scène, directeur de théâtre et auteur français.

Créateur en 1947 du Festival d'Avignon qu'il dirige jusqu'à sa mort et directeur du Théâtre national populaire (TNP) de 1951 à 1963, il incarne une époque de l'histoire culturelle de la France de l'après-guerre.

Le TNP, lieu de formation de nombreux comédiens (dont Georges Wilson, Philippe Noiret, Jeanne Moreau, Silvia Monfort), est à son apogée dans les années 1950 lorsque son comédien le plus en vue est Gérard Philipe (1922-1959), qui incarne, sous la direction de Jean Vilar, le Cid, Ruy Blas ou le prince de Hombourg.

Origines familiales et formation

Jean Louis Côme Vilar est né le 25 mars 1912 à Sète où ses parents, modestes commerçants, tenaient une boutique de mercerie-bonneterie fondée par Côme Vilar, son grand-père, d'origine catalane.

Son père, Étienne Vilar, affiche des opinions républicaines et laïques, voire socialistes. Il lui fait étudier le grec et le latin, pratiquer une heure de violon quotidienne et lui fait découvrir les classiques de la littérature au travers des éditions populaires de l’époque.

Après des études secondaires sans relief, il est reçu au baccalauréat et quitte Sète pour Paris afin de faire des études de lettres à la faculté des lettres de Paris ; il occupe aussi un emploi de surveillant au collège Sainte-Barbe.

Entrée dans le monde du théâtre et services militaires (1937-1940)

En 1933, à vingt et un ans, il assiste par hasard à une représentation de Richard III de Shakespeare par Charles Dullin au Théâtre de l'Atelier et trouve alors sa véritable vocation. Il commence à suivre les cours de Charles Dullin, puis quitte le collège Sainte Barbe, et vit quatre ans au Théâtre de l'Atelier où il apprend le métier et devient second régisseur.

Sa première apparition sur scène a lieu en 1935, dans la figuration du Faiseur de Balzac au Théâtre de l'Atelier

Il fait son service militaire à Hyères en 1937. Il est rappelé sous les drapeaux en mars 1939, au moment où Hitler occupe la Tchécoslovaquie, contrairement aux engagements des accords de Munich de 1938. En septembre 1939, après l'invasion de la Pologne, la France déclare la guerre à l'Allemagne. C'est le début de la Seconde Guerre mondiale, d'abord sous la forme de la drôle de guerre. Jean Vilar est réformé pour raisons de santé en mars 1940, avant le déclenchement de l'offensive allemande de mai 1940, qui aboutit à l'écrasement de l'armée française en juin.

Chez les Comédiens de la Roulotte (1941-1942)

En février 1941, André Clavé, créateur et directeur de la compagnie des Comédiens de La Roulotte depuis 1936, engage Jean Vilar, qui accepte d'y venir, « simplement en tant qu'auteur », rejoint rapidement par Hélène Gerber, tous deux élèves de Charles Dullin. Alors que Geneviève Wronecki-Kellershohn, Jean Desailly, et François Darbon y jouaient déjà, et qu'en octobre 1940, Clavé, avait été engagé par Pierre Schaeffer pour s'occuper des Maîtrises de Jeune France, pour la zone occupée, la troupe peut préparer des tournées théâtrales, avec quelques financements.

André Clavé propose à Pierre Schaeffer d'engager certains comédiens de La Roulotte, pour des tâches diverses. Vilar, est engagé en tant que lecteur, adaptateur et auteur, Geneviève Wronecki comme assistante de la direction.

Durant l'été 1941, les Comédiens de La Roulotte partent dans l'ouest de la France (Maine-et-Loire, Sarthe et Mayenne).

Clavé réussit à faire monter sur les planches Jean Vilar, pour la toute première fois, pour remplacer un comédien dans le rôle de Monsieur de Sottenville, dans George Dandin de Molière. « Il avait été d'une énorme drôlerie, mais cela n'avait pas réussi à le décider » à poursuivre, dit Clavé. « Pour arriver à (ses) fins, » il lui commande une pièce, à condition qu'il la joue et la mette en scène : La Farce des filles à Marier. « Ce fut un triomphe » écrit Clavé dans son hommage à Vilar, après sa mort, en 1971. Ainsi c'est durant ces tournées, jusqu'en octobre 1942, que Vilar découvre le plaisir de jouer devant des publics populaires. Après La Farce des filles à marier il écrit Dans le plus beau pays du monde.

Débuts comme directeur de compagnie (1942-1947)

1942 marque la création de sa propre compagnie, la Compagnie des Sept. Sa première mise en scène est La Danse de mort d'August Strindberg. En 1943, il monte Orage, aussi de Strindberg, au Théâtre de Poche à Montparnasse, et Césaire de Jean Schlumberger. En 1945, sa mise en scène et son interprétation de Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot au Théâtre du Vieux-Colombier remportent un immense succès 150 représentations).

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