Jean Théodore Dupas né à Bordeaux le 21 février 1882 et mort à Paris le 6 septembre 1964 est un peintre, affichiste et décorateur français, représentatif de l'Art déco.
Élève avec Pierre Bodard (1er Prix de Rome 1909) à l'École des beaux-arts de Bordeaux dans l'atelier de Paul Quinsac et des décorateurs Artus et Jean-Gustave Lauriol, Jean Dupas entre ensuite à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Gabriel Ferrier où il rejoint l'ami Bodard qu'il retrouvera encore à Rome lors de son séjour comme pensionnaire de la Villa Médicis. Il obtient le prix de Rome de 1910 dont le sujet est Éros vainqueur du dieu Pan. Son style très personnel est rattaché au néoclassicisme des années 1920 ou à l'Art déco. Il part à la villa Médicis à Rome, sous la direction de Carolus-Duran, puis d'Albert Bernard, où il retrouve le sculpteur Alfred Janniot et plusieurs amis dont Jean Despujols, Robert Poughéon et Pierre Bodard. Il y invite son ami Roger Bissière. Mobilisé en 1914 pendant la Première Guerre mondiale, il est libéré en 1919, année où il retourne à Rome pour faire une dernière année, pendant laquelle il présente une dizaine d'œuvres à Bordeaux au bénéfice des blessés de la Grande Guerre. Il fera ses premières armes durant trois ans dans les ateliers d'un peintre bordelais, Émile Vernay, auquel il dédicacera des années plus tard une œuvre Nymphe drapée dans un jardin antique en 1945.
Nommé conservateur du musée Marmottan à Paris en 1940, il devient membre de l'Académie des beaux-arts en 1941. Nommé professeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il compte parmi ses élèves : Jean-Pierre Alaux, Jean Monneret, Jean Joyet, Gabriel Deschamps, Roger Forissier, Roger Festernaz et Geoffroy Dauvergne. Il quitte son poste en 1951 pour subir une intervention chirurgicale et est remplacé par Edmond Heuzé. Il termine sa carrière comme directeur du musée Marmottan.
Jean Dupas intervient, comme nombre d'artistes de l'époque, dans les domaines les plus variés. En 1923 et 1924, il travaille à des commandes de la Manufacture nationale de Sèvres, ainsi qu'à des cartons pour la Manufacture des Gobelins. Il dessine pour de grands magazines de mode comme Vogue et Harper's Bazaar. En 1925, il envoie une huile sur toile, Les Perruches, à l’Exposition des arts décoratifs où elle est très remarquée. En 1927, il conçoit le catalogue des fourrures Max chez l'imprimeur Draeger. Il est membre des Ateliers d'art sacré, après 1919, dans le sillage de Maurice Denis et George Desvallières, et participe au renouveau de la fresque. Il travaille à ce titre à la décoration de l'église du Saint-Esprit à Paris, collaborant, entre autres, avec le peintre lyonnais Louis Bouquet, ordonnateur du salon de l'Afrique aux palais des Colonies à Paris. Il réalise également des affiches pour les Grands Magasins Dufayel. Il demeure à cette époque au 19, boulevard de Port-Royal à Paris.
Il garde toutefois une prédilection pour les œuvres monumentales : « Plus grand est mon travail, plus je suis heureux ».
Il reste très attaché à sa ville natale pour laquelle il réalise notamment une grande composition, La Vigne et le vin, destinée à l'Exposition des arts décoratifs de 1925. Il exécute par ailleurs de nombreuses commandes publiques et privées.
Il reçoit commande du ministère de la Justice en 1940 d'un projet de tapisseries pour remplacer celles de l'hôtel de Bourvallais à Paris, alors abîmées. Il présente un carton intitulé La Marseillaise en 1945. Ces tapisseries ne seront jamais réalisées
Il collabore à la décoration de plusieurs paquebots comme l’Île-de-France et le Liberté, avec Alfred Janniot et Jacques-Émile Ruhlmann. Un de ses tableaux figure dans la chambre de l'héroïne du film américain d'Ernst Lubitsch, Haute Pègre (1932). Il travaille avec le maître verrier Jacques Charles Champigneulle, qui exposera dans son atelier du boulevard du Montparnasse les dessins préalables à la décoration du grand salon du Normandie, réalisée en 1935, dont une feuille est conservé au musée national de la Marine à Paris. Pour la décoration de ce grand salon du Normandie, il peint 400 m2 de peinture sur glace de verre églomisé. Une partie de l'ensemble, L'Enlèvement d'Europe, est conservée à Saint-Nazaire à l'Escal'Atlantic, dans la base sous-marine, notamment un panneau de laque exécuté par Jean Dunand d'après les dessins de Dupas.
Il participe en 1936 au chantier de la bourse du travail de Bordeaux, y réalisant deux peintures murales. Il termine la même année la décoration d'un panneau mural pour le salon de l'argenterie du palais royal de Bucarest. En 1938, il participe à la réalisation du pavillon de la France pour l'Exposition universelle de New York de 1939, dont les architectes sont Roger-Henri Expert et Pierre Patout et ses collaborateurs Michel Dufet et Claude Ferret. Il reste à New York où il rencontre un grand succès.
Devenu célèbre, il est sollicité pour réaliser des affiches pour les sociétés de transport londonien. Il réalise six affiches pour le métro de Londres, ainsi que celle du Salon des artistes décorateurs de 1925 .
Le Chevrier Lammon trouve Daphnis enfant, 1909, esquisse, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.
Jésus servi par les anges, Salon de 1909, localisation inconnue.
Pays basque espagnol, Salon de 1909, localisation inconnue.
L'Amour vainqueur de Pan, 1910, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.
La Mort de San Bernardino, 1914, d'après Pinturicchio, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts.
L'Archer, 1917, Bordeaux, musée des Beaux-Arts.
Le Tireur à l'arc, 1918, Bordeaux, musée des Beaux-Arts.
Les Pigeons blancs, 1918, Bordeaux, musée des Beaux-Arts.