Jean Baptiste Victor Urvoy est un artiste français né le 5 novembre 1898 à Dinan et mort le 21 juillet 1989 à Rennes.
Parallèlement à sa carrière d'instituteur, il s'initie à la peinture en autodidacte, puis se consacre principalement à la gravure, explorant diverses techniques telles que l'eau-forte, la lithographie et la gravure sur bois. Sa vie et son œuvre, profondément marqués par sa mobilisation durant les deux guerres mondiales, reste indissociables de sa Bretagne natale. Il expose ainsi au pavillon de Bretagne lors de l'exposition universelle de 1937, mais également dans d'autres salons parisiens tels que le Salon d'Automne ou le Salon des indépendants.
L'œuvre de Jean Urvoy explore des thèmes variés, de sa terre natale, le pays malouin et en particulier la vallée de la Rance, aux horreurs de la guerre, en passant par le monde circassien et la religion. Également écrivain, il a publié des ouvrages d'art qu'il a lui-même illustrés, dont une partie est préfacée par son ami écrivain Roger Vercel.
Jean Urvoy, né le 5 novembre 1898 à Dinan, dans les Côtes-d'Armor, est issu d’une famille dinannaise implantée de longue date. Fils de Pierre Marie Julien Urvoy et de Rosalie Françoise Blais, il grandit au sein d’une famille modeste, entouré de ses quatre frères et sœurs ainsi que de sa grand-mère maternelle, Rose Mahé. La famille réside rue Bas-Bourgneuf, avant de déménager rue de la Croix, alors qu’il est encore enfant.
Jean Urvoy commence sa scolarité au collège des garçons de Dinan, devenu le collège Roger Vercel, situé rue Léhon. À partir de l'âge de 9 ans, il travaille à la pâtisserie Taffatz, où il est employé deux fois par semaine et pendant les vacances. Il a conservé cet emploi jusqu'à son départ pour Saint-Brieuc à l'âge de 16 ans.
Le 13 juillet 1915, Jean Urvoy est admis à l'École normale de Saint-Brieuc, où il se distingue particulièrement en mathématiques. Il choisit une carrière d’instituteur, motivé par le désir d'assurer rapidement une autonomie financière.
En 1917, à l'âge de 19 ans, Jean Urvoy est nommé instituteur au cours complémentaire de Rostrenen. Il y enseigne le français, les mathématiques, l’histoire, la géographie et la musique à des élèves dont l'âge était similaire au sien. Il assure également l'enseignement du catéchisme en breton.
Dès 1914, la guerre plonge Jean Urvoy et la ville de Dinan dans un climat d'inquiétude. Le 3 août, son père et son oncle sont mobilisés. Lui-même est mobilisé le 18 avril 1918 sous le matricule 647, il est d'abord affecté aux classes à Mac Mahon, à Rennes, avant d'être envoyé dans les Vosges. À ce sujet, il écrit : « J’ai eu vingt ans dans les Vosges, six jours avant l’Armistice ».[pertinence contestée]
Promu aspirant le 1er octobre 1919, Jean Urvoy est affecté après l’armistice à l’école militaire de Montreuil-sur-Mer en juillet 1920, puis à l’école d’éducation physique du Fort Carré à Antibes. Malgré les encouragements de son colonel de régiment à poursuivre une carrière militaire, il choisit de revenir à la vie civile. Cependant, il est rapidement rappelé pour participer à l’occupation de la Ruhr.
Le 23 mars 1921, marqué par des images d'horreur, Jean Urvoy revient définitivement à la vie civile. De retour en Bretagne, il enseigne brièvement à l'école maternelle Baratoux de Saint-Brieuc, avant de solliciter une mutation pour se rapprocher de Dinan.
L'entre-deux-guerres : le retour à Dinan
L’école primaire supérieure de Dinan
De retour à Dinan, Jean Urvoy intègre le 1er octobre 1921 l'école primaire supérieure, située rue Léhon, annexée au collège des garçons qu'il avait fréquenté durant son enfance. Nommé instituteur adjoint, il y enseigne le français, l’histoire et la géographie. Il occupe ce poste durant près de 40 ans.
Au sein de cet établissement, il côtoie et collabore notamment avec Roger Crétin, futur Roger Vercel, enseignant en lettres classiques (latin, français, grec) revenu de la guerre des Balkans, Herveline Le Scour, enseignante d'anglais, et Madeleine Adam, enseignante de musique.
Parallèlement à sa carrière d'enseignant, Jean Urvoy poursuit également des études à la faculté de Rennes, où il obtient une licence de lettres modernes.
C’est à l’école primaire supérieure de Dinan que Jean Urvoy fait la connaissance d’Herveline Le Scour, une jeune femme originaire de Brest diplômée d’une licence de lettres en 1925. Ils se marient à Dinan le 10 avril 1922, en présence de Roger Vercel, collègue et ami.
Le 29 mai 1931, la naissance de leur fille unique, Martine Urvoy, est suivie du décès d'Herveline, des suites d'une fièvre puerpérale. En deuil, Jean Urvoy retourne vivre chez sa mère, rue du Petit-Hôtel à Dinan, quelques mois plus tard.
Deux ans après le décès de son épouse, Jean Urvoy se remarie avec Jeanne Cojan le 18 août 1933 à Saint-Michel-en-Grève. Fille d’un officier de cavalerie originaire de Plestin-les-Grèves, elle lui fait découvrir le Trégor, une région qui a inspiré son oeuvre.