Jean Prat, né le 1er août 1923 à Lourdes (Hautes-Pyrénées) et mort le 25 février 2005 à Tarbes, est un joueur de rugby à XV international français, devenu ensuite entraîneur. Il évolue durant sa carrière de joueur, de 1944 à 1959, au poste de troisième ligne aile, où il est régulièrement buteur.
Entre 1945 et 1955, il compte cinquante-et-une sélections en équipe de France, au cours desquelles il marque 144 points. Il est un des acteurs de la victoire française lors de deux Tournois des Cinq Nations (1954 et 1955), ce sont les premières victoires françaises de son histoire. Il est capitaine de l'équipe de France à seize reprises de 1953 à 1955.
Il est fidèle au Football club lourdais de 1944 à 1959. Il est champion de France en 1947-1948, 1951-1952, 1952-1953, 1955-1956, 1956-1957 et 1957-1958. Il est finaliste en 1944-1945, 1945-1946 et 1954-1955.
Il met fin à sa carrière de joueur en 1959 pour devenir entraîneur du club de Lourdes, puis le premier entraîneur officiel de l'équipe de France de 1963 à 1967.
Fils d'un cultivateur de Lourdes et d'une aubergiste, Jean Prat s'éveille très tôt au rugby à Lourdes. En 1939, avec son club, le FC Lourdes (il rencontre alors Soustons) il joue son premier match officiel avec l'équipe première, bien qu'il n'ait pas encore l'âge requis : 15 ans. Il en deviendra le titulaire indiscutable à 19 ans, et le capitaine dès 1947. Il remporte avec son club le titre de champion de France à six reprises, en 1948, 1952, 1953, 1956, 1957 et 1958 (et finaliste en 1945, 1946 et 1955, demi-finaliste 1954), la Coupe de France en 1950 et 1951 (et finaliste en 1948), et le Challenge Yves du Manoir en 1953, 1954 et 1956 (et demi-finaliste en 1955 et 1958). Il est le capitaine indiscutable de la formation lourdaise, où évolue également son frère Maurice Prat qu'il n'hésite pas à gifler lors d'un match après avoir estimé que ce dernier avait commis une faute de jeu.
Le statut de capitaine rassemble à cette époque les prérogatives du capitaine actuel mais aussi celles de l'entraîneur moderne. C'est Jean Prat qui fut ainsi l'une des pierres d'angle du système de jeu lourdais réputé pour son attaque[réf. nécessaire].
Il rejoint ensuite rapidement (le 1er janvier 1945, contre l'équipe de l'armée britannique - victoire française 21 à 9; la dernière rencontre officielle face à une équipe unifiée de la couronne remontant à 1940, après des années de brouille) le XV de France (348e international français). Avec Moga, Soro et Dauger, entre les 1ers janvier 1945 et 1946, il est titularisé pour les quatre premiers matches de l'équipe nationale d'après-guerre: contre l'Army Rugby Union, puis l'Empire Britannique, puis le pays de Galles, et enfin contre le British Empire Services (de nouveau victoire française au Parc des Princes, par 10 à 0 cette fois). Le premier match se dispute donc au Parc des Princes devant le général Marie-Pierre Kœnig alors gouverneur militaire de Paris et le tout fraîchement également promu général Jacques Chaban-Delmas. Licencié au CASG Paris, ce dernier est sélectionné (l'unique fois) pour le voyage à Richmond du 28 avril, contre l'Empire Britannique (défaite 27 à 6).
Prat participe à sa première tournée internationale en Argentine en 1949. Il devient ensuite capitaine du XV tricolore de 1953 à 1955 : il prend ainsi part au renouveau du rugby français après la guerre, en signant quelques performances de premier plan, comme battre pour la première fois les Anglais à Twickenham (1951). Il participe aussi à la victoire contre les All Blacks à Colombes (1954) en marquant l'unique essai à trois points. En 1951, grippé, il ne participe pas au seul match perdu par l'équipe de France durant ce tournoi (face à l'Irlande - de 1947 (dès le premier match de reprise du tournoi) à 1955, ce fut son seul match de tournoi non honoré). En 1952, il devient le recordman de sélections de l'équipe de France, 20 ans après Aimé Cassayet à 34 capes.
Prat affichera au total 51 sélections (record français jusqu'en 1964, et un temps aussi recordman mondial : 30 victoires, un nul, 20 défaites) pour seize capitanats (inscrivant 145 points, sur dix années, dont 26 transformations, 17 buts, 9 essais et 5 drop-goals. Ceci est alors un record mondial et qui le reste, pour un avant, jusqu'en 2000, où il dépassé par l'Australien John Eales. Il fut le premier en France à remporter le Tournoi des cinq Nations à deux reprises, en 1954 (avec Galles et Angleterre) et en 1955 (avec Galles), finissant second en 1948, 1949 et 1951. Il fut aussi le meilleur réalisateur de la compétition en 1951 et 1952. Ses coéquipiers principaux en troisième ligne étaient Guy Basquet et Jean Matheu-Cambas, mais il y côtoya également ses amis de club Roger Martine (arrière) et Henri Domec. Il quitta la scène internationale quinze jours après le dernier match du tournoi 1955, alors qu'il se disputait un Grand Chelem à Colombes devant René Coty, le 10 avril suivant face aux Italiens. La même année 1955, il remporta également les Jeux méditerranéens de Barcelone.
Resté fidèle au FC Lourdes durant tout son périple rugbystique, il arrête définitivement la compétition à la fin de la saison 1958-1959, après la demi-finale de championnat perdue contre le Racing club de France. Son frère Maurice Prat, bien que plus jeune de cinq années, arrête également le rugby cette année-là, alors que Jean Barthe et Pierre Lacaze partent pour le XIII. François Labazuy migre à Tarbes, et Rancoule à Toulon. L'effectif du club est chamboulé, à l'aube de son avant-dernière finale victorieuse, en 1960. Jean Prat, par ailleurs excellent skieur et cycliste (Pyrénées obligent), ainsi que redoutable coureur de fond, se consacre alors à son café lourdais, le Winger, tout en restant directeur technique du FC Lourdes, poste auquel lui succède son frère en 1963.
Il devint ensuite le sélectionneur-homme de terrain de l'équipe de France de 1963 à 1967, avec à son actif une victoire à l'extérieur contre l'Afrique du Sud en 1964 à Springs, et la victoire dans le tournoi des cinq nations 1967, l'équipe obtenant au passage le Prix Emmanuel Rodocanacchi de l'Académie des sports comme Meilleure équipe sportive française pour l'année écoulée.
En 1968, il publie avec la collaboration de Renaud de Laborderie ses souvenirs de joueurs de rugby sous le titre Mêlée ouverte.
Marié avec Christiane Labourdette, père de famille, il meurt le 25 février 2005 à 81 ans à Tarbes, des suites d'une longue maladie, alors que 45 jours avant sa mort il préface encore l'ouvrage 100 ans de rugby en bleu de Richard Escot, d'une lettre-"testament" (dixit Escot) intitulée Avec l'équipe de France, on vibre toujours, datée du 7 janvier 2005 en page 4 de l'ouvrage, lui-même paru fin février (éds. Eurosport/Solar).
Vainqueur du Championnat de France en 1948, 1952, 1953, 1956, 1957 et 1958
Vainqueur de la Coupe de France en 1950 et 1951
Vainqueur du Challenge Yves du Manoir en 1953, 1954 et 1956
Finaliste du championnat de France en 1945, 1946 et 1955
Finaliste de la coupe de France en 1948