Ce Jour-là

Jean Guéhenno

Écrivain français (1890-1978)

Anúncio

Jean Guéhenno, né Marcel Jules Marie Guéhenno, né le 25 mars 1890 à Fougères (département d'Ille-et-Vilaine), mort le 22 septembre 1978 à l’hôpital de la Salpêtrière dans le 13e arrondissement de Paris), est un écrivain et critique littéraire français.

Marqué profondément par son enrôlement durant la Première Guerre mondiale, il est par la suite une des figures du pacifisme. Il participe à la mise en place des mouvements de jeunesse à la Libération.

Marcel Jules Marie Guéhenno est issu d'une famille d'artisans et d'ouvriers bretons. Son père, Jean-Marie Guéhenno, né en 1863 à Pontivy (département du Morbihan), mort en 1910 à Fougères, est compagnon du tour de France. Sa mère, Jeanne Guirou, est chaussonnière et « Mère des compagnons » de l'Union Compagnonnique de Fougères.

À l'issue de la maladie puis du décès de son père, Jean Guéhenno est contraint d’abandonner l’école à quatorze ans pour s’engager comme employé dans une usine de galoches, mais continue à étudier seul, après ses journées de travail. Il réussit à obtenir le baccalauréat en 1907.

L'historien et membre de l'association « Les Amis de Jean Guéhenno » Florent Le Bot en fait l'une de ses sources pour son histoire industrielle de la chaussure en France.

Jean Guéhenno a raconté son enfance dans son livre Changer la vie, dans lequel il se remémore son enfance ouvrière, évoquant l’image de sa mère qui ne quittait guère de la journée sa machine à piquer, et la figure de son père, compagnon du Tour de France. Il reste profondément marqué par la pauvreté, voire la misère, dans laquelle la famille vivait.

La longue grève qui éclate à Fougères durant l’hiver 1906-1907 le marque pour toujours. Il écrit plus tard dans Changer la vie qu’elle « reste en moi comme la plus grande épreuve humaine à laquelle j’aie assisté ». Cette grève dure 98 jours : « C’était une affaire de pain, bien sûr, mais autant une affaire d’honneur, un dur combat ».

Première Guerre mondiale et carrière d'enseignant

Jean Guéhenno effectue ses études supérieures en classes préparatoires littéraires au lycée Louis-le-Grand. En 1911, il est reçu à l’École normale supérieure.

En 1913, Jean Guéhenno s'engage volontairement par devancement d'appel au sein du 32e régiment d'infanterie. Durant la Grande Guerre, élevé au grade de sous-lieutenant, il est mobilisé au sein du 32e régiment d'infanterie, du 135e régiment d'infanterie et du 77e régiment d'infanterie. Le 15 mars 1915, il est blessé par balle à la tête à Hooge (environs d'Ypres, Belgique). Il est mobilisé, après avoir refusé d'être réformé, au service de la censure postale de Lyon, puis dans un centre de rééducation d'officiers et de soldats devenus aveugles à Tours.

En 1916, Jean Guéhenno épouse, à Montolieu (département de l'Aude), Jeanne Maurel. Née en 1890 à Montolieu, elle est reçue à l’École normale supérieure de jeunes filles en 1910 puis à l'agrégation d'histoire en 1915. De leur union naît une fille, Louise Guéhenno, née en 1922, morte en 2017.

La Jeunesse morte, achevé en 1920, est son premier ouvrage, roman autobiographique. « La Jeunesse morte » est également le titre d'un chapitre du Journal d'un homme de 40 ans (1934) dans lequel Jean Guéhenno ose « dire la seule chose qu'on n'ose jamais dire, parce qu'elle fait crier d'horreur les mères, les épouses, les enfants, les amis… Je dirai donc que cette mort innombrable fut inutile. Je dirai donc que j'ai conscience que mes amis sont morts pour rien. Douze millions de morts pour rien ». En 1968, dans La Mort des autres, il parle encore de 14-18 comme de « cette grande erreur où nous avons gaspillé notre jeunesse et perdu nos amis ».

En 1920, il est reçu troisième à l’agrégation de Lettres. Jean Guéhenno commence sa carrière de professeur de lettres au lycée de Douai, puis à celui de Lille où il inaugure la première khâgne. Puis il est nommé professeur de première supérieure au lycée Lakanal et, par la suite, aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand à Paris.

En juillet 1919, il signe la « Déclaration de l'indépendance de l'Esprit ».

En 1927, il signe, avec notamment Alain, Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains et Séverine, la pétition contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, loi qui abroge, selon les signataires, toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Cette pétition paraît dans le numéro du 15 avril 1927 de la revue Europe.

Guéhenno devient justement directeur de publication de la revue Europe en 1929. Il assure cette fonction jusqu'en mai 1936. Sous sa responsabilité, la revue continue à être un acteur important de la vie culturelle et intellectuelle française, de nombreux écrivains d’horizons très divers pouvant s’y exprimer librement. Il quitte cette fonction en 1936, remplacé alors par Jean Cassou.

Il participe en 1930 au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

Jeanne Guéhenno, son épouse, meurt de maladie le 24 avril 1933.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Jean Guéhenno | World in Stories