Ce Jour-là

Jean Ferré

Journaliste français et historien de l'art

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Jean Ferré, né le 29 mai 1929 à Saint-Pierre-les-Églises et mort le 10 octobre 2006 à Saint-Germain-en-Laye, est un journaliste et essayiste français.

Engagé à droite, il fonde en 1987 Radio Courtoisie, qu'il préside jusqu'à sa mort.

À partir de 1942, Jean Ferré effectue ses études secondaires au collège Saint-Stanislas de Poitiers (collège de Jésuites). Après avoir passé le baccalauréat de mathématiques élémentaires (dit « math élem »), il entre à l’École spéciale de mécanique et d'électricité (ESME Sudria). Il ne terminera pas ses études[source secondaire souhaitée].

Fin 1945, Jean Ferré fabrique un émetteur-récepteur ondes courtes à double changement de fréquence à lampes. Ce goût pour la radio ne le quittera jamais.

En 1949, il devient radioamateur sous l'indicatif F9OV. Il contacte souvent K2UN, un radioamateur américain, plus connu sous le nom de Barry Goldwater, qui en 1964 sera candidat malchanceux à la présidence des États-Unis. K2UN émettait du toit de l'édifice des Nations unies avec un matériel très performant : il était toujours étonné de parvenir à contacter Jean Ferré qui ne disposait que d'un petit émetteur de 10 watts. Un jour que K2UN était en France, Jean Ferré demanda à le rencontrer. Son ancien correspondant se souvenait de lui. Pour Barry Goldwater, Jean Ferré était « Mister 10 watts ! ».

Les débuts dans le journalisme

En 1952, avec Alain Tête, Jean Ferré traverse, à bord d'un véhicule de tourisme, le Rio de Oro et devient le premier à atteindre la ville interdite de Smara. Il relatera cette aventure dans Au désert interdit.

La même année, il se lie d'une grande amitié avec l'éditeur Bernard Grasset. Pendant deux ans, ils dînent ensemble presque tous les soirs. C'est Bernard Grasset qui fait apprécier à Jean Ferré l'œuvre de Henry de Montherlant.

Début 1956, il participe à l'hebdomadaire Notre époque, créé à l'instigation d'investisseurs catholiques désireux de constituer un pendant, à droite, de la Vie Catholique illustrée. Mais cet hebdomadaire cesse de paraître au bout de cinq mois.

En juin 1956, il crée le mensuel d'actualité C'est-à-dire. Par sa ligne éditoriale, le périodique se veut résolument à droite. Pour la maquette, son modèle est Time Magazine. Sur le plan du format, C'est-à-dire préfigurait ce qu'on appelle aujourd'hui news magazine : Le Point, Valeurs actuelles, L'Express, Le Nouvel Observateur. Participent à la création du mensuel Jean-François Chiappe, Jean-Luc de Carbuccia ou encore l'homme de théâtre Jacques Hébertot. Jean Ferré bénéficie également du soutien et de l'amitié de Louis Pauwels et de la participation de Nicole de Buron. Avec son aîné Jean Dauven, Ferré avait réuni parmi ses collaborateurs Stephen Hecquet, Pierre-Antoine Cousteau, Pierre Fontaine, Lucien Rebatet.

En 1958, il crée Artaban avec le directeur de théâtre Jacques Hébertot. Dans cette dernière publication se côtoient des plumes prestigieuses : Jean de La Varende, Stephen Hecquet, Pierre Gaxotte, Thierry Maulnier, Henry de Montherlant.

Jean Ferré et l'Algérie, l'exil en Espagne

Jean Ferré est partisan de l'Algérie française. Il est sur ce point en désaccord avec le Général de Gaulle.

Il demande à son équipe d'éviter les polémiques. Mais, dans un article, Jean-François Chiappe met violemment en cause le Général de Gaulle (le qualifiant de « paranoïaque », au « délire intermittent »). La revue est alors saisie pour offense au chef de l'État. Jean Ferré continue quelque temps à l'éditer sous la forme d'une lettre confidentielle ronéotypée qui est à son tour saisie.

Fin 1960, il rend visite au général Salan réfugié en Espagne, avec qui il entame alors une collaboration.

Le 19 ou 20 avril 1961, c'est lui qui transmet à Salan le plan du futur putsch des généraux (source : Radio Courtoisie, émission de Catherine Gourin du 3 octobre 1991). Cette collaboration lui vaut d'être poursuivi et Jean Ferré entre dans la clandestinité.

Fin septembre 1961, recherché pour sa participation au putsch, pour son soutien à l'OAS et pour offense au chef de l'État, Jean Ferré est interpellé et conduit à la prison de la Santé, où il commence une grève de la faim. Puis, il reçoit le statut d'« interné administratif », selon la formule du Ministre de l'Intérieur de l'époque Roger Frey, formule qui désigne un suspect qui n'a pas encore été jugé. À ce titre, Jean Ferré est incarcéré au camp militaire de Saint-Maurice-l'Ardoise, à Saint-Laurent-des-Arbres dans le Gard. Il y est chargé, par ses co-détenus, de lire les journaux chaque matin et de leur livrer une analyse politique de la situation.

En 1962, il est libéré. Mais il est à nouveau menacé par la justice française. Cependant, le juge Schweig l'avertit de son arrestation imminente et de la peine de dix ans de réclusion déjà préétablie à son encontre; grâce à quoi il évite le procès et s'exile en Espagne, où il fréquente des personnalités du régime franquiste, dont notamment la sœur du Caudillo . Par ailleurs, il se lie d'amitié avec le futur premier président du Sénat de l'Espagne démocratique, le défenseur des droits de l'homme Antonio Fontán.

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