Jean-Louis Debré, né le 30 septembre 1944 à Toulouse et mort le 4 mars 2025 dans le 15e arrondissement de Paris, est un homme politique français.
Fils de Michel Debré et proche de Jacques Chirac, il est ministre de l'Intérieur de 1995 à 1997 et président de l'Assemblée nationale de 2002 à 2007.
Il préside ensuite le Conseil constitutionnel de 2007 à 2016, puis le Conseil supérieur des archives jusqu'à sa mort.
Jean-Louis Noël Robert Debré naît le 30 septembre 1944 à Toulouse du mariage de Michel Debré, futur Premier ministre, et d'Anne-Marie Lemaresquier. Il a trois frères : Bernard Debré, son frère jumeau, médecin et homme politique (1944-2020) ; Vincent Debré, homme d'affaires né en 1939 ; François Debré, journaliste (1942-2020), mort le lendemain du décès de Bernard Debré.
Arrière-petit-fils du grand rabbin Simon Debré (1854-1939), petit-fils du pédiatre Robert Debré et, du côté de sa mère, de l'architecte Charles Lemaresquier, il est le neveu du peintre Olivier Debré.
De son mariage avec Anne-Marie Engel (1945-2007) sont nés trois enfants : Charles-Emmanuel Debré (directeur business Grands comptes de Bouygues Télécom), Guillaume Debré (journaliste) et Marie-Victoire Debré (comédienne).
Élève au cours Hattemer, il poursuit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly. Adolescent, il souffre d'un tassement de la colonne vertébrale et, marginalisé, ne présente pas le baccalauréat.
Plus tard, l'ancien membre de cabinet de Michel Debré et ami de la famille Pierre Mazeaud lui propose de s'inscrire pour passer une capacité en droit à Panthéon-Assas. C'est ainsi qu'il obtient une licence en droit qui lui permettra de poursuivre sa carrière. Licencié en droit, titulaire d'un diplôme d’études supérieures de droit public et d'un diplôme d’études supérieures de sciences politiques, il est docteur en droit public (1973) avec une thèse consacrée aux « Idées constitutionnelles du général de Gaulle », dirigée par Roger-Gérard Schwartzenberg.
Il est également un ancien élève de l’Institut d'études politiques de Paris (1971, section Pol. et Soc.).
Carrière de magistrat et débuts politiques
De 1971 à 1975, Jean-Louis Debré est assistant à la faculté de droit de Paris. De 1973 à 1974, il est conseiller technique au cabinet du ministre de l'Agriculture et du Développement rural (Jacques Chirac), puis il est nommé la même année au cabinet du ministre de l'Intérieur (Jacques Chirac). Proche du futur président de la République, Jean-Louis Debré devient son chargé de mission (1974-1976) lorsque celui-ci est nommé Premier ministre, après avoir fait campagne pour Jacques Chaban-Delmas, alors que Jacques Chirac soutenait Valéry Giscard d'Estaing. De 1976 à 1978, il est substitut du procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Évry-Corbeil, puis est détaché, en 1978, pour une année, au ministère de la Justice, en qualité de magistrat à l'administration centrale de la justice. Il est ensuite, de 1978 à 1979, chef de cabinet de Maurice Papon, ministre du Budget.
De 1979 à 1986, Jean-Louis Debré est magistrat, nommé dans les fonctions de juge d'instruction. Il est chargé des affaires de crime organisé et de grand banditisme, notamment de la proxénète Carmen Vallet, du coiffeur receleur Maurice Joffo ou de l'affaire de contre-espionnage Virgil Tanase. Il traite aussi de terrorisme et d'une affaire autour du terroriste Carlos.
Il est élu pour la première fois député aux élections législatives de 1986, à la proportionnelle, dans l'Eure. À partir de 1988, il est élu au scrutin majoritaire dans la 1re circonscription de ce même département. Il est conseiller municipal d'Évreux entre 1989 et 1995. En 1995, il est tête de liste dans le 18e arrondissement, et obtient un mandat de conseiller de Paris. Jean Tiberi, le nouveau maire de Paris, le nomme comme adjoint.
Aux élections législatives de 1973, il est investi par l'URP (coalition de partis de droite) dans la septième circonscription de Calais, jusque-là détenue par Jacques Vendroux, beau-frère du général de Gaulle. Il est battu au second tour par le candidat communiste Jean-Jacques Barthe.
Jean-Louis Debré adhère au Rassemblement pour la République (RPR) lors de sa fondation par Jacques Chirac, en 1976.
En 1978, il est candidat du RPR dans la première circonscription de l'Eure, mais n'arrive qu'en quatrième position au premier tour.
Il entre dans l’opposition en 1981, à la suite de la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle ; en 2021, il révèle qu’il lui est « arrivé » de voter pour le candidat socialiste.
Après la victoire de Jacques Chirac, dont il était l'un des porte-paroles lors de la campagne pour l'élection présidentielle, Jean-Louis Debré est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'Alain Juppé, le 18 mai 1995. Il est reconduit dans ses fonctions lors de la formation du gouvernement Juppé II.