Ce Jour-là

Jean Prévost (écrivain)

Écrivain, journaliste et résistant français

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Jean Prévost, né le 13 juin 1901 à Saint-Pierre-lès-Nemours (Seine-et-Marne) et mort le 1er août 1944 à Sassenage (Isère), est un écrivain, un journaliste et un résistant français.

Jean Prévost est issue d'une famille enseignante. Son père Henry Prévost est directeur de l'école primaire supérieure de Nemours et sa mère est institutrice.

En avril 1926, Jean Prévost épouse à Soorts-Hossegor (Landes) Marcelle Auclair. De leur union naissent trois enfants : Michel Prévost ; Françoise Prévost, actrice ; Alain Prévost, écrivain.

En avril 1940, il épouse en secondes noces, dans le 7e arrondissement de Paris, Jeanne van Biéma. Née en 1901 à Sens (Yonne), morte en 1984 à Paris dans le 15e arrondissement, d'origine juive, fille d’Émile van Biéma, professeur agrégé de philosophie au lycée Buffon, elle devient docteure en médecine.

Jean Prévost effectue ses études secondaires au lycée Pierre-Corneille à Rouen et ses études supérieures aux classes préparatoires littéraires du lycée Henri-IV où il suit le cours de philosophie d'Alain. Parallèlement, il est adhérent au groupe des Étudiants socialistes révolutionnaires. Il est admis à l’École normale supérieure en 1919.

Devenu suppléant en rhétorique au lycée Michelet, il quitte rapidement l'enseignement et part en Indre faire de la préparation électorale, ce qui n'aboutit pas. Il rentre alors à Paris où Jacques Rivière accepte de publier son premier essai à la NRF, Journée du pugiliste (avril 1924) qui sera suivi en juin par Amitié du discobole et La matinée dans les bois. Il décide alors de se faire écrivain. Rivière et Jean Schlumberger deviennent ses conseillers et il devient, grâce à eux, collaborateur attitré de la NRF à partir d'avril 1924. Il le sera jusqu'en 1940, sans la moindre interruption. Il y rédigera ainsi de nombreuses critiques littéraires et s'occupera de la rubrique Spectacles.

La même année, Adrienne Monnier lui demande de participer avec elle à la revue qu'elle vient de fonder Le Navire d'Argent. C'est elle qui va aussi organiser le fameux combat de boxe entre Prévost et Ernest Hemingway qui se termine par un pouce cassé pour Hemingway.

Il publie en 1925 chez Gallimard son premier livre Plaisirs des sports, un essai sur le corps humain où il explique comment il voulut résoudre par le sport les problèmes que son corps lui posait.

Ramon Fernandez lui présente en 1926 Antoine de Saint-Exupéry. Ils deviennent de très grands amis et, ironie du sort, mourront presque le même jour. Prévost publie dans Le Navire d'Argent d'avril 1926, le texte de Saint-Exupéry L'Aviateur, lançant ainsi sa carrière d'écrivain.

Après la parution de Dix-huitième année en 1928, il entre dans une importante période de création : essais philosophiques, récits, romans, études d'esthétique, critique littéraire…, et devient secrétaire de rédaction de la revue Europe, où il publie de nombreux articles sur Alain, Georges Duhamel, Henry de Montherlant, Mauriac, Roger Martin du Gard parmi d'autres. En 1929, il tient la rubrique Spectacle dans la NRF et la même année, édite son essai sur l'art de Charlie Chaplin Polymnie ou les arts mimiques chez Hazan. La même année, il publie également son Traité du débutant, dans lequel il assure que le succès est un malentendu et que le monde moderne met trop de hâte en toutes choses, y compris dans le champ de la littérature et de la lecture.

En 1930, son premier roman Les Frères Bouquinquant manque le prix Goncourt de peu. Il rentre comme journaliste à L'Intransigeant en juillet 1931 où il prend la place de Léon Bailby dans une chronique qu'il signera Interim puis collabore à l'Europe nouvelle, la revue pacifiste de Louise Weiss à partir de janvier 1932. En 1933, il entre à Pamphlet, la revue d'actualité d'Alfred Fabre-Luce qui cessera de paraître en mars 1934 à la suite des événements de février, et il y publie quatre-vingt-douze articles.

Après la disparition de Pamphlet, il écrit dans divers journaux comme Marianne, Vendredi ou Les Nouvelles littéraires. Pour Marianne, il est chargé d'un reportage en Angleterre où il interviewe des personnalités britanniques. Il écrit à propos de l'Angleterre : « Elle veut agir, jusqu'au dernier moment, comme si la paix était probable ou possible ».

En novembre 1936, il vient à Alger avec un groupe de journalistes français et étrangers dans le cadre de l'association Les amis des Lettres fondée par Gabriel Audisio et publie La Terre est aux hommes, ouvrage où il revient à ses préoccupations politiques. Il obtient en 1937 une bourse de voyage aux États-Unis et y demeure huit mois. De ce périple, il tirera Usonie, esquisse de la civilisation américaine qui sera publié en 1939, ouvrage qu'il dédie à Jesse Isidor Straus, ambassadeur des États-Unis à Paris, qui lui avait obtenu cette bourse.

Lieutenant de réserve, Jean Prévost est mobilisé à la fin du mois d'août 1939 au service du contrôle téléphonique au Havre. En janvier 1940, sa demande de changement d'affectation est rejetée.Avec son unité, il part par bateau pour Cherbourg puis est évacué par mer à Casablanca.

Démobilisé, il revient en France le 27 août, revoit ses enfants à Montluçon les 28 et 29 et le 31 gagne Clermont où il est engagé par Jean Prouvost et redevient journaliste. Il vit alors à Lyon et travaille à Paris-Soir. Pour sauver sa femme et sa fille restées à Paris, ainsi que le philosophe Alain, malade, il contacte l'écrivain allemand Friedrich Sieburg avec qui il avait eu des relations amicales. Jeanne-Claude et sa fille arrivent ainsi à Lyon fin octobre 1940 où, jusqu'en janvier 1941, ils séjournent au Grand Nouvel Hôtel.

Jusqu'en novembre 1942, il travaille à Paris-Soir où il publie en feuilleton La Création chez Stendhal. Il sympathise à Lyon avec André Latarjet et avec son fils Raymond. Il permet à ce dernier, en reprenant son manuscrit, de faire publier son roman Laponie.

En juin 1942, il publie sa thèse Stendhal et l'Art d'écrire aux éditions du Sagittaire à Marseille, qu'il soutient en novembre 1942 à la faculté des lettres de Lyon sous la présidence de Daniel Delafarge, Paul Hazard n'ayant pas réussi à franchir la ligne de démarcation. Il est reçu avec la mention « très honorable ». Gaëtan Picon qualifie cette thèse de « tout premier ordre » dans son Panorama de la nouvelle littérature française.

Fin 1942, il dirige un numéro spécial de la revue Confluences consacré aux problèmes du roman. Parmi les signatures, celles de : Paul Valéry, Edmond Jaloux, Marcel Arland, Albert Camus, Jean Cocteau, Stanislas Fumet, Georges Simenon, Elsa Triolet ou encore Louis Aragon sous le pseudonyme de Paul Wattelet. Prévost en écrit l'introduction ainsi que des articles sur Roger Martin du Gard, Valery Larbaud, Jean Giono et l’œuvre d'André Chamson. Le numéro sort en 1943.

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