Ce Jour-là

Jean Ferrat

Auteur-compositeur-interprète français

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Jean Ferrat (nom de scène de Jean Tenenbaum), né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Seine-et-Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas (Ardèche), est un auteur-compositeur-interprète français. Auteur de chansons à texte, il alterne durant sa carrière chansons sentimentales, chansons poétiques et chansons engagées et est souvent confronté à la censure. Reconnu pour son talent de mélodiste, il met en musique et popularise de nombreux poèmes de Louis Aragon dont il avait obtenu l'approbation.

Compagnon de route du Parti communiste français, il s'en démarque toutefois sur différents sujets.

Bien qu'il soit peu présent dans les médias et qu'il se soit retiré de la scène à l'âge de 42 ans, cet ardent défenseur de la chanson française connaît un grand succès critique et populaire. Apprécié d'un large public, Jean Ferrat est considéré, à l'instar de Léo Ferré, Georges Brassens ou Jacques Brel, comme l'un des grands noms de la chanson française.

Origines familiales et enfance

Né à la fin de l'année 1930 à Vaucresson, Jean Ferrat est le fils de Mnacha Tenenbaum (1886-1942), un Juif russe, immigré en France en 1905 et naturalisé français en 1928, et d'Antoinette Malon (1888-1964), une Parisienne issue d'une famille auvergnate.

Pendant la Première Guerre mondiale, Mnacha Tenenbaum, ouvrier joaillier de métier, est engagé volontaire et affecté comme ajusteur dans un atelier d'aviation. C'est à cette époque qu'il rencontre Antoinette Malon, ouvrière dans une entreprise de fleurs artificielles, et qu'il épousera le 8 décembre 1917. Après son mariage, elle quitte son emploi pour élever ses enfants : Raymonde (née en 1916 à Paris), André (né en 1918 à Draveil), Pierre (né en 1925 à Vaucresson) et Jean (né en 1930 à Vaucresson).

Peu après la fin de la guerre, la famille s'installe à Vaucresson dans une maison particulière. Mnacha est artisan joaillier et compose pièces et parures pour des commanditaires parisiens. À l'époque de sa naturalisation (24 juillet 1928), il est assez aisé pour régler la totalité des droits afférents, assez élevés.

En 1935, la famille quitte Vaucresson et s'installe à Versailles. Chez les Tenenbaum, on apprécie la musique et le chant. Jean Ferrat confiera : « Mon père et ma mère m'ont communiqué leur passion de la musique et du chant. Ils allaient souvent à l'Opéra-Comique et ma mère, qui avait une jolie voix de soprano, chantait Lakmé et Manon. Je crois qu'elle aurait aimé être chanteuse. À la maison, les jeunes chantaient Trenet et les moins jeunes Tino Rossi et Jean Lumière. […] C'était alors un peu la guerre. »

Jean est fortement marqué par l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son père, qui est de nouveau engagé volontaire en 1939, est cependant touché par les mesures antijuives du statut des Juifs imposé par le gouvernement de Pétain (1940 et 1941). En 1942, il est astreint au port de l'étoile jaune, mais se croit protégé par son statut de Français (et d'époux d'une non-juive) : il refuse de partir pour la zone libre. Peu après, durant l'été 1942, il est arrêté et interné au camp de Drancy, puis déporté par le convoi 39 du 30 septembre 1942 à Auschwitz, où il est assassiné dans le cadre de la Solution finale (plus tard, Ferrat évoquera la disparition de son père, bien après sa chanson Nuit et brouillard, dans la chanson Nul ne guérit de son enfance - album Dans la jungle ou dans le zoo). La dernière adresse de Mnacha Tenenbaum est au 3 avenue de Saint-Cloud dans le 16e arrondissement de Paris.

L'enfant est caché un moment par des militants communistes, puis sa famille (Jean, sa mère, sa sœur et ses frères) se réfugie en zone libre, à Font-Romeu. Il y reste deux ans, et y fait sa sixième et sa cinquième, puis retourne vivre à Versailles avec sa tante. Il entre le 1er décembre 1943 en cinquième moderne au collège Jules-Ferry (aujourd’hui lycée Jules-Ferry).

En juin 1944, la famille décide de les faire revenir en Cerdagne afin d'éviter les affrontements qui s'annoncent, liés à la Libération. Mais, arrivés à Perpignan, ils reçoivent l'instruction de ne pas terminer le trajet : sa sœur est retenue par la Gestapo à la citadelle de Perpignan, tandis que l'un de ses frères se cache dans la montagne et que sa mère est interrogée par la Gestapo. Jean et sa tante logent alors à l'hôtel pendant un peu plus d'un mois, jusqu'à ce que sa sœur soit libérée. La famille gagne alors Toulouse, où elle est hébergée un temps par les parents de la belle-sœur de Jean, puis par une famille de paysans dans l'Ariège, grâce aux réseaux de résistants dont fait partie le beau-père de Pierre Tenenbaum, Marcel Bureau.

Après avoir effectué une seconde (filière moderne), il doit quitter le collège Jules-Ferry pour aider financièrement sa famille. Sans diplôme ni expérience, il est embauché comme aide-chimiste dans un laboratoire spécialisé dans le Bâtiment et les Travaux Publics à Paris. De manière à progresser, il prend des cours du soir puis poursuit pendant plusieurs années un cursus au Conservatoire national des arts et métiers en vue de devenir ingénieur chimiste, ceci tout en prenant des cours de théâtre et en expérimentant l'interprétation et l'écriture musicale. En 1954, il quitte le métier de chimiste pour pouvoir se consacrer pleinement à la vie artistique et la chanson, menant la vie de bohème et fréquentant les cabarets parisiens.

Attiré par la musique, le théâtre et le classique, il entre dans une troupe de comédiens au début des années 1950, compose quelques chansons et joue de la guitare dans un orchestre de jazz. Il passe alors sans grand succès quelques auditions, fait des apparitions au cabaret sous le nom de Jean Laroche, et, ne se décourageant pas, décide de se consacrer exclusivement à la musique.

En 1956, il met en musique Les Yeux d'Elsa, poème de Louis Aragon dont il sera toute sa vie l'admirateur. C'est André Claveau, alors fort en vogue, qui interprète la chanson et apporte ainsi un début de notoriété à Jean, qui se produit très régulièrement au cabaret parisien La Colombe de Michel Valette, en première partie de Guy Béart. La même année, une jeune chanteuse, Christine Sèvres, dont il a fait la connaissance, reprend quelques-unes de ses chansons. À partir de fin 1957, il vit avec elle, tout d'abord chez les Tenenbaum, rue des Pyrénées, puis à Ivry.

En 1957, il chante, en s'accompagnant à la guitare, dans quelques cabarets de la Rive gauche : Milord l'Arsouille, La Colombe, L'Échelle de Jacob, La Rôtisserie de l'Abbaye.

En 1958, il sort chez Vogue son premier 45 tours EP, qui ne rencontre cependant guère de succès.

Sa rencontre en 1959 avec Gérard Meys, qui deviendra son éditeur et son ami, lance sa carrière. Il signe alors un contrat chez Decca avec Daniel Filipacchi et, l'année suivante, sort son second 45 tours EP avec la chanson Ma Môme, qui devient son premier succès en passant sur toutes les ondes. Quasiment en même temps, RCA publie un 45 tours EP des quatre chansons qu'il a enregistrées sous le pseudonyme de Noël Frank. Le disque n'a aucun succès.

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