Jean Bosco (en italien : Giovanni Melchiorre Bosco), dit don Bosco, né le 16 août 1815 à Castelnuovo d'Asti (Piémont-Sardaigne) et mort le 31 janvier 1888 à Turin (Italie), est un prêtre piémontais puis italien.
Il a voué sa vie à l'éducation des jeunes enfants issus de milieux défavorisés et a fondé, en 1859, la Société de Saint François de Sales, plus connue sous le nom de congrégation des Salésiens. L'Église catholique romaine l'a déclaré saint le 1er avril 1934, sous le nom de saint Jean Bosco. Il est fêté le 31 janvier selon le Martyrologe romain et selon le calendrier des Saints Anglicans. C'est le saint patron des éditeurs, des éducateurs, des apprentis et des prestidigitateurs.
Jean Bosco est né le 16 août 1815 aux Becchi, un hameau de petites fermes près de Castelnuovo d'Asti (maintenant Castelnuovo Don Bosco), au Piémont. Ses parents sont des paysans pauvres et sa mère (Marguerite Occhiena, reconnue vénérable depuis 2006) devint veuve avec trois enfants en 1817.
Par son caractère et ses qualités intellectuelles, il avait une grande influence sur les enfants de son âge, qu'il entraînait avec lui vers les divertissements et la prière. Doté d'une mémoire extraordinaire et d'une intelligence hors du commun, il s’ingéniait à répéter à ses amis les sermons qu'il avait entendus à l'église. Ce sont là les premiers signes de sa vocation apostolique. Sa mission sacerdotale fut extraordinairement féconde.
Sa famille étant très pauvre, il fit ses études avec l'aide de bienfaiteurs et avec l'argent qu'il a gagné en travaillant, comme serveur dans un café ou comme palefrenier. Pendant ses études, il en a profité pour apprendre les différents métiers de ceux qui le logeaient. C'est ainsi qu'il fut tour à tour apprenti cordonnier, apprenti forgeron, apprenti menuisier. Sans le savoir, il se préparait à fonder différentes écoles de métiers à l'intention de ses futurs élèves. Ordonné prêtre en juin 1841, il se consacra aux jeunes pauvres et abandonnés des quartiers populaires de Turin, notamment aux jeunes ouvriers. On l'appelle « Don Bosco ».
Ému par les misères matérielles et spirituelles de cette jeunesse abandonnée, il décida de les réunir tous les dimanches, pour les instruire et les éduquer, tout en leur procurant des divertissements. Plusieurs de ces jeunes étaient errants, sans ressource ni famille. Beaucoup d'entre eux avaient connu la prison, souvent accusés d'avoir volé pour pouvoir se nourrir.
L'abbé Joseph Cafasso (1811-1860, canonisé en 1947), qui fut son ancien professeur de théologie morale et son conseiller spirituel au début de sa carrière sacerdotale, aussi aumônier des prisons de Turin, l'avait sensibilisé à cette dure réalité. Les premières fois que Don Bosco eut un contact des jeunes pour les aider, ce fut comme sa rencontre avec le jeune Barthelemy Garelli, le 8 décembre 1841. C'est au cours de cette rencontre, que Don Bosco a perçu l'appel de toute la jeunesse abandonnée.
Par ailleurs, ces jeunes étaient devenus farouches et agressifs et comprenaient mal l'intérêt qu'un prêtre pouvait leur porter, eux qui étaient abandonnés, désillusionnés et rejetés de partout. Aussi leurs premières réactions furent parfois des injures. Certains citoyens bien-pensants soupçonnaient aussi Don Bosco de rassembler des jeunes délinquants et désœuvrés pour fomenter des manifestations et des désordres, voire des révolutions.
Aussi, à la demande des citoyens et des autorités de la ville de Turin, fut-il expulsé de bien des endroits avec ses jeunes jugés bruyants et dérangeants avant de pouvoir s'établir définitivement dans le quartier de Valdocco, en banlieue de Turin. Deux chanoines, dont l'histoire a retenu les noms, Don Nasi et Don Alsoneti, pensèrent même que ses projets étaient la manifestation de la folie des grandeurs et tentèrent de le faire interner dans un asile de malades mentaux, appelé à l'époque « maison de santé ».
La perception de la population et des autorités de la ville changea rapidement à la suite du dévouement que déployèrent plusieurs de ces jeunes « voyous », dirigés par Don Bosco au cours de l'épidémie de choléra qui sévit à Turin dans les années 1854-1855. Miraculeusement, aucun de ces jeunes infirmiers ne fut contaminé. Il devint alors évident qu'il fallait prendre au sérieux les activités de Don Bosco et des jeunes garçons qu'il accueillait. Il est mondialement connu de nos jours pour avoir aidé à réhabiliter des délinquants, parfois même très endurcis.
Des récits marquants de sa vie à ce sujet sont rapportés par Charles d'Espiney (1821-1894) dans son ouvrage intitulé "Don Bosco".
Établissement de l'oratoire Saint-François-de-Sales
Sans autre ressource que son ardent désir d'aider cette jeunesse, confrontée à un profond sentiment de désespérance, de lui redonner l'estime de soi, de prendre conscience de son potentiel, de la possibilité pour eux de s'insérer dans la société et d'y jouer un rôle, il ouvrit un refuge avec l'aide de sa mère, Marguerite Occhiena, dite Maman Marguerite (reconnue vénérable depuis 2006), celle-ci ayant accepté de l'accompagner à Turin, pour l'aider à offrir le toit et le couvert aux plus déshérités.
Ce furent les débuts de l'Oratoire Saint-François-de-Sales, dans le Valdocco, dont les activités s'élargiront sans cesse : cours du soir en 1844, foyer d'apprentis en 1847, école secondaire, camps de vacances (1848) et cours professionnels. Don Bosco rédigea aussi plusieurs manuels scolaires à l'intention de ses jeunes élèves. Il publia enfin une revue mensuelle, les Lectures catholiques, dont le tirage atteignit 15 000 exemplaires, chiffre énorme pour l'époque (1853). Les retombées et l'influence des idées diffusées dans ces publications furent telles que certains adversaires frustrés attentèrent à sa vie, Don Bosco en fait état dans ses Mémoires, avec l'apparition d'un énorme chien gris, « le Grigio », surgissant mystérieusement, on ne sut jamais d'où, mais toujours au bon moment, doux et patient avec les enfants de son patronage, mais féroce envers les agresseurs.
Don Bosco développa l'idée, assez nouvelle pour l'époque, que l'éducation intellectuelle et professionnelle permet d'empêcher la délinquance. Pour cela, l'éducateur doit être ferme avec les jeunes, tout en étant bienveillant et en leur faisant confiance, en attendant de chacun le meilleur (amorevolezza en italien). À ce titre, Don Bosco figure parmi les grands éducateurs et pédagogues du XIXe siècle.
Les Salésiens et les Salésiennes
Pour assurer le développement de son action, il s'entoura de prêtres éducateurs avec lesquels il fonda, le 26 janvier 1854, la Société de saint François de Sales (dont les membres sont couramment appelés « salésiens »). Leur mission est l'éducation des enfants défavorisés. La Société Saint François de Sales sera approuvée en 1869 par Pie IX.
En 1872, avec Marie-Dominique Mazzarello, Jean Bosco fonda l'Institut des Filles de Marie Auxiliatrice (ou Salésiennes). En 1876, il a fait approuver une manière de tiers-ordre, la Pieuse Union des coopérateurs salésiens.