Jean-Loup Chrétien, né le 20 août 1938 à La Rochelle, est un général de brigade aérienne et astronaute français. Pilote de chasse dans l'Armée de l'air, il est astronaute au Centre national d'études spatiales (CNES) puis, à la suite de sa retraite européenne et de sa naturalisation américaine en 1999, à la National Aeronautics and Space Administration (NASA).
En 1982, il devient le premier Européen de l'Ouest et le premier francophone à devenir astronaute lors de la mission franco-soviétique PVH à bord de la station Saliout 7. Il est également le premier non-Russe et non-Américain à effectuer une sortie extravéhiculaire dans l'espace.
Jean-Loup Jacques Marie Chrétien naît le 20 août 1938 à La Rochelle.
Jean-Loup Chrétien a suivi son cursus scolaire à l'école communale de Ploujean, au collège Saint-Charles de Saint-Brieuc et au lycée Notre-Dame-du-Mur à Morlaix. Puis il a suivi la classe préparatoire à l'École de l'air au lycée Saint-Charles de Saint-Brieuc.
Il intègre l'École de l'air en 1959, il en ressort deux années plus tard breveté pilote de chasse et titulaire d'une maîtrise en ingénierie aéronautique.
Il rejoint alors la 5e escadre de chasse d'Orange où il vole en Super Mystère B2 puis sur Mirage III. Au début des années 1970, Jean-Loup Chrétien devient pilote d'essai au centre d'essais en vol d'Istres, il est responsable du programme Mirage F1 de 1970 à 1973. Il est nommé commandant en 1972. En 1977, il est nommé adjoint au chef de la division de défense aérienne Sud.
Jean-Loup Chrétien est placé en service détaché auprès du Centre national d'études spatiales entre 1980 et 1991, puis est réintégré dans les cadres du corps des officiers de l'air.
En 1979, Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République, se rend en URSS, où il rencontre Léonid Brejnev, le secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique (principal dirigeant de l'URSS) qui lui propose d'envoyer un astronaute français dans l'espace à bord d'une fusée soviétique.
Jean-Loup Chrétien, ingénieur de l'École de l'air et lieutenant-colonel est alors sélectionné comme astronaute au CNES en 1980.
Après un entraînement de deux années à la Cité des étoiles, près de Moscou en URSS, pour préparer la mission franco-soviétique PVH (Premier Vol Habité), il effectue le premier vol habité français du 25 juin au 2 juillet 1982, au cours d'une mission franco-soviétique. Premier Français et aussi premier Européen de l'Ouest dans l'espace, il est ingénieur de bord du vaisseau Soyouz T-6 et de la station Saliout 7 au cours de la mission PVH où il réalise en orbite neuf expériences scientifiques dans les domaines de la médecine, de la biologie, de l'astronomie et de l'élaboration des matériaux dans l'espace. Patrick Baudry est alors sa doublure.
En 1984-1985, il suit l'entraînement d'astronaute au Centre spatial Lyndon B. Johnson à Houston au Texas. Il s'entraîne au cas où il devrait remplacer Patrick Baudry, qui vole avec la mission STS-51-G.
En 1988, il fait partie de la mission Mir Aragatz (en). Il effectue un second vol spatial à bord de Soyouz TM-7 du 26 novembre au 21 décembre 1988, au terme d'un nouvel entraînement de deux ans à la Cité des étoiles. Il participe au programme des expériences de la mission scientifique et technique franco-soviétique Aragatz à bord de la station Mir.
Le 9 décembre 1988, il effectue, en compagnie d'Alexandre Volkov, une sortie extravéhiculaire (EVA) de près de six heures (5h57, alors record de durée d'une sortie dans l'espace) à la suite d'un problème lors du déploiement d'une structure. Cette augmentation de la durée de l'EVA a entraîné une panne du système antibuée et la visière de son casque s'est retrouvée couverte de buée, l'empêchant alors d'y voir convenablement. Les deux cosmonautes ont eu du mal à refermer le sas derrière eux et le peu d'autonomie d'oxygène leur restant devenait critique.
Le 14 décembre 1988, il est en duplex avec toute l'équipe du "Club Dorothée" en studio à la plaine Saint-Denis.[réf. souhaitée]
Comparées à son premier vol, les améliorations du lanceur Soyouz, notamment celles des moteurs, ont augmenté la charge utile. L'équipage a donc pu embarquer davantage d'affaires personnelleset Jean-Loup Chrétien prit un petit clavier Yamaha, étant organiste amateur depuis son plus jeune âge.
Finalement, il est sélectionné pour la mission américaine STS-86 qui a lieu du 25 septembre au 5 octobre 1997. Il participe en tant que spécialiste de mission au vol NASA STS-86 à bord de la navette américaine Atlantis avec amarrage à la station orbitale russe Mir dans laquelle il séjourne quatre jours. A bord de la station, il récupère son petit clavier, qui était là depuis son vol en 1988, soit depuis 9 années et le rapporte sur Terre.
De 1991 à 1998, il est directeur des Astronautes du CNES. Il quitte ses fonctions le 1er février 1999, atteint par la limite d’âge « administrative » française. La NASA lui offre d’être intégré au corps des Astronautes professionnels américains à Houston et lui impose d'acquérir la citoyenneté américaine, alors obligatoire. Il participe au groupe de travail de la station spatiale internationale et occupe le poste de directeur-adjoint du groupe ISS Expedition Corp. Il est également « Crew Operation Assistant » auprès du directeur de la NASA.
Il quitte ses fonctions à la NASA plus tôt que prévu et avant son prochain vol prévu pour 2002, à la suite de la chute d'une caisse qui lui brise les vertèbres.