Ce Jour-là

Jean-Pierre Le Scour

Poète breton

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Jean-Pierre-Marie Le Scour, ou Lescour (non officiel), né à Hanvec (Finistère) le 2 mars 1811 et mort le 19 août 1870 à Morlaix est un poète français n’ayant écrit qu’en langue bretonne avec une inspiration religieuse. Il a exercé des professions judiciaires avant de devenir négociant de boissons en gros.

Se présentant comme « le barde de Notre-Dame-de-Rumengol », il signait ses œuvres « JPM Lescour » en français et, en breton, « I. P. M. ar Skourr », « Barz Itron Varia Remengol » (« le barde de Notre-Dame de Rumengol ») et « Kloarek Remengol » (« le clerc de Rumengol » ou le séminariste en breton.).

Né du charpentier, Jean Le Scour et de Marie-Anne Laurent au hameau de Boudourec, Jean-Pierre Le Scour est remarqué pour ses aptitudes intellectuelles par le recteur (prêtre desservant) de sa paroisse et entre successivement au petit séminaire de Pont-Croix et au grand séminaire de Quimper où il est ordonné diacre, c'est pourquoi on lui a donné parfois le titre d’abbé.

Il quitte la vie ecclésiastique pour aller exercer en 1841 comme huissier au tribunal de Brest, puis comme greffier en chef à Morlaix.

Son mariage le 30 décembre 1844 avec Céleste Angélique Arsène Boulineau, âgée de 15 ans et 11 mois, fille d'un négociant en vin et boissons de Morlaix, lui permet d'entrer dans l'entreprise de son beau-père, en particulier, en dirigeant une brasserie au Valpinard au sud-est de la ville.

Héritant de la direction de l'entreprise, il la développe, en particulier, avec la clientèle ecclésiastique. Son passé de séminariste l’aide à nouer des relations avec les évêques de Quimper, puis de Saint-Brieuc. La fortune qu’il amasse lui permet d’agir en mécène, et de l’Église catholique, et des auteurs et chanteurs de chansons populaires. Il préside longtemps le tribunal de commerce de Morlaix.

Il décède subitement, à 56 ans, alors que la France est entrée en guerre depuis un mois et que les journaux locaux informent de la mauvaise situation militaire, ce qui fait que sa disparition restera faiblement perçue.

Jean-Pierre Le Scour est un acteur majeur, quoique peu connu, de la littérature en breton au milieu du XIXe siècle. Son œuvre littéraire, essentiellement poétique et d'inspiration très religieuse, a eu une diffusion importante dans le public de Bretagne occidentale, en particulier, par les chansons des fêtes et veillées. Une chanson a connu un grand succès, une longue complainte ou gwerz de 47 couplets, Metik ha Gwenole (Petite Guillemette et Guénolé), dont le titre réel ou le sous-titre est Kloarek Koat-ar-Rannou ha penn-herez Kerzanton (Le séminariste du Bois-des-Séries et l'héritière de Kerzanton).

L'essentiel de son œuvre est cependant composé de chants religieux en breton à chanter sur des airs connus, dont le cantique Iliz ma farroz (L'église de ma paroisse), qui est encore aujourd'hui un des cantiques bretons les plus populaires.

Il fait imprimer nombre de ses chansons et cantiques, parfois accompagnés d'œuvres d'autres poètes sur des feuilles volantes. Par sa générosité, il a été l'un des meilleurs défenseurs de la langue bretonne, principalement en finançant des éditions et en faisant des dons aux écrivains ou chanteurs les plus nécessiteux. Il est proche de Jean-Marie Le Jean, un auteur de chansons et cantiques en breton. Il a pris en amitié, Olivier Souvestre, qu'il avait embauché, et a ainsi contribué à populariser la légende de la ville d'Ys, sujet d'une longue complainte en breton écrite vers 1849 par son protégé qui, comme lui, avait été séminariste à Quimper.

En 1863, il embauche également un autre poéte et chansonnier en breton, Prosper Proux, qui a perdu son emploi de percepteur des impôts.

En octobre 1867, il fut l'un des principaux organisateurs du congrès celtique international de Saint-Brieuc.

Il a fondé le 31 août 1869 à Morlaix, la Breuriez Breiz-Izell (Fraternité de la Bretagne occidentale), une sorte d'académie littéraire concurrente de celle, un peu occulte de celle de Théodore de La Villemarqué, mais qui ne rassembla pas plus d'une douzaine d'écrivains, dont François-Marie Luzel et sa mort, l'année suivante, mit fin à une initiative peu fructueuse. Il semble avoir pris position contre La Villemarqué en écrivant une dédicace à Luzel, un an après la polémique sur le Barzaz Breiz.

Selon Joseph Ollivier, sa mort soudaine en 1870 eut peu de retentissement dans la presse, mais son opposition à ce qu'il appelle « la coterie malsaine qui gâte tout ce qu'elle touche » — celle de l'auteur du Barzaz Breiz — en est peut-être la cause, ainsi qu'un caractère parfois emporté que pointent ses derniers biographes. Cela l’avait conduit à de mauvaises relations avec l’évêché de Quimper, ce qui peut expliquer également son effacement du théâtre social

Anatole Le Braz l'accuse d'avoir, comme son exact contemporain, réarrangé des complaintes populaires existantes et, de plus, de se les être attribuées à lui-même. Le Scour est encore marqué par des approches aventurées de l'histoire ancienne de la Bretagne, parfois brocardées sous le nom de celtomanie, qui, tout en exaltant le triomphe du christianisme, spéculent sur les druides, les bardes et les qualités guerrières des anciens Celtes.

Son projet de réunir une société de bardes chargé d'éclairer les Bretons, avec celui de La Villemarqué, a trouvé sa réalisation lors de la création du Gorsedd de Bretagne une trentaine d'années après sa mort.

Le soutien au culte de la Vierge de Rumengol

Jean-Pierre Le Scour est un ardent zélateur du culte de la Vierge Marie, dans la chapelle du village de Rumengol — maintenant dans la commune du Faou —, laquelle était proche du hameau de son enfance. Il attribuait à la Vierge de Rumengol d'avoir été guéri d'une paralysie des jambes à 12 ans et d'avoir survécu à une attaque de choléra, lors d'une épidémie à Morlaix en 1854.

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