Ce Jour-là

Jean Charest

Avocat et homme politique canadien

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Jean Charest /ʒɑ̃ ʃɑʁɛ/, né le 24 juin 1958 à Sherbrooke (Québec), est un avocat et un homme politique canadien. Il est le 29e premier ministre du Québec du 29 avril 2003 au 19 septembre 2012.

En politique fédérale, il est brièvement vice-premier ministre du Canada en 1993 puis chef du Parti progressiste-conservateur de 1993 à 1998. Il s'est notamment fait connaître au Québec en tant que vice-président du comité du « non » lors du référendum québécois de 1995.

Il se lance ensuite en politique provinciale, en prenant la direction du Parti libéral du Québec en 1998 et devient le premier ministre du Québec à la suite de l'élection générale de 2003 qui porte au pouvoir un gouvernement majoritaire libéral.

Après un second mandat avec un gouvernement minoritaire, Charest revient avec un nouveau gouvernement majoritaire pour son troisième mandat. Ce mandat est marqué par des allégations de financement douteux, des scandales dans le secteur de la construction et le refus longtemps répété de Charest d'instituer une enquête publique concernant la collusion du financement des partis politiques et la corruption dans le monde de la construction. Après une pétition de 247 379 signatures demandant sa démission en 2011 et une importante grève étudiante en 2012, Charest est battu dans sa circonscription lors des élections générales du 4 septembre 2012 alors que son parti perd le pouvoir au profit du Parti québécois.

Il tente un retour en politique lors de la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada, en 2022, mais est battu par Pierre Poilievre.

En 2025, il est annoncé que Charest fera partie d'un Conseil sur les relations canado-américaines, celui-ci mis sur pied par Justin Trudeau en réponse aux tarifs douaniers de Donald Trump.

Études en droit et politique fédérale

Né John James Charest en 1958, il est le fils de Claude Charest et de Rita Leonard, une Irlando-Canadienne à qui il doit son prénom. Son père est un conservateur de longue date mais ne s'implique pas en politique active, et le père de celui-ci a été organisateur politique pour l'Union nationale à Sherbrooke dans les années 1930. Le jeune Charest complète ses études collégiales au Séminaire de Sherbrooke puis entreprend un baccalauréat en droit à l'Université de Sherbrooke. Sa mère décède prématurément en 1976 alors qu'il est encore aux études, ce qui l'affecte beaucoup. La même année, il a 18 ans et vote pour le Parti québécois aux élections générales.

Avant même d'être diplômé en 1980, il est en couple avec Michèle Dionne, sa future épouse avec qui il aura trois enfants, dont Antoine Dionne Charest. Ils se marient le 21 juin 1980, à Sherbrooke. Il effectue un stage à l'Aide juridique, puis est admis au Barreau du Québec en 1981, en tant que « John James » (prénom d'ailleurs demeuré au bottin des avocats) changé par la suite pour « Jean » comme il y apparaît présentement. Il exerce initialement son métier à Sherbrooke au sein du cabinet Beauchemin Dussault, mais ne plaide que huit causes avant de commencer à s'intéresser sérieusement à la politique fédérale et aux progressistes-conservateurs. Le Parti progressiste-conservateur connaît alors des tensions internes et Jean Charest se range d'abord dans le camp du chef Joe Clark, (premier ministre de 1979 à 1980), mais va vite lui préférer Brian Mulroney qui va ravir la direction en 1983. Lors des élections de 1984, Charest est porté par une vague bleue et remporte la circonscription de Sherbrooke, acquise au Parti libéral du Canada depuis 1968 (le PC obtient la plus grande majorité parlementaire de l'histoire du pays). À son arrivée à Ottawa, son allure jeune, notamment sa chevelure ébouriffée, détonne. On lui offre quand même le poste de vice-président adjoint de la Chambre des communes, qu'il occupe jusqu'en 1986.

On lui propose ensuite, à l'âge de 28 ans, le titre de ministre d'État à la Jeunesse au sein du cabinet du premier ministre Brian Mulroney. C'est le plus jeune membre du conseil des ministres de l'histoire du Parlement. Puis, il est nommé en 1988 leader adjoint du gouvernement et ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur. C'est donc lui qui doit imposer une suspension au sprinter canadien Ben Johnson, épinglé pour dopage aux Jeux olympiques de Séoul.

En 1990, il doit toutefois démissionner après avoir commis l'imprudence de contacter le juge Macerola, qui lui reprochait d'avoir tenté de faire pression dans un dossier opposant un entraîneur d'athlétisme et sa fédération. Il est par la suite placé à la tête d'un comité parlementaire spécial sur la résolution de l'Accord du lac Meech en 1990, et c'est ce qui le fera revenir sous les projecteurs. Il sera en 1991 réintégré au cabinet, puis nommé ministre de l'Environnement. Avec Lucien Bouchard, il participe aux négociations préliminaires qui aboutissent à l'accord de Kyoto.

Chef du Parti progressiste-conservateur du Canada

Brian Mulroney démissionne du poste de chef du Parti progressiste-conservateur et premier ministre en 1993, empêtré dans la controverse. Charest se porte candidat à sa succession. Il arrive deuxième derrière la ministre de la Défense, Kim Campbell. Jean Charest est nommé vice-premier ministre et ministre de l'Industrie, des sciences et technologies dans le cabinet éphémère de Campbell.

Lors de l'élection de 1993, les progressistes-conservateurs sont balayés du pouvoir. Seulement deux des 295 candidats du parti sont élus : Charest et Elsie Wayne. En tant qu'unique membre restant de ce qui devait être le dernier cabinet progressiste-conservateur, Charest est nommé chef intérimaire du parti, et est confirmé au poste en avril 1995. Entre-temps, il est chargé de cours en science politique à l'Université Concordia en 1994 et en 1995.

Avant d'être confirmé dans ses fonctions de chef du parti, Charest lance un effort pour rebâtir le parti. Lors de l'élection de 1997, les conservateurs récoltent 19 % des suffrages, remportant 20 des 301 sièges, principalement dans les provinces maritimes. Le parti revient de loin, mais Charest est déçu par les résultats. Il avait en outre proposé de réduire les impôts, de faire une alternative à Jean Chrétien, de réviser la loi sur les armes à feu et de créer une charte des droits des victimes. Il s'était lié avec ceux qui dénonçaient la possibilité d'une partition de la province en cas de séparation.

Jean Charest, tout comme Jean Chrétien, premier ministre libéral du Canada ou encore Daniel Johnson du Parti libéral du Québec, fait campagne pour le « NON » en tant que chef du Parti conservateur du Canada. Il est le vice-président du Comité national des Québécoises et des Québécois pour le NON lors du référendum québécois de 1995.

Chef du Parti libéral du Québec

En avril 1998, Jean Charest se plie à la très grande pression publique et politique et quitte la politique fédérale pour entrer dans la politique provinciale, en prenant la direction du Parti libéral du Québec. Charest est en effet considéré comme le meilleur espoir des fédéralistes québécois pour vaincre le gouvernement souverainiste du Parti québécois. (Le Parti libéral du Québec n'est pas affilié avec les libéraux fédéraux bien qu'il l'ait déjà été à une époque.)

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