Jean-Michel Espitallier, né le 4 octobre 1957, est un écrivain, poète et artiste français.
Jean-Michel Espitallier suit des études de lettres à Aix-en-Provence. Il travaille d'abord dans l'édition, en tant qu'attaché de presse et lecteur de manuscrits aux Éditions Gallimard, éditeur aux Éditions Tallandier, directeur de collection aux Éditions Philippe Rey, et collabore au Magazine littéraire dans les années 1990-2000. Il y dirige notamment un dossier sur la « Nouvelle poésie française » (mars 2001).
Il est le cofondateur avec Jacques Sivan de la revue Java (1989-2006). En 2000 il publie Pièces détachées: une anthologie de la poésie française aujourd'hui qui prolonge les choix de la revue Java, et s'impose comme le marqueur d'une génération. L'anthologie est devenue un classique.
Jean-Michel Espitallier mène parallèlement une carrière de batteur (notamment avec le groupe Prexley 2006-2010), travaille avec de nombreux artistes, notamment le bassiste Kasper T. Toeplitz, le guitariste Olivier Mellano (projet Guitar Poetry Tour) et les poètes Jérôme Game (Overflow) et Anne-James Chaton (hommage à John Giorno, avec la collaboration de Thurston Moore).
Il collabore à la création chorégraphique She Was Dancing (2016) et Rockstar (2020) avec la compagnie Labkine et la chorégraphe Valeria Giuga.
Jean-Michel Espitallier est également membre du comité de rédaction de Radio (fondation Louis-Vuitton, 2015-2016).
Depuis 2020, il collabore régulièrement à AOC.media
Il est nommé président de la commission "poésie" du CNL en 2026.
Cet « enfant terrible de la poésie française » (John Stout) reste un franc-tireur, inclassable, atypique et volontiers iconoclaste dans son travail comme dans son parcours. Son choix d’écrire de la poésie, laquelle apparaît pour lui comme un « genre ‘‘insoumis’’ », procède d’une « position politique », d’« un réel engagement ».
« Jean-Michel Espitallier est l’un des poètes contemporains qui a le plus modifié l’image attendue de la poésie. Il est représentatif d'une génération qui, proche en cela de l'art contemporain, opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et drôles » (Jérôme Mauche, Musée Zadkine)
« Jean-Michel Espitallier est l'un des poètes les plus mobiles et véloces de sa génération… » (Patrick Kéchichian, Le Monde)
« Wittgenstein à la façon d’un Alphonse Allais » (Eric Loret, Libération)
« Dans son refus obstiné de céder à l'esprit de sérieux que l'on exige des grandes personnes, Espitallier persiste à jouer avec les mots en préservant tout le sérieux véritable que les enfants mettent dans leurs jeux. » (Bertrand Leclair, Le Monde des Livres)
« Parmi les auteurs qui donnent régulièrement de leurs nouvelles, Jean-Michel Espitallier est un des plus singuliers, en ce sens qu’il réussit à chaque fois à nous surprendre, même si on retrouve à tous les coups ses obsessions, ses hantises, son savoir-faire de drummer-poet – ou plutôt son sens de la forme, son habileté à compter sans en avoir l’air. » (Christian Rosset, Diacritik)
Limite de manœuvres (avec illustrations de Tristan Bastit, Du sel & Couëdic Réunis, 1994.
Ponts de frappe, Fourbis, 1995.
Gasoil : prises de guerre, Flammarion, 2000.
Pièces détachées : une anthologie de la poésie française aujourd’hui, Pocket, 2000 (nouvelle édition, coll. « Agora », 2011).