Ce Jour-là

Jean Goulemot

Universitaire français

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Jean Goulemot (aussi parfois Jean-Marie Goulemot, Jean M. Goulemot) est un professeur et chercheur français né le 20 juillet 1937 à Granville et mort le 9 avril 2023 dans le 15e arrondissement de Paris. Son champ de spécialisation est le XVIIIe siècle, en particulier l’histoire des idées et des pratiques culturelles. Il est professeur émérite de l’Université de Tours, où il a enseigné de 1970 à 1998, après avoir été assistant, puis maître-assistant, à la Sorbonne de 1965 à 1970.

Normalien, agrégé de Lettres (1962) et docteur d’État, Jean Goulemot a été nommé membre de l’Institut universitaire de France en 1991 et il a longtemps collaboré à France Culture, notamment à l’émission Panorama.

Outre ses études sur des auteurs (Marivaux, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Chénier, Laclos, Casanova, Bernardin de Saint-Pierre, etc.) et ses manuels d’histoire littéraire, Jean Goulemot a consacré ses recherches principalement à cinq aspects du XVIIIe siècle.

En histoire des idées, il explore le concept de révolution sous l’Ancien Régime. Dès 1967, il publie ses premières réflexions sur le sujet dans les « Annales historiques de la Révolution française ». Sa thèse de doctorat, « Discours sur l’histoire, discours sur les révolutions à l’Âge classique », publiée en 1975, puis rééditée, dans une version augmentée, en 1996, porte sur l’imaginaire politique associé à ce concept depuis le XVIe siècle. C’est dans ce cadre qu’il aborde les textes utopiques et le statut de l’engagement des intellectuels, écrivains et philosophes.

Dès le début des années 1970, il collabore aux premières entreprises de recherche assistée par ordinateur. Il publie alors des travaux de lexicométrie sur Jean-Jacques Rousseau et sur le vocabulaire de la Révolution française.

Ses travaux sur la littérature érotique explorent deux dimensions de l’imaginaire sexuel. D’une part, il édite des textes scientifiques de Samuel Auguste Tissot, de J.D.T. de Bienville et de Jean-Baptiste Thiers. D’autre part, il s’interroge sur les mécanismes de la lecture des œuvres de ce genre, dans des travaux sur Sade et sur Restif de La Bretonne. C’est l’objet de l'ouvrage Ces livres qu’on ne lit que d’une main. Lecture et lecteurs de livres pornographiques au XVIIIe siècle, d’abord paru en 1991, puis traduit en anglais en 1994. Pour Jean-Christophe Abramovici, c'est grâce à Jean Goulemot que cette littérature « est aujourd'hui un véritable objet d'étude. »

Il aborde l’écriture autobiographique et les formes de l’intimité aussi bien chez des auteurs classiques, notamment Jean-Jacques Rousseau, que chez des mémorialistes méconnus, par exemple Valentin Jamerey-Duval, qu’il édite en 1981, puis en 2011.

Enfin, dès 1973, dans un article intitulé « Propositions pour une réflexion sur l’épistémologie des recherches dix-huitiémistes », il réfléchit au fondement des recherches sur le Siècle des Lumières. Cela l’amène à écrire, en 1980, « Vouloir ne plus être dix-huitiémiste », puis, en 2002, à rappeler son « Parcours ».

Jean Goulemot a aussi écrit sur le rapport de la France, et particulièrement du Parti communiste français, à la figure de Joseph Staline, ainsi que sur l’histoire des bibliothèques et sur l’histoire de la lecture.

Le Siècle des Lumières, Paris, Seuil, coll. « Peuple et culture », no 21, 1968, 254 p. Avec Michel Launay, avec la collaboration de Georges Mailhos. Rééditions : 1972 et 1975. Traduction : El Siglo de las Luces, Ediciones Guadarrama, 1969, 347 p.

Discours, révolutions et histoire : représentations de l’histoire et discours sur les révolutions de l’âge classique aux Lumières, Paris, Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », no 1012, 1975, 510 p. Réédition : Le règne de l’Histoire. Discours historiques et révolutions. XVIIe – XVIIIe siècles, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel Idées », 1996, 455 p. (ISBN 2-226-08787-7) (ISSN 1158-4572)

Le Clairon de Staline : de quelques aventures du Parti communiste français, Paris, Le Sycomore, coll. « Boîte de Pandore », 1981, 161 p. Nouvelle édition : Pour l’amour de Staline. La face oubliée du communisme français, Paris, CNRS Éditions, 2009, 378 p. En annexe, trois études sur les commémorations des Lumières. (ISBN 978-2-271-06713-5)

La Littérature des Lumières, Paris, Bordas, coll. « en toutes lettres », no 4, 1989, 189 p. (ISBN 2-04-018279-9) Nouvelle édition : Paris, Nathan/VUEF, coll. « Lettres Sup », 2002, 186 p. (ISBN 2-09-191238-7)

Ces livres qu’on ne lit que d’une main. Lecture et lecteurs de livres pornographiques au XVIIIe siècle, Aix-en-Provence, Alinéa, coll. « De la pensée », 1991, 171 p. Ill. (ISBN 2-7401-0010-8) Deuxième édition revue, augmentée et corrigée : Paris, Minerve, 1994, 182 p. Ill. (ISBN 2-86931-071-4) Traduction : Forbidden Texts : Erotic literature and its Readers in Eighteenth-Century France, traduction de James Simson, Philadelphie, University of Philadelphia Press, 1994, 167 p.; Oxford, Polity, 1995, 167 p. (ISBN 0-7456-1021-8)

Gens de lettres, écrivains et bohèmes. L’imaginaire littéraire 1630-1900, Paris, Minerve, 1992, 199 p. Avec Daniel Oster. (ISBN 2-86931-062-5)

Vocabulaire de la littérature du XVIIIe siècle, Paris, Minerve, 1996, 240 p. Avec Didier Masseau et Jean-Jacques Tatin-Gourier. (ISBN 2-86931-083-8)

Adieu les philosophes. Que reste-t-il des Lumières ?, Paris, Seuil, coll. « L’avenir du passé », 2001, 214 p. (ISBN 2020376296)

André Chénier. Poésie et politique, Paris, Minerve, coll. « Voies de l’histoire », série « Figures et problèmes », 2005, 216 p. Avec Jean-Jacques Tatin-Gourier. (ISBN 2-86931-113-3)

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