Ce Jour-là

Jean-Michel Langevin

Prêtre catholique français

Anúncio

Jean-Michel Langevin né le 28 septembre 1731 à Ingrande (province d'Anjou dans le royaume de France) et mort guillotiné le 30 octobre 1793 à Angers (département du Maine-et-Loire) est un prêtre catholique, martyr en haine de la foi. Béatifié le 19 février 1984, il fait partie des 99 martyrs d'Angers, parmi plus de deux mille hommes et femmes guillotinés à Angers et fusillés à Avrillé pour la plupart.

Fils d'Urbain Langevin marchand boulanger et d'Anne Le Coudre (dernier enfant du couple, qui en eut cinq) Jean-Michel Langevin naît à Ingrande (le nom du village s'orthographiait alors sans s) en province d'Anjou, le 28 septembre 1731. Il est baptisé le lendemain dans cette paroisse : il a pour parrain Jean Langevin, son oncle et pour marraine, Marie Hérisson, femme d'Urbain Poislane.

Vicaire au Louroux-Béconnais puis à Villevêque, il est nommé prieur-curé de Beausse en 1759 ; il est installé curé de Briolay le 17 septembre 1774.

Lorsque survient la Révolution française, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé et de rejoindre les rangs de l'Église constitutionnelle de même qu'André Fardeau, un de ses vicaires. Jean-Michel Langevin est alors chassé de sa cure le 3 avril 1791, par ses paroissiens révolutionnaires. Son autre vicaire André Janin prête le serment constitutionnel .

L'abbé Simon Gruget, qui vit durant la Révolution à Angers et autour, rapporte à son sujet : « C'était un digne pasteur qui eut beaucoup à souffrir de ses paroissiens. Il ne faut pas en être surpris, il avait dans sa paroisse beaucoup de philosophes, disciples de Voltaire et de Rousseau, et tout leur soin était de chercher à traverser leurs curés, à leur susciter des procès, dans le but de les discréditer aux yeux de leurs paroissiens. M. Langevin ne fut pas plus heureux. Il fut supplanté par son propre vicaire, M. Janin, frère de M. Janin, vicaire de Saint-Michel-du-Tertre, qui fit inutilement tous ses efforts pour le retirer de l'abîme ».

L'ex-abbé Langevin part pour Angers le 4 avril et y reste jusqu'au 9 mai. Puis il s'en va à Montrevault, dans les Mauges, où il reste jusqu'à la Toussaint pour revenir à Briollay et y enlever des meubles pour le bourg du Mesnil-en-Vallée où il possède une maison. Il repart ensuite à Angers, car un arrêté du 1er février 1792 enjoint à tous les prêtres insermentés du département de venir résider dans cette ville, pour y être soumis à un appel quotidien. Langevin arrive donc à Angers le 5 avril 1792, et se présente le 6 avril devant la municipalité .

Le 17 juin 1792, Langevin échappe au risque d'internement, visant l'ensemble des prêtres insermentés depuis la loi du 26 mai 1792 ; il se cache dans une chambre appartenant à Mademoiselle de Vaugirault rue Saint-Martin et y reste jusqu'à l'arrivée des insurgés de l'Armée catholique et royale au mois de juin 1793. Sorti de sa cachette, l'abbé Langevin descend la Loire en bateau et retourne au Mesnil-en-Vallée. Il y exerce son ministère avec Blanvillain, ex-curé d'Ingrandes ; il proclame à l'autel qu'il administrera les malades de jour et de nuit, et les autres dans la mesure de ses forces.

Après la défaite de l'armée vendéenne, les prêtres du diocèse, traqués, arrivent à Angers pour y entendre une sentence de mort. Langevin ouvre le premier cette route sanglante. Dénoncé le 7 septembre 1793 au Comité Révolutionnaire d'Ingrandes par quatre patriotes et arrêté le 24 octobre 1793 au Mesnil-en-Vallée dans une ferme, il est transporté à Angers. Interrogé une première fois et conduit à la prison nationale, place des Halles, d'où on l'extrait le 29 octobre, pour être jugé par la commission Félix siégeant au couvent des Jacobins .

Condamné à mort, il est guillotiné le lendemain, le 30 octobre 1793, à 4 heures de l'après-midi, place du Ralliement, autrefois place saint-Maurille .

L'abbé Langevin est la première personne à être guillotiné à Angers (« Cette guillotine, établie sur une nouvelle place, la place du Ralliement, à l'endroit même où était le grand autel de l'église Saint-Pierre, y demeura en permanence pendant une année entière, depuis la fin d'octobre 1793 jusqu'à la mi-octobre 1794 ») . D'autres exécutions suivront par le fusil et la guillotine à Avrillé et à Angers.

En 1905, Joseph Rumeau, évêque d’Angers, introduit la cause d’un certain nombre de victimes d'Avrillé et d'Angers mises à mort en haine de la foi et de l’Église catholique. Une procédure canonique de béatification est alors lancée. Le décret proclamant le martyre de quatre-vingt-dix neuf de ces victimes, dont Jean-Michel Langevin et André Fardeau, est promulgué le 9 juin 1983 : ce sont les Martyrs d'Angers. Leur béatification est célébrée solennellement le 19 février 1984 par le pape Jean-Paul II à la Basilique Saint-Pierre du Vatican.

La mémoire liturgique de Jean-Michel Langevin est célébrée le 30 octobre et le 1er février

Une école primaire d'Ingrandes-Le Fresne-sur-Loire porte son nom.

François Chamard, La vie des saints personnages de l'Anjou, J. Lecoffre et Cie volume 3, 1863 (lire en ligne)

Simon Gruget (1751-1840), Mémoires et journal de l'abbé Gruget publié par E. L. ; (Reprod.) et annotés par E. Queruau-Lamerie, Germain et G. Grassin (Angers), 1902 (lire en ligne) sur Gallica

André Merlaud (préf. Jean Orchampt), Les martyrs d'Angers 1793-1794, Paris, SOS Éditions, 1984, 140 p. (ISBN 978-2-718-50942-6, lire en ligne) sur Gallica

Ressource relative à la religion : GCatholic.org

Homélie du pape Jean-Paul II (1984), site du Vatican

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Jean-Michel Langevin | World in Stories