Jean Lassalle, né le 3 mai 1955 à Lourdios-Ichère (Basses-Pyrénées, aujourd'hui Pyrénées-Atlantiques), est un homme politique français.
Il est maire de Lourdios-Ichère de 1977 à 2017 et député de 2002 à 2022. Remarqué pour ses interventions à l'Assemblée nationale, il acquiert une notoriété nationale avec sa grève de la faim pour éviter le départ de la vallée d'Aspe de l'usine Toyal.
Après avoir fondé le parti Résistons, il se présente à l'élection présidentielle de 2017, où il finit en septième position sur onze candidats, avec 1,21 % des suffrages exprimés. Concourant à l'élection présidentielle de 2022, il obtient 3,13 % des voix, terminant septième sur douze candidats.
Après vingt ans passés à l'Assemblée nationale, il ne brigue pas un nouveau mandat dans sa circonscription à l'occasion des élections législatives de 2022 et apporte son soutien à la candidature de son frère Julien, qui n'est pas élu, avant d'être lui-même battu aux législatives de 2024.
Jean Lassalle naît le 3 mai 1955 à Lourdios-Ichère, petit village de la vallée d'Aspe. Il est issu d’une famille de bergers pratiquant la transhumance dont l’exploitation à flanc de montagne est aujourd’hui tenue par son frère, Julien Lassalle. Après des études classiques où il apprend le latin et le grec, il devient technicien agricole spécialisé dans l’hydraulique et l’aménagement du territoire. Il fonde une société de conseil qui emploie une dizaine de salariés.
Sa langue maternelle est le béarnais, et il signe Jan de Lassala quand il écrit dans cette langue.
Jean Lassalle et son épouse Pascale ont quatre enfants : Alizée, Geoffray, Amaury et Thibault Lassalle, rugbyman professionnel.
À 21 ans, en mars 1977, il est élu maire de son village natal de Lourdios-Ichère, devenant ainsi un des plus jeunes maires de France avec Barthélémy Aguerre. Il reste maire de cette commune jusqu'en juillet 2017. Il raconte s'être produit au théâtre Bolchoï dans les Chœurs de l'Armée rouge devant Léonid Brejnev après un soir de beuverie lors d'un voyage à Moscou.
En 1982, il est élu conseiller général des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d'Accous et entre au conseil général des Pyrénées-Atlantiques comme benjamin. De 1988 à 2002, Jean Lassalle est suppléant du député RPR Michel Inchauspé puis devient, en 2002, député, élu dans la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques.
Il est, de 1994 à 2011, vice-président de l'Assemblée départementale où il préside le comité départemental du tourisme. Jean Lassalle est également, durant dix ans, président du parc national des Pyrénées. Il est, depuis 1994, à la tête de l'institution patrimoniale du Haut-Béarn.
Il est aussi, pendant huit ans, à la tête de l'association des maires des Pyrénées-Atlantiques, ayant pour objet la représentation des maires et président d'établissements publics de coopération intercommunale adhérents, en facilitant l'exercice de leurs fonctions, cet aspect se traduisant notamment par un contrat groupe garantissant la responsabilité personnelle des maires, ainsi que par le développement d'actions de formation envers les élus des communes. Il est également investi dans l'association départementale des élus de montagne.
Le 26 décembre 2009, après trois jours de votes électroniques, les militants du MoDem en Aquitaine désignent, à 86,6 % des suffrages exprimés, Jean Lassalle pour être tête de liste pour le MoDem lors des élections régionales de 2010 en Aquitaine. La liste MoDem est baptisée « Force Aquitaine ». Jean Lassalle se présente en première position de la liste en Gironde. Sa liste est créditée de 12 % des intentions de vote au premier tour, ainsi qu'au second tour. À l'issue du premier tour, le 14 mars 2010, il obtient 112 737 voix, soit 10,43 % des voix, arrivant en troisième position sur onze candidats. Le second tour des élections régionales de 2010 en Aquitaine a pour configuration une triangulaire : PS (liste Alain Rousset), UMP (liste Xavier Darcos), MoDem (liste Jean Lassalle). À l'issue du second tour, le 21 mars 2010, il obtient 178 858 voix, soit 15,65 % des voix et termine en troisième position à l'issue de cette triangulaire.
Proche de François Bayrou, il participe activement à la campagne présidentielle de celui-ci en 2007. Il est dans la foulée élu député UDF-MoDem aux législatives de juin 2007 à la suite d'une triangulaire — la seule de ce scrutin — face à Hervé Lucbéreilh (UMP) et Jean-Pierre Domecq (PS). Il adhère au MoDem dès le lancement officiel de ce parti en novembre 2007 et en devient l'un des vice-présidents le 27 mars 2010. Il déclare avoir refusé la proposition de Nicolas Sarkozy d'obtenir le ministère de la Défense.
Il vote pour Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle de 2012 au contraire de François Bayrou. Au second tour des élections législatives de juin suivant où il se présente sous l'étiquette « Le Centre pour la France » (MoDem), il est réélu en obtenant 50,98 % des suffrages exprimés contre son rival François Maïtia (PS). À l'Assemblée nationale, il siège comme député non-inscrit ; son suppléant est Barthélémy Aguerre, directeur de l'entreprise Spanghero.
Un temps pressenti pour être tête de liste MoDem et poussé par François Bayrou, pour les élections régionales de 2015 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le 29 mai 2015, avant une rencontre avec Alain Juppé et Virginie Calmels, il indique que le MoDem pourrait mener une liste indépendante s'il n'est pas bien représenté sur les listes d'union de la droite et du centre, et si ses propositions ne sont pas écoutées. Cependant, des alliances se sont faites, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques auront des têtes de liste départementales MoDem.
Élection présidentielle de 2017
Début 2016, il critique la position de François Bayrou sur l’élection présidentielle de 2017 (candidature conditionnée par le succès ou non d'Alain Juppé à la primaire de la droite). Le 3 mars 2016, Jean Lassalle laisse entendre qu'il envisage une candidature à l'élection présidentielle. L'officialisation de celle-ci a lieu le 17 mars 2016 dans un entretien accordé à La République des Pyrénées.
Le 22 août 2016, il quitte le MoDem. En octobre suivant, il nomme son mouvement de campagne « Résistons ». Il obtient notamment le soutien de Gérard Schivardi, dirigeant du Parti ouvrier indépendant démocratique. De son côté, Jean Lassalle parraine Philippe Poutou (NPA), candidat lui aussi à cette élection.