Jean Galbert de Campistron, né le 3 aout 1656 à Toulouse où il est mort le 11 mai 1723, est un dramaturge et librettiste français.
D’une bonne famille toulousaine, Galbert est éduqué chez les jésuites. Destiné par son père à une charge de dignitaire municipal, il se sent d’autres ambitions. Après avoir tenté d’enlever une jeune Toulousaine, à 17 ans, il est renié par son père et doit s’exiler à Paris.
Accueilli au sein d’un couple d’acteurs, chez les Raisin, le mari, Jean-Baptiste, également dramaturge partage son expérience et ses relations avec lui, notamment Jean Racine qui lui donne des conseils, tandis que sa femme l’inspire à composer deux tragédies, Virginie, puis Arminius, dont elle sera l’interprète.
En 1686, Racine le recommande à Jean-Baptiste Lully pour le livret de la pastorale héroïque Acis et Galatée, joué à Anet, œuvre à succès restée vingt ans au répertoire. En 1684, pour consoler une actrice, il écrit la comédie l'Amante amant en cinq actes et en prose en 15 jours. Ses productions théâtrales lui valent d’être admis à l'Académie française, en 1701.
Le duc de Vendôme ayant décidé de le prendre à son service comme secrétaire général des Galères et de l’attacher à son état-major, il le suit partout, jusqu’au plus fort des combats, en Flandre, en Italie et en Espagne, envoyant des demandes de renfort ou des bulletins de victoire rédigées, le soir, au bivouac, jusqu’à la disgrâce de Vendôme, consécutive à la défaite d'Audenarde, en 1708.
Nommé marquis de Penango en Montferrat et chevalier de l’ordre de Saint-Jacques, il retourne au pays natal, fait sa paix avec l’Église et se marie avec une Maniban de Cazaubon. Mainteneur de l'Académie des Jeux floraux, en 1694, membre de la confrérie des Pénitents noirs, directeur de l'hôpital Saint-Joseph de la Grave, il vit dans son l’hôtel particulier de la rue Peyras et passe la belle saison dans son domaine de Montpapou, où il se livre des expérimentations d’agronomie. Son bonheur était devenu proverbial à Toulouse, où l’on répétait : « Urous como Campistrou ! »
Auteur à succès de son vivant et après sa mort, certaines de ces pièces sont restées au répertoire de la Comédie-Française, jusqu’en 1765, et ses œuvres ont connu une trentaine d’éditions et de rééditions, à Paris et à Amsterdam, jusqu’en 1822. En 1731, Voltaire, le comparant à Corneille, déplore des « vers sans être absolument mauvais […] faibles et sans beauté », mais évoque néanmoins « un art qu'il cultivait d'ailleurs avec succès », même s’il « voit partout la même langueur de style ». Victor Hugo en a fait le symbole de l'imitateur sans génie dans ce vers célèbre : « Sur le Racine mort, le Campistron pullule ».
L’histoire locale de sa mort évoque un bon repas à Balma, dans la résidence d’été de l’archevêque de Toulouse, un retour en carrosse, sous la chaleur, jusqu’à la place Saint-Étienne, les porteurs de chaise doublant le tarif en voyant la corpulence du client, la colère de Campistron, les coups de canne, l’apoplexie, la saignée opérée par un barbier…, mais sa mort est, en réalité, plus prosaïque : souffrant depuis longtemps d’une maladie pulmonaire qui finit par l’emporter, il est mort chez lui et a été inhumé dans l’église des Cordeliers.
Virginie, tragédie, Comédie-Française, 12 février 1683.
Arminius, tragédie, Comédie-Française, 19 février 1684.
Alcibiade, tragédie, Comédie-Française, 28 décembre 1685.
Andronic, tragédie, Comédie-Française, 8 février 1685. — La pièce reprend l'histoire de Don Carlos sous des noms d'emprunt.
Acis et Galatée, opéra-ballet, musique de Lully (Château d'Anet, 6 septembre 1686 ; Académie royale de musique, 17 septembre). Pastorale héroïque en musique, représentée pour la première fois au château d'Anet devant Mgr le Dauphin par l'Académie royale de musique.
Phraate, tragédie, Comédie-Française, 26 décembre 1686.
Phocion, tragédie, Comédie-Française, 16 décembre 1688.
L'Amante amant, comédie Comédie-Française, 2 août 1684.
Achille et Polixène, tragédie en musique Académie royale de musique, 7 novembre 1687.
Adrien, tragédie chrétienne tirée de l'Histoire de l'Église, Comédie-Française, 11 janvier 1690.