Jean-Marc Aveline, né le 26 décembre 1958 à Sidi Bel Abbès, en Algérie, est un prélat catholique français, évêque auxiliaire de Marseille entre 2013 et 2019, archevêque de Marseille depuis le 8 août 2019 et cardinal depuis le 27 août 2022.
Il est élu président de la Conférence des évêques de France le 3 avril 2025. Cette même année, à la mort du pape François, il est cité parmi les principaux papabili pour sa succession, à l'occasion du conclave auquel il participe en tant que cardinal électeur.
Né à Sidi Bel Abbès en Algérie française, Jean-Marc Aveline vient d'une famille de pieds-noirs originaire d'Almería en Andalousie. À l'indépendance algérienne, en 1962, il arrive à Paris avec sa famille ; ils vivent jusqu'en 1966 à Colombes, en Île-de-France. Cette année-là, sa plus jeune sœur, née l'année précédente, meurt. Sa deuxième sœur et lui étant aussi malades, leur père – qui est employé de la SNCF – demande sa mutation et la famille Aveline part vivre à Marseille.
Il effectue sa scolarité à Marseille et obtient un bac C en 1975. Il effectue ensuite deux années de classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Thiers avant finalement d'intégrer le séminaire inter-diocésain d'Avignon en 1977. Il y reste jusqu'en 1979. Il rejoint ensuite le séminaire des Carmes de Paris pour suivre le cycle de théologie à l'Institut catholique de Paris tout en poursuivant des études de philosophie à la Sorbonne.
Il obtient le diplôme de grec et d'hébreu bibliques en 1981 puis le baccalauréat de théologie l'année suivante.
Il est ordonné prêtre le 3 novembre 1984 pour l'archidiocèse de Marseille. Il poursuit ses études pour obtenir en 1985 une double licence de théologie et de philosophie puis en 1986 une maîtrise en théologie. En 2000, il obtient un doctorat en théologie en défendant une thèse intitulée Pour une théologie christologique des religions, Tillich en débat avec Troeltsch.
Après l'obtention de sa maîtrise, il exerce différents ministères, principalement dans le domaine de la formation. Il est ainsi professeur de théologie dogmatique et directeur des études au séminaire interdiocésain de Marseille de 1986 à 1991, responsable du service diocésain des vocations et délégué diocésain pour les séminaristes de 1991 à 1996.
En 1992, il fonde l'Institut de science et théologie des religions (ISTR) de Marseille dont il assure la direction jusqu'en 2002. À partir de 1995, il est directeur de l'Institut Saint-Jean, qui deviendra en 1998, Institut catholique de la Méditerranée, pôle associé à l'université catholique de Lyon où il enseigne également de 1998 à 2007.
En 1996, il est nommé vicaire épiscopal pour la formation permanente et la recherche universitaire et en 2007 vicaire général de l'archidiocèse de Marseille.
Entre 2008 et 2013, il est également consulteur du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Le 19 décembre 2013, il est nommé évêque titulaire de Simidicca et évêque auxiliaire de Marseille par le pape François. Il choisit comme devise « Fiat mihi secundum Verbum tuum » (« Que tout se passe pour moi selon ta parole »), une citation de l'Evangile selon saint Luc (1,38), exprimant la réponse de la Vierge Marie à l'ange Gabriel lors de l'Annonciation. Elle exprime la foi et un abandon à la volonté divine. Il reçoit l'ordination épiscopale le 26 janvier 2014 en la cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille des mains de Georges Pontier, archevêque de Marseille, assisté des cardinaux Bernard Panafieu et Roger Etchegaray, tous deux archevêques émérites de Marseille.
Le 8 août 2019, il est nommé archevêque métropolitain de Marseille par le pape François. Il est installé le 15 septembre. Jean-Claude Gaudin, dont Jean-Marc Aveline est proche, est présent.
Le 29 mai 2022, il est cité dans la liste des 21 cardinaux qui seront créés par le pape François lors du consistoire du 27 août 2022. Jean-Marc Aveline devient à cette occasion le cinquième cardinal électeur français et reçoit le titre de cardinal-prêtre de Santa Maria ai Monti. Le pape le nomme par ailleurs membre de la congrégation pour les évêques en juillet 2022.
Les 26 et 27 septembre 2023, il accueille le pape François à Marseille, 490 ans après son prédécesseur Clément VII, dans le cadre de la troisième édition des Rencontres méditerranéennes, une semaine d'échanges autour des défis de la Méditerranée. Il devient alors de plus en plus considéré comme papabile au sein de la communauté ecclésiastique française, qui ironise aussi sur ses ambitions.
Il est élu président de la Conférence des évêques de France le 2 avril 2025, avec entrée en fonction en juillet 2025, prenant ainsi la suite d'Éric de Moulins-Beaufort.
Selon plusieurs vaticanistes, dont Edward Pentin et Diane Montagna (en), le cardinal Aveline serait le papabile favori du pape François pour lui succéder. Il bénéficierait pour le conclave du soutien de deux cardinaux électeurs progressistes, Jean-Claude Hollerich et Reinhard Marx. Il est cependant considéré lui-même comme un papabile modérément progressiste par la revue géopolitique Le Grand Continent. Emmanuel Macron semble avoir mobilisé ses réseaux et « manœuvré » pour le soutenir lors des jours précédant le conclave.
En septembre 2025, une enquête de Paris-Match met en cause Jean-Marc Aveline sur sa gestion de plusieurs affaires dans le diocèse de Marseille. L'une concerne son vicaire général, Xavier Manzano, promu par lui à ce poste malgré une relation jugée « incongrue et inappropriée » avec un père de famille et ses deux enfants, situation signalée en 2015 à son prédécesseur Georges Pontier, puis en 2022 au nonce apostolique, Celestino Migliore. Les autres portent sur des abus sexuels sur des majeurs et des mineurs commis par deux prêtres, maintenus dans leurs fonctions par Jean-Marc Aveline bien qu'il ait été mis au courant par les victimes de leurs agissements, reconnus par les intéressés eux-mêmes, dont l'un a été condamné par la justice en 2023. Selon L'Express, l'enquête est lue par le secrétaire d’État Pietro Parolin, « prise très au sérieux » et largement diffusée au sein du Vatican. Elle cause un mouvement de « panique » dans le diocèse de Marseille qui publie le jour même de sa parution un communiqué contestant notamment les allégations de Paris-Match selon lesquelles les victimes auraient à l'époque signalé les faits à Jean-Marc Aveline.
Pierre Vignon, « figure emblématique de la lutte contre les abus dans l’Église catholique », estime que le diocèse de Marseille, à l'instar de quelques autres, « traîne les pieds » et oppose une « résistance » dans le traitement des affaires d'abus. L'enquête paraît dans les jours qui précèdent la nomination de Filippo Iannone au poste de préfet du Dicastère pour les évêques, poste pour lequel Jean-Marc Aveline aurait été pressenti. Pour Bernadette Sauvaget, journaliste à Libération, cette mise en cause s'inscrirait donc dans une offensive de conservateurs, notamment aux États-Unis, hostiles à une possible promotion de Jean-Marc Aveline. En interne, le diocèse dénonce pareillement une attaque orchestrée par de grands entrepreneurs liés à l'extrême droite. Paris-Match indique que les lanceurs d'alerte qui ont permis ces révélations sont « révulsés » par cette présentation, et que plusieurs journaux menaient déjà leur propre enquête.