Jean Vallette d'Osia, né le 16 août 1898 à Rennes et mort le 28 février 2000 à Annecy-le-Vieux, est un officier français, principalement connu pour les responsabilités qu'il a exercées dans la Résistance intérieure française en Haute-Savoie. Il a terminé sa carrière militaire comme général de corps d'armée à Lyon, après avoir commandé la 27e division d'infanterie alpine.
Jean Vallette d'Osia est le fils de Marcel (Louis-Marie-Marcel) Vallette d'Osia (1857-1931), officier d'infanterie, et de Jeanne du Chambge de Noyelles (1867-?) et le petit-fils du général Joseph-Hyacinthe du Chambge.
Dans sa jeunesse, il milite au sein des étudiants d'Action française de Versailles. Néanmoins, la guerre et l'engagement de Jean Vallette d'Osia dans l'armée en 1916 provoque sa rupture définitive avec l'Action Française.
Début de carrière militaire (1916-1939)
Jean Vallette d'Osia est engagé volontaire à Saint-Cyr en juillet 1916. Un an plus tard il est affecté en tant qu'aspirant au 19e RI, puis lieutenant, où il va multiplier les actions d'éclat.
Il commande dès 1917 un groupe franc sur les différents fronts de la Marne et du Chemin des Dames. Le 25 mai 1918, il capture un allemand qui interrogé, dévoile la grande attaque du Chemin des Dames. Il reçoit alors sur le champ de bataille, la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Durant la Première Guerre mondiale, il est blessé à trois reprises et reçoit six citations pour conduite héroïque.
Après sa sortie de Saint-Cyr, il est envoyé au Maroc, affecté au 1er régiment étranger basé à Meknès. Il participe à la guerre du Rif.
Expert reconnu du combat en montagne
En janvier 1925, il rejoint le 6e BCA en garnison à Grenoble, où il peut mettre en valeur ses qualités physiques. C'est là qu'il rencontre le capitaine Eugène Molle dont il deviendra l'ami fidèle. Rapidement, avec lui, il devient un cadre de la division alpine remarqué pour sa vigueur et son allant.
Le capitaine Vallette d’Osia transforme son expérience du feu de la Grande Guerre et de la guerre du Rif en une idée de combat novatrice pour la montagne. Sa vision repose sur une idée simple mais radicale : en montagne, l'isolement causé par le relief et le froid rend les ordres classiques inefficaces. Pour compenser ces ruptures de communication, il prône une « culture de l'initiative » où chaque chasseur alpin doit être capable de réfléchir par lui-même et de remplacer son supérieur au pied levé. En plaçant l'agilité mentale et la polyvalence au-dessus de la discipline rigide, Vallette d’Osia démontre que la réussite tactique en montagne ne dépend pas de la force brute, mais de la capacité des hommes à s'adapter intuitivement aux contraintes extrêmes de leur environnement.
Pour cela, il s'attache à développer au mieux les dernières compétences techniques disponibles dans le domaine de l'alpinisme dans son unité, à l'instar de ce que prônent les grands chefs alpins de cette période, Pourchier, Béthouart et Dosse notamment.
En 1934, il est reçu à l'École de Guerre avant d'être nommé à l'état-major de la XIVe région militaire à Lyon.
Drôle de Guerre et Bataille de France
Capitaine et officier d'état-major en 1939 lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est promu commandant en décembre 1939. Il est en Écosse le 10 mai 1940, en support du corps expéditionnaire français en Norvège.
Il participe à la bataille de France à partir du 18 mai 1940 dans le secteur de la Somme et en Normandie. Lors d'un combat inégal sur la Bresle, il est fait prisonnier par les Allemands avec le reste de sa division près de Saint-Valery-en-Caux. Refusant la captivité, il s'évade une première fois. Il est repris, mais s'évade une seconde fois à Nuits-Saint-Georges et réussit à passer en zone libre, où il prend connaissance de l'appel du général de Gaulle.
Il se rend alors à Clermont-Ferrand pour demander l'avis du général Maxime Weygand qui lui aurait déclaré « Forcément, tôt ou tard, la France rentrera dans la guerre… si tous ceux qui sont capables de l'aider à se reprendre s'en vont, jamais elle ne pourra le faire avec honneur. De Gaulle, par ailleurs, a suffisamment d'officiers de valeur à ses côtés. Je vous demande de rester ». Vallette d'Osia choisit alors de réintégrer l'armée d'armistice, il est nommé en août 1940, chef de corps du 27e bataillon de chasseurs alpins à Annecy.
Sitôt en poste à Annecy, il s'emploie à camoufler dans trente dépôts le maximum de matériel militaire — de quoi armer trois bataillons — à l'insu de la commission d'armistice franco-italienne. Comme beaucoup d'officiers français de cette époque, il a en tête l'exemple historique des Allemands vaincus à Iéna et qui ont préparé leur revanche. C'est dans cet esprit de Résistance qu'il assume son commandement du 27e BCA jusqu'à son remplacement à ce poste à la fin de l'année 1941. Il est alors nommé chef d'état-major du département de la Haute-Savoie, et dans ses mémoires, il écrira que le rayon clandestin est inclus dans ses nouvelles fonctions. Il s'occupe notamment de la réception des évadés des camps de prisonniers de guerre allemands, certains jours, plus de trente. En mai 1942, il reçoit ainsi au château de La Verpillière le général Giraud, avec qui il s'entretient des possibilités de reprise de la guerre.
Il désapprouve les excès du Service d'ordre légionnaire, notamment lorsque certains de ses membres se saisissent de François de Menthon et le plongent dans le bassin d'eau en face de la mairie d'Annecy, et il hait Joseph Darnand notamment lorsque celui-ci préside à Annecy une grande manifestation du S.O.L.