Jean Tiberi, né le 30 janvier 1935 à Paris et mort dans la même ville le 27 mai 2025, est un homme politique français, maire de Paris de 1995 à 2001.
Membre des partis gaullistes et néo-gaullistes successifs, il est plusieurs fois député de Paris entre 1968 et 2012, secrétaire d'État chargé des Industries alimentaires en 1976 et premier adjoint au maire de Paris de 1983 à 1995, ainsi que maire du 5e arrondissement de Paris de 1983 à 1995 et de 2001 à 2014.
Après l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, il est désigné par ce dernier pour lui succéder à Paris et l'emporte aux élections municipales de 1995. Mais contesté pour sa gestion et visé par plusieurs affaires judiciaires, il forme des listes dissidentes aux élections municipales de 2001, lors desquelles il termine derrière Philippe Séguin (RPR) et Bertrand Delanoë (PS).
Avec son épouse Xavière, il est ensuite condamné dans le cadre d'une affaire de faux électeurs.
D'ascendance corse, il naît à Paris. Son père est employé d'assurance et sa mère sténodactylographe.
Il effectue sa scolarité au collège Sainte-Barbe et au lycée Louis-le-Grand (époque où, à l'âge de quinze ans, il adhère au RPF), dans le 5e arrondissement de Paris, puis poursuit des études supérieures en faculté de droit et devient magistrat. Substitut à Metz et à Meaux, il est nommé juge à Beauvais puis détaché à la chancellerie.
Il est marié avec Xavière Casanova, avec qui il a eu un fils, Dominique, également engagé en politique, et une fille, Hélène.
Jean Tiberi commence sa carrière politique en adhérant à l'Union gaulliste de René Capitant, formation dite de gaullistes de gauche, et est élu en 1965 au conseil municipal de Paris ainsi que député suppléant de René Capitant. À l'entrée de ce dernier au gouvernement le 30 juin 1968, Jean Tiberi occupe son siège de député gaulliste de Paris, puis est élu sous son nom propre aux élections législatives de 1973.
Jean Tiberi rejoint le RPR lors de sa fondation en 1976, et devient proche de Jacques Chirac, dans le gouvernement au sein duquel il exerce les fonctions de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Agriculture et auprès du ministre de l'Industrie et de la Recherche, chargé des industries alimentaires du 12 janvier au 25 août 1976.
Après l'élection de Jacques Chirac à la mairie de Paris en 1977, il devient son suppléant dans le 5e arrondissement puis son premier adjoint. Il est enfin élu maire du 5e arrondissement sans discontinuer aux élections municipales de 1983, 1989, 1995, 2001 et de 2008. Parallèlement, il est élu député de la 2e circonscription de Paris (nommée 3e jusqu'en 1986) à l'ensemble des élections législatives de 1973 à juin 2007 compris.
En décembre 1974, Jean Tiberi vote la loi dépénalisant l'avortement, dite « loi Veil » qui est promulguée le 17 janvier 1975.
Jean Tiberi a exercé les fonctions de maire de Paris de mai 1995 à mars 2001 à la tête d'une coalition RPR-UDF-Démocratie libérale. Candidat à sa propre succession, il a été battu en mars 2001 par la liste PS-Verts-PCF menée par Bertrand Delanoë. Lorsqu'il était maire de Paris, ses fonctions de maire du 5e arrondissement ont été exercées par Jean-Charles Bardon.
Aux élections législatives de juin 2012 Jean Tiberi ne se présente pas pour un nouveau mandat. François Fillon lui succède en tant que député de la 2e circonscription de Paris.
Premières années à la mairie de Paris
Jean Tiberi est proposé par Jacques Chirac comme candidat du RPR à la mairie de Paris, de préférence à Jacques Toubon, alors maire du 13e arrondissement de Paris. À la suite d'une campagne courte (mai-juin 1995), les listes RPR-UDF remportent quatorze des vingt arrondissements parisiens et élisent donc Jean Tiberi comme maire de Paris et président du Conseil général du département de Paris.
En 1998, Jacques Toubon tente de ravir la mairie à Jean Tiberi en créant un groupe dissident de la majorité municipale, finalement en vain.
La mandature de Jean Tiberi au Conseil de Paris est caractérisée par l'assainissement fiscal de la Ville à partir de 1997. Le début de mandat avait été marqué par la chute des droits de mutation en raison de la crise immobilière et le recours à l'emprunt. Le taux d'exécution du budget 1996 n'avait ainsi pas dépassé 60 % des crédits votés alors que le budget social, particulièrement élevé à Paris, augmentait de 3 % chaque année au détriment de l'investissement. Cependant, grâce notamment à la reprise de l'immobilier, le taux d'endettement par habitant atteignait son plus bas niveau mesuré en 2000. Converti par ailleurs à un urbanisme « à visage humain », de nombreux lieux de conflits débutés sous la mandature précédente s'apaisent à la suite de la modification par Tiberi de nombreux projets comme la ZAC Maillot, la ZAC Moskova, la réhabilitation du Bas-Belleville et des Amandiers, la rénovation du faubourg Saint-Antoine ou la ZAC Pajol.
Parmi ses principales contributions, on peut noter :