Jean-Pierre Duval, né le 20 février 1754 à Rouen, mort le 23 août 1817 à Paris (ancien 11e arrondissement), est un homme politique de la Révolution française.
Entre 1792 et 1797, il est député de Seine-Inférieure à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI et où il est proscrit comme Girondin, et au Conseil des Cinq-Cents. Entre 1797 et 1798, il est nommé ministre de la Police.
En 1778, Jean-Pierre Duval devient avocat au parlement de Normandie.
La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries.
En septembre 1792, Jean-Pierre Duval, alors « greffier du bureau central des juges de paix à Rouen », est élu député du département de Seine-Inférieure, le sixième sur seize, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention jusqu'à la fin de la guerre et le bannissement à la paix », et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine. Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il est également absent lors scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze.
Le 11 avril 1793, Jean-Pierre Duval est en effet envoyé en mission, aux côtés de Denis-Toussaint Lesage (député d'Eure-et-Loir) et de Jacques Mariette (député de Seine-Inférieure), dans les départements de l'Orne et du Loiret. À l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin, ils sont rappelés à la Convention sur motion de François-Louis Bourdon (député de l'Oise) et de Jean Julien (député de Haute-Garonne) pour « avoir organisé la contre-révolution à Orléans ».
Le 15 juillet, il est déclaré démissionnaire après s'être soustrait au décret de son rappel. Le 3 octobre, après le rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, il est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire mais se soustrait au décret et se cache en Normandie.
Le 18 ventôse an III (le 8 mars 1795), Jean-Pierre Duval et les vingt-trois députés décrétés hors-la-loi sont rappelés au sein de la Convention.
Mandat aux Cinq-Cents et ministre de la Police
Sous le Directoire, Jean-Pierre Duval est réélu député de Seine-Inférieure et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le 20 mai 1797). Le 29 octobre 1798, il est nommé ministre de la Police.
Il fut ministre de la Police du 29 octobre 1798 au 23 juin 1799.
Lors du Consulat, il siégea, toujours pour la Seine-Inférieure au Corps législatif du 25 décembre 1799 au 1er juillet 1803, institution qu'il présida du 21 janvier au 5 février 1800.
Le 12 pluviôse an XIII (1er février 1805) il fut nommé préfet des Basses-Alpes , en poste à Digne où il siégea de 1805 à mars 1815. Il est confirmé à ce poste lors de la Première Restauration ainsi qu’au début des Cent-Jours. Au retour de Napoléon, début mars 1815, il n'organise pas une défense armée à Sisteron, qu'il juge impossible, mais il s'empresse de ménager les deux camps (du roi Louis XVIII et de l'empereur). Il est nommé alors le 6 avril 1815 par l'empereur (toujours pendant les Cent-Jours), à la préfecture de la Charente, poste dont il est destitué en juillet 1815 (Seconde Restauration).
Duval meurt en 1817, éloigné des affaires publiques, dans une propriété qu'il possédait près de Poitiers.
« Jean-Pierre Duval », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore].
Édouard Frère, Manuel du bibliographe normand : Dictionnaire bibliographique et historique contenant : 1° l'indication des ouvrages relatifs à la Normandie, depuis l'origine de l'imprimerie jusqu'à nos jours ; 2° des notes biographique, critiques et littéraires sur les écrivains normands, sur les auteurs de..., A. Le Brument, 1858 (lire en ligne).
Jean-Charles Roman d’Amat, « 53. DUVAL (JEAN-PIERRE) » (1754-1817) in Jean-Charles Roman d’Amat (1887-1976) (dir.), Dictionnaire de biographie française (DBF), colonnes 977-978 du tome XII (tome 12) (Gugueyt - Espigat-Sieurac), tome paru en 1970.